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Le blog d'André Boyer

histoire

LA BATAILLE DES MILLE-ÎSLES

13 Octobre 2019 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

LA BATAILLE DES MILLE-ÎSLES

Sous le commandement du Général Amherst, trois armées britanniques convergeaient vers la ville de Montréal, celle de Murray, depuis l’Est à partir de Québec, celle d’Haviland qui remontait depuis le sud par la rivière Richelieu depuis le lac Champlain et celle d’Amherst lui-même qui descendait le Saint-Laurent à partir du lac Ontario. C’était l’hallali. 

 

Ce fut l’été du désespoir pour les défenseurs de la Nouvelle-France. Murray ordonnait de brûler toutes les fermes, depuis la rivière Jacques-Cartier jusqu’à Cap-Rouge et de chasser les populations vers Montréal, pour qu’elles fussent à charge de l’ennemi. Sur les deux rives, au fur et à mesure que les troupes anglaises remontaient le fleuve, les habitants reçurent l’ordre de déposer les armes et de rentrer chez eux. 

Les fermes abandonnées furent livrées aux flammes, si bien que les miliciens étaient déchirés entre leur volonté de combattre et celle de défendre leurs fermes de la destruction. Il n’est pas étonnant dans ces conditions qu’ils aient déserté en nombre. Même certains soldats, y compris les grenadiers d’élite, commençaient à déserter. L’armée française fondait rapidement et ses officiers étaient désespérés.

Il n’y avait plus de perspectives de contenir les troupes anglaises, mais Lévis insistait pour que l’on combattît afin de retarder l’avancée de l’ennemi et pour, à minima, sauver l’honneur des armes françaises. 

En mai 1759, il avait déclaré que l’armée défendrait la colonie « pied à pied » et qu’il « serait plus avantageux » de périr « les armes à la main que de souffrir une capitulation aussi honteuse que celle de l’île Royale ». Il faisait référence à la directive du ministre de la Guerre du 19 février 1759, qui enjoignait à Montcalm de tenir jusqu’à la dernière extrémité plutôt que d’accepter des conditions aussi ignominieuses que celles qu’on avait acceptées à Louisbourg.

De fait, les Français résistèrent jusqu’au bout à Mille-Îles. Le général Jeffery Amherst, commandant en chef britannique, dirigeait personnellement la principale force d’invasion, avec dix mille hommes et 100 canons de siège, qui arrivait depuis Oswego, à l’ouest de Montréal, au travers du lac Ontario. 

Les Français avaient commencé la construction d’un fort pour défendre leur flanc ouest, le fort Lévis sur l’île Royale, appelée aujourd’hui île Chimney, dans l’aire des Mille-Îsles. Ils avaient prévu de construire des murs de pierre, d’y placer 200 canons servis par une garnison de deux mille cinq cent soldats. Mais ils n’eurent pas le temps de le construire, aussi n’y avait-il qu’un petit fort avec des palissades en bois, cinq canons seulement et deux cent soldats.

La défense du fort avait été confié au capitaine Pierre Pouchot qui avait été fait prisonnier après le siège de Fort Niagara, mais avait été relâché lors d'un échange de prisonniers. Pouchot disposait aussi de deux corvettes, l'Outaouaise et l'Iroquoise, avec un équipage de deux cent marins et trappeurs. L'Iroquoise, sous le commandement du capitaine René Hypolite Pépin dit La Force, était armé de dix canons de 12 livres et de canons pivotants. L'Outaouaise, commandée par le capitaine Pierre Boucher de La Broquerie, avait à son bord dix canons de 12 livres, un canon de 18 livres, tous pivotants.Afin de rassembler ses forces à Fort Lévis, Pouchot ordonna l'abandon du Fort de La Présentation et du chantier naval à Pointe au Baril. L'Iroquoise, trop endommagée pour manœuvrer, fut placé sous la protection des canons de Fort Lévis.

Les forces d'Amherst partirent d'Oswego le 10 août, avec deux senaux en avant-garde, des bricks avec un grand mat doublé, l’Onondaga et le Mohawk, commandés par le capitaine Joshua Loring. L’Onondaga était équipé de quatre canons de 9 livres, de quatorze canons de 6 livres, avec un équipage de cent marins et de vingt-cinq soldats. Le Mohawk, commandé par le lieutenant David Phipps, transportait seize canons de six livres avec un équipage de 90 marins et 30 soldats.

Le 7 août, des vigies françaises aperçoivent l’Onondaga et le Mohawk depuis leur avant-poste situé à l'Ile aux Chevreuils. Les Français se retirent dans une galère, poursuivis par les navires britanniques qui se perdent dans le labyrinthe des Mille-Îles. Puis le gros des forces d'Amherst arrive à Pointe au Baril le 16 août et Amherst ordonne au colonel George Williamson de capturer l'Outaouaise. 

À l'aube du 17 août, Williamson part avec cinq galères, qui se placent hors de portée des canons de l'Outaouaise et la contraignent à se mettre à portée de la batterie britannique installée à Pointe au Baril. Après trois heures de combats, l'Outaouaise a réussi à endommager deux des galères britanniques, mais La Broquerie, blessé, avec quinze membres de son équipage tués ou blessés, est obligé de livrer l'Outaouaise à Williamson. 

Le 19 août, Amherst commença l'attaque du fort Lévis. La Force et son équipage avaient abandonné l’Iroquoise pour se joindre aux défenseurs du fort. Les cinq canons français ont tiré toute la journée et les Anglais ont dû demander un cessez-le-feu pour la nuit. 

L'attaque a repris à l'aube le 20 août, avec cinquante canons. Malgré tout, les Français réussirent à couler le Mohawk et l’Onondaga. Les batteries britanniques passèrent alors au tir de projectiles incendiaires et le siège se poursuivit cinq jours, jusqu'au 24 août, jusqu’à ce que Pouchot, à court de munitions, doive négocier sa reddition.  

