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Le blog d'André Boyer

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FAKE POLITICS FOR FOOLISH FOLKS

13 Avril 2018 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

FAKE POLITICS FOR FOOLISH FOLKS

 

À l’heure où je publie ce billet, on attend l’annonce prochaine de bombardements étasuniens* sur la Syrie, officiellement justifiés par quelques fake news. C’est sans doute pourquoi j’ai fait un rêve merveilleux cette nuit : tout le monde se ralliait à la politique des États-Unis.

 

Vladimir Poutine renonçait à la présidence de la Russie. Un opposant pacifiste était élu. Il laissait tomber la partie russophone de l’Ukraine, qui était aussitôt reconquise par les troupes ukrainiennes. Le nouveau président russe décidait aussi d’abandonner la base maritime de Sébastopol et un referendum ad hoc entérinait le retour de la Crimée à l’Ukraine.

Peu après, l’Allemagne annonçait un fort accroissement de ses investissements en Ukraine et son soutien à l’adhésion du pays à l’UE. Comme toujours, la Pologne se sentait flouée.

Dans des discussions ouvertes avec les Etats-Unis, le nouveau président russe annonçait le renoncement unilatéral de la Russie à son armement nucléaire. Il convenait aussi que la Russie avait bien tenté d’influencer les élections US, le Brexit, l’élection présidentielle française, les élections législatives italiennes et même celles du Luxembourg. Il confirmait enfin que la Russie était à l’origine de la tentative d’assassinat de Sergueï Skripal et de sa fille.

La presse britannique exultait mais la pauvre Theresa May était atterrée : comment faire oublier ses difficultés intérieures maintenant que l’ours russe s’était couché ?

Compte tenu du repli russe, Bachar El Assad se réfugiait soudainement en Corée du Nord. L’ASL, l’Armée Syrienne Libre, s’emparait de Damas en exécutant tous les soutiens du régime qui ne s’étaient pas enfuis. L’ASL se mettait d’accord avec la Turquie pour abattre les Kurdes contre l’accord implicite de la liquidation des alaouites, des druzes et naturellement des chrétiens. Le nombre de réfugiés syriens augmentait encore, car, curieusement, personne ne voulait rentrer dans la Syrie Libre.

L’Iran abandonnait le Hezbollah et les Houthis yéménites, qui s’effondraient l’un et l’autre et il annonçait qu’il mettait fin à ses essais balistiques. Des manifestations de plus en plus nombreuses laissaient présager la fin du régime, qui n’hésitait pas, pour calmer la population, à annoncer l’ouverture prochaine de cent restaurants McDonald dans le pays.

Le Département d’État ne savait plus quoi penser. Fallait-il accroitre encore les sanctions contre l’Iran pour qu’il s’effondre au plus vite ou au contraire les supprimer toutes pour aider McDonald et ses congénères à s’installer en Iran? Que faire ?

Pendant ce temps, l’Arabie Saoudite annonçait d’une part qu’elle renonçait à son programme d’achat de matériel militaire américain et d’autre part son intention d’accélérer son programme nucléaire en raison de « l’instabilité régionale » : un futur ennemi ?

Quant à la Corée du Nord, l’assassinat de Kim Jong-Un et la prise du pouvoir par l’armée précédaient de peu le rattachement de la Corée du Nord à son voisin du Sud. Bachar El Assad, qui s’y était réfugié, était fait prisonnier par l’armée étasunienne et se pendait peu après dans sa cellule. La Chine, dans la foulée, annonçait une baisse de son budget militaire au profit d’investissements massifs dans l’énergie solaire.

Adieu, la belle base américaine prévue à Jeju, au large de la Corée!

C’est alors que moi, le Président des Etats-Unis, me réveillait en sursaut! Quel cauchemar ! Plus d’ennemis ? Qu’allaient devenir les Etats-Unis ? Le scenario du western se déroula en accéléré devant mes yeux : le génocide des Indiens pour faire de la place, la merveilleuse opportunité de la guerre européenne de 1914-1918 couronnée par la magnifique manœuvre stratégique de Wilson imposant le traité de Versailles tout en sachant que le Sénat y serait hostile, rendant inévitable une guerre de revanche qui permettrait de liquider toutes les velléités des empires concurrents. Puis l’excellente création de l’URSS qui avait permis de faire des Etats-Unis les leaders du « monde libre » ! Libre ! Libre d’être régentés par nous !

Eh puis l’effondrement de l’URSS. Bonne surprise d’accord, mais comment contrôler le monde sans ennemis ? C’était juste impossible. C’est pourquoi, loin de la fin de l’histoire, on avait inventé l’Axe du Mal, fait la guerre à l’Irak, combattu les talibans que l’on avait précédemment armés, puis on avait imaginé le printemps arabe, la Syrie, l’Ukraine et la menace coréenne…

À la CIA, on avait même créé une cellule spécialisée dans la fabrication continue d’ennemis, coordonnée avec nos ONG et nos médias qui mettaient en scène ses scenarios.

Mais maintenant, sans ennemis, qu’allions nous devenir ? Plus d’alliés, juste des concurrents, les Etats-Unis réduits à n’être qu’un pays quelconque, à peine cinq pour cent de la population mondiale, obligés d’obéir à la loi commune, à adhérer aux conventions internationales, un pays de rien, sans foi ni but : in God, we trust, what for ?

Et les ventes d’armes ? Cent milliards par an pour l’armée étasunienne et bientôt autant pour l’exportation, tout ce marché qui allait s’effondrer ? Et mes électeurs qui allaient se retrouver au chômage ? Et ma réélection, dans les choux ?