 

Les combats avaient coûté vingt-six morts et quarante-sept blessés aux Britanniques et les Français avaient perdus, tués ou blessés, deux cent soixante-quinze hommes sur les trois cent défenseurs ! Pouchot comptait était parmi les blessés et les Britanniques étaient stupéfaits qu'une aussi faible garnison ait offert une résistance aussi vive. 

 

À SUIVRE

 

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LA BATAILLE DE LA RISTIGOUCHE

22 Septembre 2019 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

LA FRÉGATE LE MACHAUT

LA FRÉGATE LE MACHAUT

Les troupes françaises, sous le commandement du Chevalier de Lévis sont contraintes de faire retraite vers Montréal, tandis que trois armées britanniques convergent vers la ville à partir du mois de mai 1760. 

 

Un mois auparavant, pour apporter d’ultimes renforts à la Nouvelle-France, la Marine Royale réquisitionne et arme à Bordeaux, en toute hâte, un convoi de cinq navires marchands, le Bienfaisant, le Soleil, l'Aurore, la Fidélité et le Marquis de Malauzequi doit êtreescorté par une frégate de vingt six canons, le Machault

Le commandement de la flottille est confié à François Chenard de la Giraudais, un jeune lieutenant de frégate de trente-trois ans qui possède l’expérience de telles missions, en dépit de son jeune âge.

Le convoi embarque plus de deux mille tonneaux de vivres, viandes salées et farines, des munitions et des fournitures, ainsi que quatre cents hommes de troupes commandés par le capitaine François-Gabriel d’Angeac, qui connait bien la Nouvelle-France.

Le convoi lève l'ancre le 10 avril 1760 et dès le lendemain, les Anglais qui font le blocus du port prennent en chasse le convoi ; ce dernier se disperse, sans pouvoir empêcher que l'Aurore et le Soleil, alourdis par leur chargement, ne soient arraisonnés par l'ennemi. Puis, deux semaines plus tard, la flottille perd un autre navire, la Fidélité, qui fait naufrage au large des Açores. 

Le 15 mai 1760, les  trois navires restants mouillent dans le golfe du Saint-Laurent. C’est alors qu’ils apprennent que les Britanniques les ont précédés d’une semaine devant Québec et qu’ils ont détruits la flottille de Vauquelin. La Giraudais décide alors de se refugier dans la baie des Chaleurs en Gaspésie où il fait jeter l’ancre, le 18 mai, plus précisément dans l'estuaire de la Ristigouche. Il y obtient le soutien des Indiens Micmacs, qui promettent de combattre les Anglais aux côtés des Français. 

Mais il est pourchassé par cinq navires de guerre britanniques commandés  par le capitaine de vaisseau John Byron, qui ont appareillé depuis Louisbourg. 

Le 22 juin, lorsqu’il apprend leur arrivée imminente, La Giraudais décide de remonter la rivière Ristigouche, en espérant que le tirant d'eau des navires de Byron ne leur permettra pas d'en faire autant. Pendant que Byron hésite sur les moyens de la poursuite, La Giraudais installe une batterie à terre puis fait saborder des goélettes dans le chenal pour en interdire l'accès et protéger le Machault

Ce n’est que le 3 juillet que Byron parvient à trouver le chenal principal et décide de s'engager dans la rivière. Les Français engagent alors le combat, et, malgré leur infériorité numérique, parviennent à infliger de lourds dommages aux Britanniques jusqu’à ce que ces derniers parviennent à  détruire la batterie côtière. La Giraudais décide alors de remonter plus haut encore dans la rivière et pendant cinq jours, de furieux combats opposent Français et Britanniques. 

Mais le combat étant sans espoir, La Giraudais décide, au matin du 8 juillet 1760, de saborder ses bâtiments après les avoir fait évacuer. Puis, afin que l'ennemi ne s'empare pas des vivres, il fait sauter le Machault et le Bienfaisant, tandis que Le Marquis de Malauze, qui compte des prisonniers anglais à son bord, n’est pas sabordé et est capturé. Une fois à terre, les Français établissent un petit fort et y prennent garnison, jusqu’à ce que, le 23 octobre, ils apprennent la nouvelle de la chute de Montréal, qui avait eu lieu le 8 septembre. 

 

Il leur fallut encore six jours pour consentir à se rendre aux Britanniques.  

 

À SUIVRE

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LA BATAILLE NAVALE DE NEUVILLE

23 Août 2019 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

L'ATALANTE AU PRISE AVEC DEUX FRÉGATES ANGLAISES

L'ATALANTE AU PRISE AVEC DEUX FRÉGATES ANGLAISES

 

Levis ne savait pas que la Marine Royale n’avait plus, provisoirement, les moyens de disputer les mers à la Navy. 

 

Il fut donc déçu de voir apparaitre le 9 mai 1760 devant Québec un navire britannique. Mais il ne se découragea pas, attendant toujours l’apparition de navires français chargés de renforts. Il ouvrit le feu sur Québec avec son artillerie le 11 mai à partir de Beauport. Puis, le 15 mai, trois autres vaisseaux britanniques furent en vue. Le 16 mai, ces trois vaisseaux cherchent à détruire les frégates françaises qui soutiennent le siège. 

Levis ne s’obstine pas, il lève le siège et fait retraite vers l’ouest.  Pendant ce temps, une bataille navale, la bataille de Neuville, oppose quatre navires français et les vaisseaux anglais qui viennent d’arriver en face de Québec. 

Ces quatre navires commandés par Jean Vauquelin, deux frégates, l’Atalante et la Pomone, ainsi que deux flûtes, la Pie et la Marie, avaient hiverné près de Sorel. Au printemps de 1760, elles avaient transporté les munitions de l'armée à proximité de Québec, afin de hâter la marche des troupes. Peu après la victoire de Sainte-Foy, les navires s'étaient ancrés à proximité de Québec pour participer au siège. 

Lorsque le premier navire anglais, la frégate Lowestoft, arrive le 9 mai 1760, son capitaine, Deane, prend conscience de la précarité de la position de Murray, Lévis poursuivant activement le siège de Québec. Il décide d’envoyer à la nuit un sloop armé, le Racehorse, à la rencontre du reste de la flotte anglaise, qui n'est pas au courant de la situation.  

Les deux navires britanniques qui arrivent le 15 mai, le Vanguard, un navire de ligne, commandé par Robert Swanton et la frégate Diana commandé par le capitaine Schomberg, se préparent visiblement à attaquer les navires et les troupes françaises. Aussi, le 16 mai, Levis lève le siège pour sauver le matériel de l'armée tandis que l’Atalante et la Pomone appareillent. Les trois navires anglais leur donnent la chasse, mais la Pomone, prise sous un coup de vent, s'échoue à l'Anse-au-Foulon. Vauquelin, voyant que l’ennemi rattrape rapidement l’Atalante et les petits bâtiments, ordonne à ces derniers d'aller s'échouer dans l'entrée de la rivière du Cap-Rouge où ils seront récupérés le lendemain. 

Le Vanguard concentre ses coups contre les retranchements et les équipements de l'armée à Anse-au-Foulon. Les deux autres navires continuent à poursuivre l’Atalante, qui canonne en retraitant et dont la seule perspective est de se saborder assez près du rivage pour sauver l'équipage. Deux endroits sont désignés par le pilote, Portneuf à cinq lieues et Pointe-aux-Trembles, deux lieues en avant. Vauquelin opine pour le second site, sachant qu'il sera rejoint bien avant Portneuf et qu’aller plus loin reviendrait à indiquer aux navires anglais le chenal à suivre. 

L’Atalante est donc lancé à la Côte par Vauquelin, près du moulin de la Pointe-aux-Trembles. Les deux frégates anglaises se placent à demi-portée de canon et tirent 850 coups de canon au total sur la carcasse de l’Atalante, dont les artilleurs répliquent, tandis que Vauquelin prépare l'évacuation des marins. L'eau qui monte dans le navire rend inutilisables les quatre derniers barils de poudre et les hommes en sont réduits à s'armer de mousquets. Comme l'eau continue de monter dans la cale pour atteindre huit pieds et que la frégate penche sur le côté́, le plat-bord au niveau de l'eau, Vauquelin décide d'abattre le mâde misaine afin de rétablir l’horizontalité du bateau. 

Les Anglais continuent de canonner les marins qui débarquent et lorsqu'ils constatent que l’Atalante ne tire plus depuis longtemps, ils envoient des chaloupes à bord où ils trouvent encore onze personnes, dont six marins. Vauquelin fut fait prisonnier avec les sieurs Sabourin et Thomas, lieutenants, Deshaix, enseigne, Chaumillon, écrivain, et le sieur Bossens, aumônier. Ils furent conduits à̀ bord du Diana et du Lowestoff

L’Atalante, avec ses vingt deux canons, finit par couler et le Lowestoff, endommagé et pris dans une tempête de vent, chassa sur son ancre et coula non loin de l’Atalante le 18 mai, si bien que les passagers et l'équipage durent être transféré́s sur le Diana.

 

Désormais, la Marine Royale n’avait pratiquement plus de navires à opposer à la British Navy entre Québec et Montréal. 

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LA BATAILLE NAVALE DE LAGOS

20 Juillet 2019 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

LA BATAILLE NAVALE DE LAGOS

Nous sommes au printemps 1760. Dans la neige et la boue, Levis assiège Murray, retranché dans Québec. Il n’a pas les moyens de prendre Québec de vive force, mais il rêve d’un retour en force de la Marine Royale.

 

Isolé au sein de l’hiver canadien, qui fige les êtres et les messages, il ne sait pas que la Marine Royale a subi une double défaite, à Lagos et aux Cardinaux, qui l’a gravement affaiblie. 

La bataille navale de Lagos (Portugal) s’est déroulée les 18 et 19 août 1759, tandis que la perspective de la perte de Québec était peu probable. Cette bataille a opposé une flotte anglaise commandée par l'amiral Edward Boscawen à une partie de la flotte française venue de Toulon, commandée par le chef d'escadre La Clue-Sabran. 

Alors que la France combat à la fois contre la Prusse et la Grande-Bretagne, elle cherche à protéger ses colonies en portant la guerre sur le sol britannique. Il faut pour cela que la flotte de Brest escorte deux flottes de navires de transport vers la Grande-Bretagne. Pour soulager la flotte de Brest face à la redoutable Royal Navy, l’escadre de Toulon est appelée en renfort.

Le 5 août 1759, profitant de ce que l'escadre britannique qui bloque Toulon, a dûregagner Gibraltar pour se ravitailler et effectuer des travaux nécessaires à la remise en état des navires, le chef d'escadre La Clue appareille de Toulon avec 12 vaisseaux et 3 frégates. Le 17 août, il passe en fin de journée le détroit de Gibraltar mais son escadre est repérée par la frégate HMS Gibraltar postéeau sud du détroit et cette dernière rallie Gibraltar pour alerter l'amiral Boscawen et ses officiers qui sont à̀ terre, invités à un dîner.

Les marins anglais réagissent très rapidement. Il ne faut que deux heures aux premiers vaisseaux anglais pour récupéreŕ officiers, marins et appareiller. Les navires qui avaient démonté́s leur voilure, voire une partie de leur mature, ne mettront qu'une heure de plus pour se mettre en route. Lancés à la poursuite de l'escadre française, ils forment deux groupes. En avant, Boscawen et huit vaisseaux, puis, à une heure derrière, Broderick et 5 vaisseaux.