Nous avions toujours su trouver des ennemis. Ce n’était pas le moment de craquer.

Le Président réfléchissait rapidement, toujours à demi réveillé. Il restait l’Afghanistan comme ennemi, enfin pas tout l’Afghanistan, juste les talibans. On pourrait organiser en vitesse une petite provocation avec l’aide des services secrets britanniques, ils sont bons pour ce genre de job. Il pensait à une prise d’otage de diplomates par de faux talibans qui finiraient par les exécuter. Puis, le temps de chauffer à blanc l’opinion publique, un petit bombardement atomique en représailles à la frontière du Pakistan. Ça pourrait suffire pour relancer le processus, la guerre, les livraisons d’armes et tout le tintouin :

« Quoi qu’il en soit, il allait falloir agir rapidement pour ne pas mettre en péril ma réélection », pensa le Président qui se leva d’un coup.

Les brumes qui encombraient son cerveau commençaient à se dissiper.

Il appuya sur un bouton :

« Appelez moi Poutine immédiatement ».

« Hello Vladimir ! Hope you are doing great ? Good night, Vladimir, take care ».

 

Rassuré, il se rendormit comme un bébé.

Et moi itou…

 

NB: J'emploie dsormais le terme "étasunien" à la place "d'américain" qui concerne tous les habitants d'Amérique et non les seuls habitants des États-Unis.  

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COBALT STRATÉGIQUE II

28 Mars 2018 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

COBALT STRATÉGIQUE II

Bien sûr, les dirigeants de la RD du Congo n’ignorent rien de l'importance stratégique du cobalt.

 

Il y a quelques semaines, le président de la RD Congo, Joseph Kabila, a reçu les sept grands patrons des géants miniers qui extraient le cobalt, avant de promulguer le 9 mars dernier, le nouveau Code minier. Ce dernier multiplie par cinq la taxe sur le cobalt qui passe de 2 % à 10 %. D’autres mesures sont en préparation, comme une taxe sur les superprofits et la fin d’une clause de stabilité des prix pour les contrats de dix ans.

La RDC, véritable scandale géologique avec son cuivre, son cobalt, son coltan (80% des réserves mondiales) et ses diamants, mais aussi deuxième plus grand pays d’Afrique avec 2,3 millions de km2 et 90 millions d’habitants, détient désormais un pouvoir considérable sur un monde de plus en plus friand de ses minerais.

Mais c’est un pouvoir que le pouvoir financier mondial n’a aucune intention de le lui abandonner, terrifié qu’il est par les risques de pénurie, comme celle du tantale issu du coltan qui avait autrefois empêché la fabrication de la PlayStation2 de Sony en quantité suffisante. Quelle catastrophe si les chaines de production automobiles devaient s’arrêter par pénurie de cobalt ! Quel scandale financier s’ils leur fallait abandonner une part significative de la valeur ajoutée provenant de l'extraction du cobalt à la population de la RD du Congo !

Aussi les patrons des grandes sociétés minières se sont-ils déplacés à Kinshasa pour s’assurer que l’extraction et l’exportation du cobalt se feraient à l’avenir sans incidents et en quantité suffisante. Mais pour cela, il faut qu’ils aient à Kinshasa un pouvoir à leur main.

Or, ils pensent que Joseph Kabila n’est plus l’homme de la situation et son quintuplement des taxes sur le cobalt ne les a ni satisfaits, ni rassurés, si bien que ce pourrait bien être le dernier cadeau de Kabila à sa population.

Car, comme par hasard, la pression des ONG aux ordres ne fait que s’accroitre pour dénoncer les conditions de travail dans les mines. Le vertueux fond d'investissement Hermes vient même de suggérer aux industriels d’utiliser la technique de la blockchain (vous voyez jusqu’où se niche la blockchain !) pour suivre le cobalt depuis son extraction jusqu'à son application industrielle, afin de rejeter le cobalt extrait dans des conditions inacceptables pour les opinions publiques occidentales.

Les opinions publiques occidentales! Retenez cela. N’est ce pas un moyen détourné d’accuser Kabila d’impéritie ou de complicité avec ces pratiques ? D’ailleurs, lorsque Joseph Kabila a reçue le 27 octobre 2017 à Kinshasa Nikki Haley, la douce ambassadrice américaine auprès des Nations Unies, cette dernière n'y est pas allée par quatre chemins: elle lui a fait savoir que les Etats-Unis souhaitaient qu’il organise, dans le calme bien sûr, son départ du pouvoir pour la fin de l’année 2018.

C’est ce qu’il semble qu’il fera, en échange de garanties qui sont en cours de négociation avec les puissances occidentales et la Chine, car il faut que la RDC se montre raisonnable en acceptant d’être gérée par les grands pays industriels qui, justement parce qu'ils sont grands, ne plaisantent pas avec leurs intérêts économiques. Sinon...

Ainsi, à cause du cobalt et des autres minerais qu’elle possède, la RD du Congo est devenue progressivement un pays sous tutelle des grandes puissances, occidentales et chinoises, qui vont jusqu’à choisir l’identité de ses futurs dirigeants et leur mode de gouvernance.

Je doute que cela fonctionne harmonieusement.

 

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COBALT STRATÉGIQUE I

25 Mars 2018 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

COBALT STRATÉGIQUE I

 

Le prix de la tonne de cobalt a augmenté de plus de 70% pendant l’année 2017 et il vient de battre un record en mars 2018 à la Bourse des métaux de Londres, à 84 000 dollars la tonne.

 

Ce n’est pas étonnant, car le cobalt est un élément essentiel de la fabrication des batteries ion-lithium utilisées pour les téléphones mobiles et surtout pour les voitures électriques. Aussi, pressentant le risque d’une forte augmentation des prix dans l’avenir, les géants de l'industrie mondiale comme Apple, Samsung, Volkswagen ou Tesla essaient, sans succès jusqu’ici, de négocier des conditions d’achat du cobalt à prix fixes.

En effet, le virage de l'industrie automobile mondiale vers les véhicules électriques, qui laisse prévoir qu'ils pourraient représenter la moitié des ventes mondiales à l'horizon 2050, a placé le cobalt au centre de l’actualité.

Or les deux tiers du cobalt mondial proviennent des mines de la République démocratique du Congo (RDC) qui détient à elle seule la moitié des réserves mondiales connues de cobalt, soit  7 millions de tonnes qui pourraient être épuisées en moins d’un siècle, le reste des réserves étant réparties entre l’Australie (20%), Cuba (14%), la Russie et le Canada (7% chacun) et la Nouvelle-Calédonie (6%).

La stratégie de Volkswagen est révélatrice de l’inquiétude des constructeurs automobiles quant au risque de pénurie et d’envolée du prix du cobalt. L’entreprise  a prévu de produire 3 millions de véhicules électriques d'ici 2025. Pour se rapprocher des mines de cobalt, elle vient d’annoncer l’installation d’une usine automobile au Rwanda. De plus, elle a lancé un appel d'offres aux différents producteurs de cobalt dans le monde afin que ces derniers lui soumettent des propositions pour lui livrer régulièrement du cobalt sur une période de 10 ans à compter de 2019. Selon les  analystes du secteur, les besoins de Volkswagen devraient se situer entre 24 000 et 36 000 tonnes par an, soit la totalité de la production actuelle de la RDC, sachant que chaque batterie dans une automobile électrique utilise entre 8 à 12 kg de cobalt. Par ailleurs, l'industrie chinoise s'est emparée d'une bonne partie de l'activité de transformation du cobalt brut produit par les mines de la RD du Congo.

Vous voyez apparaître ici les différentes composantes de la question de la pénurie des matières premières engendrée par la robotisation de l’humanité.

 

On observe donc une demande de plus en plus forte de cobalt, ce qui provoquera une hausse constante des prix avec une position dominante de la RDC  sur ce marché, qui devrait pouvoir en tirer avantage...

À SUIVRE

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ALEP II: LA GHOUTA ORIENTALE

9 Mars 2018 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

ALEP II: LA GHOUTA ORIENTALE

L’offensive de l’armée syrienne contre les groupes armés installés dans la banlieue de Damas a fait réapparaitre  les éléments de langages classiques des medias sur le conflit syrien : pertes civiles, bombardements aveugles, soupçons d’attaques chimiques…   

 

Le temps passe mais le langage reste, niant toujours une bonne moitié de la réalité. Il faut convenir que nous ne sommes pas aidés par les medias. À Alep, ils s’obstinaient à s’appuyer sur les témoignages des militants salafistes, qui n’avaient pas de termes assez durs contre les massacres de la population civile provenant des bombardements des aviations syriennes et russes. Il a fallu attendre qu’ils quittent Alep pour découvrir les massacres auxquels ces mêmes militants salafistes se livraient contre la population civile.   

Pour la Ghouta, comme pour Alep, nos medias s’appuient fortement sur l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) qui annonce de jour en jour 200 puis 300, 400, 500 morts dont 60, 80, 100 enfants.

Or, ils savent comme moi que cette organisation, installée à Londres et dirigée par un opposant au régime syrien, est financée par le Qatar et plus curieusement par l’UE. Ils savent aussi que personne ne connaît ses sources sur le terrain. Mais pour les journalistes, peu importe sa crédibilité, l’avantage du site est de donner des chiffres, ce qui fournit un appui aux commentaires journalistiques et puis le nom d’Observatoire syrien des droits de l'homme est parfait : « Observatoire », ça fait objectif, « syrien », ça fait neutre et « Droits de l’Homme », ça fait politiquement correct.

Il n’en faut pas plus pour que les communiqués de l’OSDH soient repris par les principales agences de presse, AFP, AP et Reuters et donc par la plupart des médias. Mais curieusement, pour l’OSDH et les journalistes bien pensants, les hommes ne meurent que dans les zones occupées par l’opposition. Dans les zones contrôlées par le régime syrien, ce n’est apparemment que luxe, calme et volupté. Car, à en croire les medias européens et américains, les bombardements quotidiens au mortier par les opposants ne provoquent aucun mort civil dans le centre ville de Damas.

En tout cas, ça ne vaut pas la peine d’en parler. Pourquoi ? Parce que c’est contreproductif ?  

De plus, les civils devraient logiquement chercher à quitter les zones bombardées pour se réfugier dans des zones plus sûres. Qui les empêchent de quitter les zones de combat ? L’armée syrienne ou les rebelles ?

Les medias ne se posent pas la question.

Si l’on revient à Alep, qu’est devenue la ville depuis que l’armée syrienne l’a reprise ? Très peu de reportages sur ce sujet. Or de nombreux réfugiés sont revenus dans leurs maisons, une partie des infrastructures a été restaurée et une petite reprise d’activité industrielle et commerciale s’amorce.

Tout cela ne mérite pas d’être écrit parce que la ville est sous le contrôle du régime syrien ?

Pour revenir à la Ghouta orientale, que va t-il se passer ? Malgré l’averse médiatique que nous allons subir ces prochaines semaines en France, en Europe et en Amérique du Nord, la zone va être progressivement reprise par l’armée syrienne et la population va reprendre ensuite une vie à peu prés normale à Damas et dans sa banlieue.