L’escadre française est divisée en deux colonnes. À deux heures du matin, La Clue décide de ne pas rallier Cadix pour ne pas s’y faire bloquer, et de continuer vers le nord. Le signal qu’il envoie pour faire connaitre son changement de cap n’est pas vu, ou pas compris, par les navires de la colonne de droite qui continueront vers Cadix. 

Au matin du 19 août, La Clue n'a plus que sept vaisseaux avec lui. Il voit huit voiles à l'horizon derrière lui, et croyant que ce sont les huit vaisseaux français manquants, fait ralentir les siens, mais l'absence de réponse aux signaux de reconnaissance lui apprend qu'il s'agit des Anglais. L'escadre française force de voiles mais, pour rester unie, doit régler sa marche sur le navire le plus lent, Le Souverain 

La flotte anglaise se rapproche. L'amiral anglais envoie le pavillon blanc à croix rouge signifiant « chasse générale», et la flotte française se voit contrainte d’accepter le combat à un contre deux. Vers treize heures, les adversaires sont à portée de combat. Ils envoient leurs couleurs. Les Français se disposent en une ligne de bataille arrondie. En tête Le Téméraire, suivi, dans l'ordre, par Le ModesteLe RedoutableLe SouverainL'OcéanLe Guerrier et Le Centaure. Vingt minutes plus tard, Boscawen envoie le signal d'engager le combat.

Le dernier navire de la file française est Le Centaure, commandé par Sabrant-Gramont. Il va combattre les navires anglais qui le remontent sur les deux bords. Boscawen, de son côté, voudrait que ses navires ne s'attardent pas à détruire l'arrière-garde mais remontent la ligne française pour empêcher l'avant-garde de s'échapper, mais certains capitaines ne comprennent pas ses ordres, se retrouvent sous le vent des Français et ne peuvent donc pas se joindre au combat.

Vers seize heures, Boscawen réussi à se porter au niveau du navire amiral français qui lui abat en une demi-heure le mât d'artimon et les autres mâts de hune. Boscawen doit transférer son pavillon sur l’HMS Newark, un autre trois ponts de 90 canons, et abandonner l’HMS Namur, presque immobile.

Vers 19 h 30, Le Centaure, entouré de quatre vaisseaux anglais, n’a plus de mats et doit baisser pavillon. Les autres navires  français font route au nord-est, vers la côte. Parmi eux, deux navires, Le Guerrier et Le Souverain, parviennent à s’échapper pour rallier, l’un Rochefort, l’autre les Canaries. 

Le 20 août au matin, l'amiral français n'a plus que quatre vaisseaux avec lui. Il tente de se réfugier dans la baie d'Almadora, près de Lagos au Portugal, comptant bénéficier de la neutralité du pays pour réparer. Vers neuf heures du matin, L'Océan et Le Redoutable s’échouent près de deux batteries portugaises. Le Modeste et Le Téméraire jettent l'ancre près du rivage.

Boscawen n'hésite pas à violer la souveraineté portugaise pour attaquer les quatre navires français. Sur les deux batteries côtières portugaises, l'une reste silencieuse, l'autre tire quelques coups de semonce puis se tait. Les deux navires à l'ancre ont été évacués par leurs équipages. Le Modeste est incendié, Le Téméraire capturé. Les deux navires échoués sont incendiés à leur tour. Sur L'Océan, tout le monde n'a pas eu le temps de fuir et une centaine de marins sont faits prisonniers. L'amiral La Clue, blessé aux jambes dès le début du combat, a pu gagner le rivage.

Le Centaure et Le Téméraire sont ramenés à Gibraltar.

Le reste de la flotte de Toulon, huit navires, reste bloqué à Cadix. Le résultat est que l'escadre de Toulon n'a pas pu rallier la flotte de Conflans, qui, le 20 novembre 1759, perd la bataille des Cardinaux (voir mon billet du 18 avril 2019) au large de la Bretagne. 

Cette dernière défaite met la Marine royale dans l’incapacité de disputer la maîtrise des mers à la Royal Navy. Il en résulte, mais Lévis et Murray ne le savent pas encore, qu’il n’y a aucune chance de voir apparaître un navire de guerre français dans le Saint-Laurent en ce mois de mai 1760. 

 

Ce n’est pas que la France eut abandonné la Nouvelle-France pour la livrer aux Anglais, mais c’est qu’elle n’avait plus les moyens maritimes de la défendre, ce qui signifiait qu’elle n’en avait plus les moyens du tout. 

 

À SUIVRE    

 

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LA BATAILLE DE SAINTE FOY

1 Juillet 2019 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

LA BATAILLE DE SAINTE FOY

La bataille de Sainte-Foy a été remportée par les troupes de la Nouvelle-France à proximité de Québec le 28 avril 1760. Ce fut la dernière victoire des troupes de la Nouvelle-France. 

 

Les prémisses de la bataille se déroulent au matin du 27 avril, lorsque des marins britanniques ramènent aux quartiers du gouverneur de Québec, James Murray, un artilleur français qui a été repêché à moitié mort dans les eaux glaciales du Saint Laurent après que son embarcation ait fait naufrage. Le prisonnier avoue qu'une force importante, composée de troupes françaises, canadiennes et indiennes est en route depuis Montréal  pour attaquer Québec.

Au lieu de s’enfermer prudemment dans Québec, Murray décide de livrer bataille, avec pour objectif d’éliminer, bataillon par bataillon, les forces françaises, pensant à tort que Lévis allait reprendre  le dispositif de bataille catastrophique choisi par Montcalm. 

Murray commence par rassembler un millier de soldats et ordonne à ses hommes de transporter tout de suite dix canons jusqu'à la zone de tir. Normalement, cette tâche aurait été accomplie par les chevaux, mais les troupes affamées les avaient mangés depuis longtemps. Les soldats britanniques quittent la ville pour rejoindre les détachements d'infanterie légère autour des petits postes avancés à Sainte-Foy, Sillery et Cap-Rouge. Puis Murray dispose son armée, forte de trois mille neuf cent hommes et de vingt canons, sur les hauteurs des plaines d’Abraham, à l’endroit même où Montcalm avait installé ses troupes. 

Pendant ce temps, Lévis, après avoir rassemblé ses troupes autour du Fort Jacques-Cartier, place ses cinq mille neuf cent hommes au-delà de la forêt, près de Sainte-Foy. Ses troupes comprennent deux mille six cent soldats réguliers, deux mille quatre cent miliciens et un millier d’Indiens. Malheureusement, au cours de la bataille, la brigade de la Reine et un corps de miliciens, soit plus de mille quatre cent hommes, restent en dehors de l’action du fait d’une mauvaise interprétation des ordres qu’ils ont reçu, si bien que les forces effectives en présence sont finalement à peu près égales en nombre.

Le plan de Murray consiste à tenir sa position sur les hauteurs, d’où, avec ses canons, il  pilonnera les Français pendant leur avance. Quand l’armée de Lévis se lance à l’attaque, Murray observe que les unités de l’aile droite française devancent le corps principal de l’armée ce qui le pousse à saisir cette occasion en abandonnant les hauteurs pour attaquer au travers d’un terrain marécageux. 

Il surprend ainsi cette aile droite commandée par Bourlamaque, ce qui entraine des pertes dans les troupes françaises, dont Bourlamaque lui-même, qui est blessé et doit se retirer. Mais la neige et la boue ralentissent fortement les troupes britanniques. De plus, les troupes de la Marine et la milice française, qui connaissant mieux les chemins que les Britanniques, arrivent en renfort. Elles portent de rudes coups à l'armée britannique en les attaquant à la baïonnette et en réussissant à briser la ligne d'attaque

D'âpres combats se déroulent également au moulin Dumont situé au nord du promontoire, le long du chemin Sainte-Foy. D'une hauteur de dix mètres et doté de murs solides, le moulin offre une bonne protection, ce qui en fait un lieu stratégique. Celui-ci est d'abord pris par les grenadiers français qui sont ensuite délogés par l'infanterie légère britannique. Les hommes du régiment de Béarn répliquent à la baïonnette et au couteau jusqu'à ce que les grenadiers du 35e régiment d'infanterie britannique ne renversent une deuxième fois la situation. 

Pendant ce temps, Levis conduit une manœuvre de double encerclement, tandis que l'artillerie britannique devient de moins en moins efficace parce que la neige et la boue rendent le transport des munitions très difficile.

Sous la pression, Murray est contraint Murray d'ordonner la retraite de ses troupes à l'intérieur des murs de la ville. Après plus de trois heures de combat, les unités en danger reculent rapidement, suivies du centre puis de la droite, jusqu’à ce que la retraite tourne à la déroute. Si, mais avec des si que ne ferait-on pas, la brigade de la Reine avait été à son poste de combat, l’armée de Murray aurait été écrasée contre les murs de Québec et détruite. 

Il reste que Levis a remporté une victoire retentissante, ses pertes sont plus faibles que celles de Murray : ce dernier recense 229 tués, 837 blessés et 53 militaires faits prisonniers, alors que Lévis dénombre 193 tués et 640 blessés. Il est remarquable que le bilan des pertes soit plus important que celui de la bataille si déterminante des plaines d'Abraham. 

Mais les troupes britanniques tiennent toujours Québec, que Lévis doit désormais assiéger bien qu’il ne dispose que d’un train de siège insuffisant. Il ne dispose en effet que de quelques canons qu’il utilise pour essayer de détruire un des murs du bastion de la Glacière qu’il sait être un point faible. Il commence à tirer seulement le 11 mai, soit treize jours  après la bataille car il manque de poudre, ce qui le conduit à imposer un maximum de 20 coups par jour. 

Du côté des Anglais, tous les hommes valides, même les officiers supérieurs, sont mobilisés nuit et jour pour monter des canons de la Basse-Ville pour les installer dans les embrasures afin de tirer vers les plaines, embrasures qui sont percées au rythme de 4 ou 5 par jour environ pour atteindre environ 100 pièces. Ces énormes efforts permettront à Murray d'envoyer un véritable déluge de feu sur les positions françaises, qui recevront plus de 14,000 boulets de 8 à 32 livres, en plus des tirs de mortiers. 

 

Dans la plaine enneigée et boueuse, Lévis résiste héroïquement à ces bombardements, espérant l’arrivée prochaine de navires français… 

 

À SUIVRE 

 

 

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LE DUC DE LÉVIS SE PRÉPARE AU COMBAT

1 Juin 2019 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

LE DUC DE LÈVIS

LE DUC DE LÈVIS

 

La mort de Montcalm entrainait l’attribution du commandement des troupes françaises de la Nouvelle-France à Lévis, qui inaugura la charge qui lui incombait en partant immédiatement pour Québec, qu’il rejoignit le 17 septembre 1759. 

 

Il y trouva une armée française démoralisée, bivouaquant sur la rivière Jacques-Cartier. En apprenant ce qui s’était passé, il devint blême de rage. Jamais, déclara-t-il avec colère, il n’avait vu un désordre pareil ! Avec raison de mon point de vue, Il imputa à Montcalm, qui avait ordonné d'attaquer avant d'avoir réuni toutes ses forces, la responsabilité de la défaite et de la débandade qui s’en était suivie, juste au moment où le commandement français estimait qu’il allait terminer glorieusement la campagne de 1759 !

Il se mit alors au travail en vue de restaurer l’ordre dans les troupes, de renforcer Québec avant qu’elle ne dût capituler et de préparer une attaque contre le camp britannique. Mais il était déjà trop tard pour Québec, puisque le 18 septembre 1759, Ramezay capitulait. Il ne restait plus qu’à maintenir une position défensive sur la rivière Jacques-Cartier et à envoyer le reste de l’armée à ses quartiers d’hiver. 