Faut-il souhaiter l’inverse, le maximum de bombardements, le maximum de refugiés, le maximum de morts  afin de gêner, voire d’affaiblir le régime ?

Tout sauf Assad ?  C’est ça ?

C’est en tout cas le point de vue des Etats-Unis.

En effet, pour l’année prochaine, le Ministre de la Défense américain, James Mattis vient de demander trois cent millions de dollars au Sénat (cf. son rapport au Sénat) pour toutes sortes de dépenses militaires destinées à compléter l’équipement des soixante mille hommes de l’ASL, l’Armée Syrienne Libre, qu’ils sont en train de rassembler.

Quel media l’a mentionné, pour s’en réjouir ou le déplorer ?

Ce n’est pourtant pas rien : James Mattis a prévu de leur fournir, entre autres, et uniquement pour 2019, 25000 fusils d’assaut Kalachnikov, 2000 mitrailleuses, 400 lance-roquettes, 95 fusils de précision, 15 millions de cartouches pour les fusils, 5 millions de cartouches pour les mitrailleuses, 7000 obus à éclats, 4000 mines éclairantes et je vous passe les détails. Il aussi prévu de verser en moyenne 300 $ par mois à dix mille de ces hommes, qu’on a du mal à ne pas qualifier de mercenaires.

De quoi permettre aux Etats-Unis, qui ont déployé environ 2000 militaires en Syrie, de s’y maintenir à moindres frais (zéro mort américain) tout en entretenant sans fin la guerre en Syrie.

 

Que tous les Syriens périssent pourvu qu’Assad s’en aille, voilà l’objectif ?

Parfait.

 

NB : la Ghouta veut dire l’oasis en français. No comment.

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L'IMPASSE SYRIENNE

21 Février 2018 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

L'IMPASSE SYRIENNE

 

Tout le monde a désormais compris que Dae’ch malgré ses horreurs, n’était qu’un jouet dans le conflit qu’ont ouvert les Etats-Unis contre l'État syrien, le 13 mars 2011.   

 

On me donnera acte d’avoir dénoncé dés le 20 juillet 2012 (Voir en annexe sous forme de PDF mes huit articles précédents sur le sujet), l’illusion que le conflit syrien se ramenait à la lutte du bien contre le mal. Ce mal était personnifié  par le "régime" syrien, violent, oppresseur avec ses prisons où l’on torturait les opposants, démoniaque même, puisqu’il n’hésitait pas à utiliser des armes chimiques contre son peuple.

Contre lui, de gentils opposants s’étaient révoltés à mains nues avant d’être généreusement soutenus par les forces du Bien, invariablement personnifiées par les Etats-Unis et leurs complaisants alliés, au premier rang desquels on retrouvait la France, qui, partout et toujours, est officiellement du côté de la défense des Droits de l’Homme.  

Si vous pensez toujours cela, ne perdez pas votre temps à me lire, car mon analyse est toute autre : le but originel des États-Unis, dans la guerre qu’ils ont mené depuis sept ans contre l'État syrien, était simple : s’emparer de la Syrie pour des raisons stratégiques et économiques, comme toujours.

L’habillage de cet objectif hobbien était transparent : foin de questions humanitaires, il suffisait d’imputer au "régime" syrien les centaines de milliers de morts, d’amputés, de blessés et les millions de personnes déplacées. Plus la guerre provoquait de pertes humaines, plus elle justifiait l'intervention "humanitaire" des États-Unis et de ses alliés. Il est vrai qu'une capitulation rapide de l'État syrien aurait évité toutes ces pertes. En revanche, le massacre des Alaouites, des Chrétiens, des Druzes aurait été imputé  aux  dégâts collatéraux inévitables de toute guerre, même "juste", comme en témoignent les exemples irakien et libyen, avec sept cent mille morts et deux millions de réfugiés en Irak et avec la désintégration de la Libye.

Finalement, tous les objectifs américains initiaux ont échoués en Syrie, comme autrefois au Viêt-Nam : fini le rêve du renversement du régime et de la désagrégation de l’État sur le modèle libyen, bloquée l’implosion confessionnelle entre les alaouites et les sunnites, oublié le basculement de la Syrie dans le camp du Bien.

C’est un échec stratégique majeur pour les Etats-Unis et leurs vassaux, que vient de reconnaitre l’ancien ambassadeur américain en Syrie dans son audition du 6 février 2018 auprès du House Foreign Committee hearing au cours de laquelle il a confirmé que les États-Unis avaient dépensé au moins 12 milliards de dollars entre 2014 et 2017 pour essayer de renverser le régime syrien. Il n'a pas dit combien de morts cela avait provoqué, car il ne s'agissait que de morts syriens...

Seuls les dollars gaspillés comptent et ils ont bel et bien été perdus, car le résultat de cette brillante stratégie est la constitution d’une alliance Russie-Iran-Syrie-Hezbollah-Irak, à laquelle la Turquie est tout près de se joindre, qui est quasiment à l’opposé de leurs objectifs.

En effet, menacée de perdre son seul point d’appui dans la région par la chute programmée d’Assad, la Russie a fini par peser fortement afin de  renverser le rapport de force avec les diverses milices d’opposition. Quant aux Iraniens, il leur fallait garder leur lien avec le Hezbollah, sauf à perdre toute influence au Moyen-Orient : ils ont donc été contraints de s’impliquer, financièrement et militairement, dans le conflit syrien et à renforcer leurs liens avec l’Irak.

Désormais, il ne reste plus qu’un seul objectif réalisable pour les stratèges américains, celui du dépeçage territorial de la Syrie. Pour le réaliser, ils se rabattent sur des troupes désoeuvrées, principalement issues de Da’ech, qu’ils financent et arment contre la Syrie officielle afin de freiner le renforcement du pouvoir central: cinq mille camions d’armes, nous dit Erdogan, ont été livrés à ces milices.

Quant aux Kurdes,  les États-Unis comptent sur eux pour amputer la Syrie de sa partie orientale (la partie jaune de la carte), afin de dresser un rempart entre la Syrie et le Hezbollah à l’ouest d’une part et l’Irak et l’Iran à l’est, un objectif partagé avec enthousiasme par le vacillant premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

Mais cet objectif est déjà hors de portée, comme l’on peut s’en rendre compte en regardant la carte de la Syrie, qui montre que d’une part les forces gouvernementales contrôlent une partie de la frontière Syrie-Irak et que d’autre part les Turcs n’accepteront jamais la constitution d’un État kurde à leurs frontières.

Aussi les États-Unis se sont-ils placés dans une nouvelle impasse :

  • Ils sont installés sur le territoire syrien en violation du droit international.
  • Il va leur falloir choisir entre l’alliance turque et le soutien à l’autonomie des Kurdes.
  • Il va leur falloir soutenir les islamistes de Dae’ch, même rebaptisés sous un autre nom, pour tenir l’est de la Syrie par mercenaires interposés.

 

Il reste à espérer, en attendant que les Etats-Unis veuillent bien réviser leur stratégie, que les populations qu’ils manipulent comptent le moins possible de morts et de blessés supplémentaires…

 

 

PJ : SYNTHÈSE DU CONFLIT SYRIEN

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LE BITCOIN ET L'ÉNERGIE

12 Janvier 2018 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

LA FERME À BITCOINS GENESIS EN ISLANDE

LA FERME À BITCOINS GENESIS EN ISLANDE

L’activité de minage, qui assure la création des bitcoins et la gestion du Système bitcoin, a entrainé en 2017 une consommation d’électricité énorme, de l’ordre de 3,7 milliards de kWh par an, soit plus que la consommation de tout l’île d’Irlande.

 

Dans le système Bitcoin, cette consommation est provoquée par sa politique de minage qui consiste à tirer au sort des ordinateurs pour effectuer le minage qui sont toutes les dix minutes. Or la récompense de 12,5 bitcoins pour créer un bitcoin devenant de plus en plus attractive avec la hausse de la valeur du bitcoin, attire un  nombre croissant d’acteurs vers le secteur du minage.

À l’avenir, l'optimisation des matériels et les progrès technologiques devraient à l’avenir quelque peu diminuer la consommation électrique, mais on estime que si les crypto-monnaies se généralisaient, la consommation d’énergie pour les gérer pourrait atteindre le double de la consommation électrique actuelle des Etats-Unis, ce qui est une perspective absurde du point de vue écologique.

Fondamentalement, la consommation d'énergie du système Bitcoin provient des opérations complexes de vérification qui sont nécessaires pour protéger, en l'absence d'autorité centrale, le système Bitcoin de la fraude. Ces opérations complexes sont inhérentes au système, qui propose aux mineurs un problème mathématique de plus en plus complexe afin de limiter le nombre de bitcoins créés et empêcher la fraude. Sans ces calculs complexes, le système Bitcoin serait submergé par les hackers.

La nécessaire rémunération des activités de minage a conduit au développement de technologies toujours plus spécialisées, avec des processeurs de plus en plus puissants. Depuis 2015, un mineur qui n’utilise pas un matériel informatique spécialement conçu à cet effet possède fort peu de chances de couvrir ses dépenses d’électricité, même en rejoignant une coopérative de minage. C’est dire si l’activité de minage consomme de l’énergie !

La chaîne de blocs du système Bitcoin est en effet comparable à un livre public enregistrant les transactions gérées  parallèlement par les noeuds du réseau,  dont aucun ne joue un rôle privilégié. Ces noeuds du réseau, dont il est impossible de connaître le nombre exact, se comptent vraisemblablement en dizaines de milliers, et c’est leur redondance qui assure la continuité du service.

Mais les opérations sur les blocs sont de plus en plus compliquées en raison de la limite de 1 Mo, imposée originellement par le créateur du système en 2010, pour chaque bloc nouvellement créé toutes les dix minutes sur la chaîne de blocs bitcoin. Cette limite était destinée à empêcher l’attaque du réseau sous forme  d'énormes blocs contenant de fausses transactions. Elle consistait en une solution transitoire, en attendant qu'une meilleure solution puisse être mise en place à l’avenir.

Depuis l’origine, cette limite imposée à la taille des blocs est source constante de débats. Quand en 2014, le nombre de transactions a fini par atteindre la limite de taille de bloc, le bassin de transactions en attente s'est saturé et il a fallu limiter ces dernières en introduisant des frais de transaction, de l’ordre de 15$ aujourd’hui, ce qui a rendu le système moins compétitif que Western Union ou Paypal.

Ce débat a fini par produire un consensus qui a consisté  à passer à une taille de bloc de 2 Mo à partir de novembre 2017 pour Bitcoin Core. Mais la question de son évolutivité reste ouvert : un groupe dissident a augmenté unilatéralement la taille de bloc à 8 Mo pour une nouvelle crypto-monnaie appelé Bitcoin Cash auquel se sont ajoutées d’autres monnaies scripturales, Bitcoin XT crée en août 2015, Bitcoin Unlimited crée en janvier 2016 et Bitcoin Gold crée en octobre 2017, mais Bitcoin Core reste la seule version officielle soutenue par l'équipe de développement.