Les derniers navires de la flotte britannique étant partis en octobre, les navires français qui restaient descendirent le fleuve et gagnèrent la France, sollicitant l’envoi de renforts en hommes et en matériel à envoyer dès l’ouverture de la navigation, avant le retour de la flotte britannique. Sans ces renforts, il paraissait improbable à Levis, sauf si un traité de paix était signé au printemps, d’empêcher la conquête de la colonie.

Pendant l’hiver, Lévis et Vaudreuil firent des plans pour tenter de repousser les assauts que la colonie ne manquerait pas de subir au printemps 1760. Ils pensaient tous deux que la seule chance de l’emporter était de commencer par reprendre Québec, afin de transférer le plus tôt possible la quasi-totalité de l’armée de la Nouvelle-France sur des positions défensives sur le lac Champlain ou sur le haut Saint-Laurent, selon que l’une ou l’autre voie d’invasion serait choisie la première par les troupes ennemies. Ils espéraient, grâce à la rapidité des communications offertes par les voies fluviales, défaire une après l’autre les armées d’invasion.

Tout dépendait d’une première réussite à Québec et de l’arrivée des renforts de France.

En attendant, à la fin du mois de novembre 1759, au moment même où la bataille perdue des Cardinaux décidait du sort de la Nouvelle-FranceLévis donnait des ordres aux commandants de bataillon pour renforcer la discipline, pour compléter les équipements et pour veiller à ce que les soldats aient toujours huit jours de ration de réserve, afin qu’ils soient prêts à marcher au premier signe. Il donna également des ordres pour renforcer l’entente entre l’armée régulière et la milice, milice que Montcalm, obtu, méprisait.  

Pendant l’hiver, Lévis entretint une correspondance polie avec Murray, commandant des sept mille cinq cent hommes de troupe britanniques qui tenaient Québec, au sujet des blessés et des prisonniers, ce qui n’empêcha pas la guerre de continuer, les détachements de la Nouvelle-France harcelant la garnison britannique et la privant de ravitaillement. Il reste que les pires ennemis des Britanniques furent le froid et le scorbut, si bien qu’au printemps la garnison de Murray était tombée de sept mille cinq cent à quatre mille hommes valides.

 

Puis l’attaque de Québec vint. Le 20 avril 1760, avant que le fleuve ne fût libéré de ses glaces, Lévis quitta Montréal avec une armée de 7 000 hommes, dont 3 000 miliciens. Il leur fallut huit jours d’une marche très difficile dans la neige fondante et la boue pour rejoindre Québec.

 

À SUIVRE

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L'HISTOIRE DU DUC DE LÉVIS

7 Mai 2019 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

L'HISTOIRE DU DUC DE LÉVIS

 

François Lévis, duc de Lévis, né le 20 août 1719 au château d’Ajac, près de Limoux et décédé le 26 novembre 1787 à Arras, membre pauvre d’une des plus vieilles familles de la noblesse française, entre comme cadet dans l’armée à l’âge de 16 ans.

 

Il était pauvre, mais il était cependant le cousin du duc de Lévis-Mirepoix, futur maréchal de France, ce qui lui permet d’obtenir, le 25 mars 1735, une commission de lieutenant en second dans le régiment de la Marine. Il sert ensuite comme lieutenant alors pendant la guerre de la Succession de Pologne et, à l’âge de 17 ans, il est élevé au grade de capitaine. 

En 1741, il servit dans le corps auxiliaire français au sein de l’armée bavaroise qui envahit la Bohême pendant la guerre de la Succession d’Autriche, participa à la prise puis à la défense de Prague et à la désastreuse retraite de 1742. 

C’est ainsi que, le 19 février 1743, il traversa le Rhin pour rentrer en France avec 73 hommes, restes de quatre régiments en lambeaux, libérés au cours d’un échange de prisonniers. La même année, il se battait  déjà en Allemagne. 

En 1746, son régiment rallia l’armée d’Italie, dans laquelle il servit, avec le grade d’aide-major général des logis au sein du corps commandé par son cousin. Comme officier, Lévis s’était fait une solide réputation de bravoure et de compétence, mais il ne disposait pas des ressources financières qui lui eussent permis d’avoir son propre régiment. Aussi, quand on décida, en 1756, d’envoyer des renforts et un nouvel état-major, sous les ordres du marquis de Montcalm à l’armée du Canada, Lévis accepta-t-il le poste de commandant en second des troupes régulières françaises avec le grade de brigadier. Il était le numéro trois dans l’ordre hiérarchique, après Vaudreuil et Montcalm. 

Il arriva à Québec, venant de Brest, le 31 mai 1756. Pendant que Vaudreuil et Montcalm préparaient la campagne d’Oswego, Lévis prit le  commandement à la frontière du lac George, où il prit les dispositions nécessaires pour repousser une attaque contre le fort Carillon. Il passa l’été à envoyer des partis, formés d’Indiens et de Canadiens, ravager les établissements frontaliers américains, de façon à les obliger à y laisser des effectifs et à faire des prisonniers afin de connaitre les intentions de l’ennemi.

À l’été de 1757, Lévis organisa le train d’artillerie de siège et les transports par eau en vue de l’attaque du fort William Henry. Il prit ensuite le commandement de l’avant-garde. À l’arrivée de Montcalm à la tête du lac Saint-Sacrement, avec l’artillerie de siège, Lévis et ses 3 000 hommes avaient déjà investi le fort. Après neuf jours de siège, la garnison se rendit. 

Alors que l’année 1758 vit l’arrivée de grands renforts de soldats réguliers venus de Grande-Bretagne, qui allaient attaquer Louisbourg, l’île Royale puis Québec, les forts français des lacs Champlain et Ontario ainsi que le fort Duquesne sur l’Ohio, Vaudreuil tenta de briser cette stratégie. Il donna à Lévis le commandement de trois mille hommes, dont quatre cent des meilleures troupes régulières françaises, quatre cent hommes des troupes de la Marine et le reste formé de miliciens canadiens et d’alliés indiens. 