Pour toutes ces monnaies, s’applique toujours le principe de la chaine de blocs dont la gestion provoque des dépenses d’énergie considérables. Or, au delà du bitcoin, l’outil de la chaine de blocs est appelée à être utilisé dans tous les cas qui nécessitent une authentification des transactions sur Internet, au travers d’objets connectés en permanence ; ces objets, d’après un rapport de McKinsey, devraient être au nombre de 20 à 30 milliards en usage dans le monde en 2020, alors qu’Internet compte déjà pour 10% de la consommation électrique mondiale !

 

On peut donc le constater au travers de ces six billets, le système Bitcoin, avec son principe de chaines de blocs, soulève de nombreuses questions : éthique avec l’anonymat des opérateurs, économique avec  sa valeur spéculative, monétaire avec la question de sa garantie, informatique avec la question de son évolutivité et finalement écologique avec le coût énergétique croissant du minage.

 

S’il vous appartient de vous faire une opinion sur la survie de Bitcoin Core, en tout état de cause vous ne pouvez pas ignorer que, d’une manière ou d’une autre, les crypto-monnaies ont désormais définitivement émergé, comme dans le passé l’or puis la monnaie fiduciaire sont successivement apparues...

 

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LA LOGIQUE DU BITCOIN

8 Janvier 2018 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

SCHÉMA LUMINEUX, FAUTE DE GENRE EXCEPTÉE...

SCHÉMA LUMINEUX, FAUTE DE GENRE EXCEPTÉE...

Une fois effectué le tour du système Bitcoin, le moment est venu d’en analyser la logique.

 

Le système Bitcoin est à l’opposé du système bancaire actuel des réserves fractionnaires, qui permet aux banques d'étendre leur offre de crédit au-delà de leurs réserves réelles tout en offrant aux déposants de retirer les fonds issus de leurs comptes courants à tout moment : c’est ainsi que les banques privées créent sans cesse de la monnaie, générant une inflation qui est toutefois fonction des politiques menées par la banque centrale dont elles dépendent.

À l'inverse, le bitcoin est plutôt générateur de déflation, puisque la quantité maximale de bitcoins susceptibles d'être créés est fixée à l'avance et que les bitcoins perdus par leurs propriétaires ne seront jamais remplacés. De ce fait, il s’apparente  à l’étalon or, d’autant plus qu’il met fin au monopole des banques centrales pour l'émission de monnaie et qu’il n'est pas conçu pour s'adapter à la production de richesse.

C'est pourquoi le projet Bitcoin est une expérience originale qui applique en partie les thèses monétaires de l'école autrichienne d'économie et en particulier celles de Friedrich Hayek. Plus précisément il possède les caractéristiques suivantes :

  • contrairement aux devises monétaires, Bitcoin n'est pas l'incarnation de l'autorité d'un État, d'une banque ou d'une entreprise. La valeur du bitcoin est déterminée de façon entièrement flottante par l'usage économique qui en est fait et par le marché des changes.
  • Les règles organisant l'émission monétaire sont déterminées uniquement par le code informatique du logiciel Bitcoin.
  • en tant que système de paiement, le fonctionnement du système Bitcoin ne requiert pas l'utilisation d'une infrastructure centralisée qui tienne la comptabilité des montants détenus. La garantie du système est fournie par la vérification, toutes les dix minutes environ, de la chaîne de blocs par un ordinateur du réseau choisi de façon aléatoire en fonction de sa puissance. Le système Bitcoin repose en effet sur un protocole cryptographique qui permet d'interdire la falsification des identifiants des parties prenantes.

À l’avenir, il est bien possible que les principes d’une monnaie cryptographique, tel qu’est le système Bitcoin, soient détournés par les Banques Centrales. Il serait alors dépossédé de son indépendance, déjà menacée par la perte de neutralité d’Internet aux Etats-Unis. Ainsi la Banque d’Angleterre aurait annoncé son intention d’introduire une crypto-monnaie nationale; elle a en tout cas créé un groupe de travail dès 2015 pour  étudier les moyens d'introduire une crypto-monnaie liée à la livre sterling. Des négociations auraient été conduites avec d'autres banques centrales afin d'introduire une monnaie virtuelle qui utilise la technologie de la chaîne de blocs. Il semblerait aussi qu'Israël et la Suède considéraient la possibilité d'introduire des crypto-monnaies nationales.

C’est ainsi que la logique d’un système monétaire cryptographique pourrait être captée par les Banques Centrales, encore que la disparition de la garantie de la monnaie par ces dernières semble inhérente à ce type de système.

 

Le système Bitcoin possède cependant un grave défaut, celui de l’énorme consommation d’énergie électrique qu’il engendre.

À SUIVRE

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LA VALEUR DU BITCOIN

4 Janvier 2018 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

LA VALEUR DU BITCOIN

La croissance vertigineuse de la valeur du bitcoin, quelques centimes d’euros le 7 février 2011 lors de son lancement, alors qu’il affichait un cours de 18948,41 $ euros le 19 décembre 2017, avant de baisser brutalement en quelques heures, frappe l’imagination du grand public.

 

 

La première question qui se pose est la question de la stabilité de sa valeur. Pa rapport aux monnaies actuellement en circulation, va t-il croitre sans cesse ou croitre avec de fortes variations ou encore s’effondrer et disparaître ?  