Lévis reçut l’ordre d’avancer jusqu’au pays des Agniers et de les forcer, si possible, à se joindre à lui dans une expédition contre les établissements britanniques de la Mohawk et de l’Hudson. Forcer les Agniers, la nation iroquoise la plus favorable aux Britanniques, à combattre du côté des Français eût été un dur coup porté aux Anglo-Américains. Il s’agissait aussi d’empêcher la reconstruction et le réarmement de Chouaguen et du réseau des forts qui servaient à son approvisionnement. En outre, une poussée en direction de Schenectady et d’Albany eût anéanti les projets ennemis contre les positions françaises sur le lac Champlain et permis à Montcalm de manœuvrer, avec le gros des troupes françaises, contre les Anglo-Américains du lac Saint-Sacrement.

Ce plan hardi ne put être mis à exécution, car l’on apprit que les Britanniques et les Américains préparaient une attaque contre le fort Carillon avec une armée évaluée, dans un premier temps à vingt-cinq mille hommes. Lévis et quatre cent de ses hommes d’élite prirent les devants et se dirigèrent en hâte sur Carillon. Ils y arrivèrent le 7 juillet, pour trouver la garnison française, trois mille cinq cent  hommes, en train de terminer un retranchement de troncs d’arbre et des abattis au sommet de la pente, en avant du fort. 

Quand les Britanniques, sous les ordres de James Abercromby, attaquèrent, le lendemain, Lévis commandait le flanc droit, qui était à découvert. Heureusement pour les Français, les Britanniques ne tentèrent pas de le contourner, mais la bataille fit rage jusqu’au coucher du soleil. Les colonnes britanniques subirent des pertes écrasantes, mais continuèrent à se reformer et à attaquer encore et encore. Après cette victoire, le ressentiment de Montcalm à l’endroit de Vaudreuil éclata en un conflit ouvert et Vaudreuil adressa au ministre de la Marine un plaidoyer pour que la demande de rappel faite par Montcalm fût acceptée et pour que Lévis fût nommé pour lui succéder au commandement des troupes régulières françaises. 

Malheureusement pour le Canada, cette requête fut rejetée, mais Lévis fut promu maréchal de camp et il se retira dans ses quartiers d’hiver, à Montréal.  

Au milieu de mai 1759, on s’attendait à une nouvelle attaque de la part des Britanniques. Lévis exprima encore la confiance qu’il avait que les Français s’en tireraient, pourvu qu’ils fissent une guerre de manœuvres et ne s’enfermassent point dans les postes fortifiés, contrairement à l’avis de Montcalm. Heureusement, les plans de Lévis furent adoptés autour de Québec. La rive de Beauport fut fortifiée, de la rivière Saint-Charles à la rivière Montmorency, et les lignes de défense furent poussées vers le haut de cette dernière, quand on découvrit qu’elle pouvait être passée à gué au-dessus de la chute et les positions françaises prises à revers. 

Lévis reçut le commandement de ce flanc gauche, et quand, le 31 juillet, Wolfe lança une attaque de grande envergure à la Montmorency, il fut repoussé avec de lourdes pertes.

À la suite de la prise du fort Niagara à la fin du mois de juillet 1759, il apparut clairement que les Britanniques risquaient de pousser vers  Montréal à partir du lac Ontario, Lévis et 800 hommes furent envoyés de Québec pour parer à cette menace. Lévis quitta Québec le 9 août. 

S’il avait été présent à Québec, Levis se serait surement opposé à l’attaque en colonne, organisée par Montcalm de manière irréfléchie le 13 septembre, contre les lignes britanniques disposées sur les plaines d’Abraham

 

Dès qu’il apprit la mort de Montcalm, Lévis brisa les scellés de ses ordres secrets pour prendre le commandement de troupes de la Nouvelle-France. 

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LA BATAILLE NAVALE DES CARDINAUX

18 Avril 2019 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

LA BATAILLE NAVALE DES CARDINAUX

 

 

Alors que la ville de Québec a été pris par les Anglais, la France se décide, pour desserrer l’étau maritime sur ses colonies, à envahir la Grande-Bretagne. 

 

Le projet d’invasion prévoit une attaque directe de Londres par des troupes embarquées des Pays-Bas autrichiens, accompagnée de deux actions de diversion, l’une constituée d'un corps expéditionnaire débarquant en Écosse pour ensuite envahir l’Angleterre par le nord-ouest et l’autre initiée sur le nord-ouest de l’Irlande.

Si l’attaque directe de Londres, prévoyant la traversée par la mer du Nord, est la plus importante, sa mise en œuvre n’est pas la plus compliquée. Une armée de vingt mille hommes, placée sous les ordres du maréchal de Soubise et du général Chevert, serait transportée des Pays-Bas autrichiens et débarquée sur les côtes de l’Essex. Le débarquement s’effectuerait sur les plages de l’embouchure de la Blackwater, à près de quarante km de Londres. 

L’organisation du débarquement en Écosse s’avère, en revanche, plus problématique. Aiguillon, qui doit la diriger, obtient une force de vingt mille hommes concentrée dans le golfe du Morbihan avec une escorte de quatre à six vaisseaux. Le convoi doublerait l’Irlande pour aborder les rives du golfe de la Clyde écossaise. S’y ajouterait une force russo-suédoise, partie de Göteborg et transportée par la flotte suédoise, qui devrait venir renforcer les Français en Écosse.

Enfin, l’opération de diversion sur l’Irlande comprenait, sous les ordres du corsaire François Thurot, une petite escadre qui quitterait Dunkerque pour harceler les îles Britanniques.