Il est certain que le Bitcoin ne repose sur aucune garantie tangible. Mais, on l’oublie tous les jours, nos monnaies non plus. On sait que notre boulanger accepte les Euros parce que lui-même sait (ou pense) que ses employés et ses fournisseurs l’acceptent et parce que ces derniers nous sont imposés par notre État. Mais une panique, bancaire qui ébranlerait le système est toujours possible. Au total, l’Euro n’a pas de valeur en soi, il n’a que la valeur que nous lui accordons, de gré ou de force.  

La valeur du Bitcoin est celle que lui accordent les participants au système Bitcoin, soit deux cent cinquante mille personnes environ dans le monde. Leur nombre monte rapidement et le nombre aussi des commerces qui l’acceptent en paiement, malgré des frais de transactions de l’ordre de 15 euros et le risque de fluctuation de sa valeur. Plus de cent mille sites internet l’acceptent dans le monde, dont Microsoft, Expedia ou Paypal. Si ces derniers continuent à accepter d’acheter et de vendre des bitcoins, il est certain que la valeur du bitcoin va s’accroitre tout simplement parce qu’il va devenir rare, du fait du petit nombre de bitcoins créé par le système Bitcoin.

Mais toute cette construction peut aussi s’effondrer et disparaître. Rappelez vous du système de l’Écossais John Law, qui se proposait d’utiliser du papier monnaie à la place des espèces métalliques. Ce système a été mis en place en France sous la Régence de Philippe d’Orléans entre 1716 et 1720 afin d’éponger le dette laissée par Louis XIV et ses guerres sans fin.

Créée par Law, la Banque Générale, société par actions sur le modèle de la Banque d’Angleterre, suscitera la spéculation puis la panique, lorsque la confiance disparut, faisant effondrer le système.

Mais par la suite, le papier monnaie s’est généralisé.

Est ce que le système Bitcoin n’est pas du même acabit, un premier essai condamné à disparaître avant de renaitre sous une  autre forme ?

La menace qui plane sur le système Bitcoin  réside dans la conjonction puissante des intérêts qu’il bouscule, à savoir ceux des banques privées et des autorités monétaires. Parmi ses détracteurs, on trouve le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau,  qui estime que le bitcoin ne présente aucunes des caractéristiques d'une monnaie et Jamie Dimon, le PDG de JP Morgan Chase qui s’y connaît pourtant en spéculation, mais qui qualifie avec hargne le bitcoin d'escroquerie, juste bonne pour la Corée du Nord (je me demande si le premier problème de la Corée du Nord est vraiment monétaire et si la Morgan Chase est réellement intéressée à le résoudre).

En tout état de cause, On peut penser que, directement par une série d’interdictions ou indirectement par des mouvements spéculatifs orientés, le système Bitcoin ne finisse par s’effondrer sous les coups.

 

Mais la logique elle-même du système Bitcoin ne le condamne t-elle pas à la disparition ?  

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CRÉER DES BITCOINS?

17 Décembre 2017 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

CRÉER DES BITCOINS?

Pour créer et gérer les bitcoins, le système Bitcoin s'appuie sur un logiciel qui génère des bitcoins selon un protocole permettant de  rémunérer  les agents qui ont pris en charge les transactions.

 

Ces agents, grâce à leur puissance de calcul informatique, vérifient, sécurisent et inscrivent les transactions dans un registre virtuel, appelé « chaîne de blocs ». Alors que les autorités monétaires partout dans le monde créent de la monnaie à leur guise et ne s’en privent guère, comment se crée un bitcoin ?

Eh bien, de plus en plus difficilement.

L'entité de base de Bitcoin s'appelle un bloc. Les blocs sont reliés en une chaîne, d'où le nom de « chaîne de blocs ». Pour chaque nouveau bloc accepté, l'activité de vérification-sécurisation-enregistrement, appelée minage, est actuellement rémunérée par 12,5 bitcoins, soit actuellement prés de 200000$, auquel s’ajoute la rémunération des frais des transactions traitées.  

On imagine aisément  que la concurrence est rude entre les « mineurs » ou le plus souvent entre des coopératives de « mineurs » qui unissent leurs efforts pour résoudre les problèmes qui leur sont proposés.

Que peuvent donc bien calculer les mineurs de si précieux? Accrochez-vous : ils effectuent ce que les informaticiens appellent des « hashs cryptographiques » sur ce qu’on appelle un « entête de bloc ». Un bloc  est composé d'un en-tête contenant les informations uniquement nécessaire pour l'assemblage du blockchain, d’une taille fixe de 80 octets. Quant au hash, il désigne un moyen de replier un espace de données pour le faire entrer dans la mémoire de l'ordinateur. Lorsque ce hachage est à sens unique, c’est à dire lorsque le calcul de la fonction qui a permis de « caser » les données dans l’ordinateur est facile mais le calcul de la fonction inverse, depuis les données «pliées » jusqu’aux données d’origine est impossible, on se réfère à un « hachage cryptographique ».

Cette fonction de « hachage cryptographique permet, une fois les données pliées, de ne plus pouvoir les déplier ce qui évite les erreurs et les manipulations par des acteurs malveillants.

Dans le système Bitcoin, le « mineur » est chargé de créer un bloc valide (il creuse !). Mais ce n’est pas facile à créer, car dés le début, pour éviter la création d'énormes blocs contenant de fausses transactions et qui gonflerait la chaîne de blocs que tout les participants doivent conserver à perpétuité, Satoshi Nakamoto avait fixé une limite de 1 Mo pour chaque bloc nouvellement créé. Le nombre de transactions croissant rapidement, la limite de 1Mo pour chaque bloc s’est révélée insuffisante et elle est passée à 2Mo depuis le 1er août 2017. Quoi qu’il en soit, 1Mo ou 2Mo, le problème pour un mineur est de proposer une nouvelle liste de chiffres et lettres qui ne puissent pas être retrouvés par le calcul et qui ne dépasse pas désormais 2Mo.

Pour chaque nouveau hash, le logiciel de minage utilise un nombre aléatoire différent qu'on appelle le nonce.  Le contenu du bloc et la valeur du nonce déterminent le hash qui prend la forme d’une longue série de chiffres et de lettres.  Pour éviter que trop de hashs ne soient proposés, alors que de toute façon le système Bitcoin est conçu pour qu’un seul hash  en moyenne soit retenu toutes les dix minutes, une double difficulté est proposée aux mineurs :

  • D’une part le hash proposé par un mineur doit être inférieur à une série de nombres donnés, appelée difficulté cible.
  • D’autre part cette difficulté cible est modifiée toutes les deux semaines, pendant lesquelles le système Bitcoin permet la création de 2016 blocs.

Si vous êtes perdu par ce langage abscons, retenez au minimum que la quantité de bitcoins produite est automatiquement limitée par le système Bitcoin à un bloc toutes les dix minutes, qui a prévu de plafonner le nombre total de blocs du système Bitcoin à 21 millions vers l’année 2140.  Cette limitation fait que la valeur des bitcoins augmente tant que les opérateurs économiques lui accordent une valeur d’échange et cette augmentation provoque l’accroissement de l’activité de minage, de plus en plus rentable mais aussi de plus en plus lourde en calculs et c’est cette activité de minage qui assure la fiabilité et le contrôle du système Bitcoin.

Une boucle est créé, qui fait que les mineurs travaillent à la fois pour eux et pour le système Bitcoin, ce dernier ayant aussi prévu de compenser une éventuelle baisse de la rentabilité du minage par une augmentation progressive de la rémunération des mineurs liées par l’accroissement des frais de transaction.

 

Maintenant que nous avons (à peu prés) compris comment se créent les bitcoins, nous pouvons observer comment le système fonctionne.

 

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LE BITCOIN

13 Décembre 2017 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

LE BITCOIN

 

Le Bitcoin (de l'anglais bit : unité d'information binaire et coin « pièce de monnaie») est à la fois un système de paiement et une monnaie virtuelle, qui ont été inventés en 2008 par un inconnu caché sous le nom de Satoshi Nakamoto.

Le système de paiement Bitcoin permet d’effectuer des transactions d'un compte vers un autre, grâce à des logiciels appelés wallets, l'autorité surveillant la validité de la transaction étant assurée par des logiciels de vérification appelés mineurs.

Le principe de base consiste à garantir la validité d’une transaction (X a bien payé Y) à partir d’un registre accessible à tous les membres du réseau Bitcoin, appelé chaîne de blocs qui contient toutes les transactions en bitcoins depuis le début du fonctionnement du réseau en 2008 et qui ne peut être modifié par personne.  

Le point de départ du système Bitcoin est donc la sécurité absolue des transactions, alors qu’il est adossé au réseau Internet qui offre pourtant d’immenses possibilités de fraude. Pour faire partie du système Bitcoin, il suffit d’installer un logiciel approprié sur son ordinateur ou son smartphone, comme Bitcoin Core afin d’être payé ou de payer en bitcoins en rentrant en contact avec des courtiers en bitcoin. De plus des distributeurs et échangeur automatique de bitcoins sont progressivement installés dans le monde, mille sept cent environ, la majorité se trouvant aux Etats-Unis et quelques uns en France.

Aux Pays-Bas, des distributeurs de billets acceptent de grosses sommes d'argent liquide pour créditer le portefeuille virtuel des clients en bitcoins ou recevoir des Euros en échange de bitcoins. La machine accepte des versements en espèces de plusieurs milliers d'euros effectués par des particuliers et transfère ces sommes converties en bitcoins sur le portefeuille virtuel des clients, dans un quasi-anonymat. La commission moyenne des distributeurs atteint 6%, alors que celle des sites spécialisés dans le commerce de bitcoins s'élève à environ 0,25 % du montant de la transaction. Naturellement, on accuse ces distributeurs de faciliter le blanchiment d'argent sale et l’évasion fiscale, alors que la lutte des autorités se concentre sur les paradis fiscaux qui apparaissent démodé par rapport à l’apparition des monnaies virtuelles comme le bitcoin, qui ne relèvent par définition d’aucune autorité monétaire.

Au départ, pour acheter ou de vendre des bitcoins, il faut toutefois ouvrir un compte en bitcoins auprès d’une plateforme d’échange ou d’un site de vente qui vous demanderont les renseignements classiques pour l’ouverture d’un compte et d’effectuer un dépôt en Euros par carte bancaire, Paypal ou virement SEPA.

Vous serez alors crédité en bitcoins, avec une adresse de portefeuille bitcoin. Vous pourrez alors vous livrer aux joies et aux peines de la spéculation puisque la valeur du bitcoin est passée de 1000$ à plus de 15000$ pendant l’année 2017, avec naturellement de fortes variations prévisibles. 

Pour cela, vous pourrez acheter ou vendre, soit sur un site de vente qui vous fera son offre de prix, soit sur une plateforme d’échange qui met en relation des acheteurs et des vendeurs avec un prix qui est uniquement déterminé en fonction de l’offre et la demande,

 

Reste à comprendre le mécanisme de création de ce bitcoin que vous achetez, pour le garder ou le revendre.

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