Au printemps 1759, l’activité de la construction navale française est intense, de Dunkerque à Rochefort et Bordeaux. Des bateaux de faible tirant d’eau, pouvant embarquer un à deux canons et transporter des troupes d’infanterie, sont construits à Dunkerque, à Boulogne, à Saint-Valery et au Havre. De nouveaux canons sont conçus pour équiper les bateaux de transport. Il s’agit de petits canons pouvant tirer 20 coups à la minute, faciles à monter, démonter et transporter.

Une flotte de transport importante est prévue; il faut en effet 82 navires uniquement pour la troupe. Les ports de Nantes, de Bordeaux, de Bayonne, de La Rochelle, de Brest, de Morlaix et de Saint-Malo sont mis à contribution.

Le duc d’Aiguillon dirige depuis Lannion les préparatifs relatifs à l’armée qu'il doit transporter en Écosse. Il se prépare donc à concentrer dans le golfe du Morbihan et ses alentours la flotte de transport, la troupe et les équipements, munitions, vivres et services administratifs nécessaires. Ainsi douze régiments français d’infanterie et  quatre escadrons des dragons de Marbeuf doivent se joindre au corps expéditionnaire . 

Début novembre 1759, le corps expéditionnaire pour l’Écosse est quasiment rassemblé dans le Morbihan; 17 000 soldats et officiers et près de 100 navires de transports sont à pied d’oeuvre, n’attendant plus que la flotte qui doit les escorter.

Pour escorter le corps expéditionnaire jusqu’aux côtes occidentales de l’Écosse, Conflans dispose d’une escadre de 21 vaisseaux, stationnée à Brest. Il doit, pour l’armer, rassembler 13 000 hommes, répartis entre 9 000 marins et 4 000 soldats de marine qu’il a du mal à trouver. 

Le 14 novembre 1759, profitant d'une accalmie météorologique, la flotte de Conflans quitte Brest et se dirige vers la baie de Quiberon ; le même jour, Hawke, bien renseigné, quitte l’abri de Torbay pour venir l’affronter. Le matin du 20 novembre, Conflans aperçoit l’escadre du commodore Robert Duff, à la sortie de la baie de Quiberon et la prend en chasse. Celle-ci prend la fuite jusqu’au moment où la flotte de Hawke apparaît à l’horizon. La surprise est totale et Conflans choisit de se réfugier dans la baie plutôt que d’affronter les Anglais en pleine mer. 

Las, dans une mer déchainée, Hawke conduit la chasse et provoque le combat durant lequel quarante quatre vaisseaux s’affrontent dans un espace restreint. Au soir de la bataille, la marine française a perdu six vaisseaux et déplore deux mille cinq cent tués alors que la Royal Navy a vu deux de ses navires s’échouer et n’a perdu que trois cent hommes. 

Cette défaite française, qui sonne le glas du projet d’invasion de

l’Angleterre et dont Conflans porte seul la responsabilité aux yeux

de ses contemporains, fait que la Marine royale n'est plus en état de disputer la maîtrise des mers à la Royal Navy. Du coup, Outre-mer, cette dernière peut conquérir, une à une, les colonies convoitées sans risque de voir celles-ci suffisamment renforcées pour pouvoir résister, et en particulier en Amérique du Nord la France perdra l'Île Royale, l'Isle Saint-Jean, l'Acadie et le Canada.

 

Ainsi, après la conquête de Québec, la bataille des Cardinauxa décidé du sort de la Nouvelle-France, le 20 novembre 1759 au large de la Bretagne, 

 

 

 

 

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LA CAPITULATION DE RAMEZAY À QUÈBEC

28 Mars 2019 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

LA CAPITULATION DE RAMEZAY À QUÈBEC

À 18 heures, le 13 septembre 1759, Jean-Baptiste-Nicolas-Roch de Ramezay sort tout juste de l'hôpital pour reprendre ses fonctions, lorsqu’il apprend que l'armée quitte les lieux.

 

Qui est Jean-Baptiste Nicolas Roch, seigneur de Ramezay ?Né à Montréal,  Il à 51 ans lors du siège de Québec. Il est le fils cadet de Jean-Baptiste Nicolas Roch de Ramezay est le fils cadet de Claude de Ramezay, qui commandait les troupes canadiennes au début du XVIIIesiècle et qui assurait l’intérim du gouvernorat de la Nouvelle-France en l’absence de Philippe de Vaudreuil.  

Après une brillante campagne en Acadie, il est décoré de la  croix de Saint-Louis. Pendant le siège de Québec,  Ramezay commande les troupes de la haute-ville, soit sept cent soldats, quelques canons et des miliciens, mais sa santé l'oblige à se retirer. Il ne reprend donc son poste qu’après la Bataille des plaines d’Abraham. 

Le marquis de Vaudreuil qui a décidé la retraite, a aussi décidé de ramener la plupart des vivres vers Trois Rivières. Or, hypocrite, Vaudreuil lui ordonne de capituler dés qu’il n’aura plus de vivres, c’est à dire fort rapidement. 

Ramezay, à la tête d’une faible garnison, se trouve confronté au départ del'armée, mais aussi au retour des résidents de Québec qui se sont réfugiés dans les faubourgs pour se mettre à l'abri des bombes lancées de la Pointe-Lévy depuis juillet, et qui retournent à Québec depuis la bataille de l'avant-midi du 13 septembre sur les plaines. Il lui faut donc nourrir deux mille sept cent bouches de plus.  

Dans la position critique où il se trouve, Ramezay  prend la décision de ne pas informer ses hommes du départ de l'armée, tromperie facilitée par le fait que les troupes ont littéralement décampées en laissant les bivouacs derrière elle. Il gagne ainsi une demi journée de répit pour organiser ses hommes. Il demande ensuite au capitaine Louis-Thomas Jacau de Fiedmont, qui commande l'artillerie de la ville,  de diriger le tir de trois canons et de deux mortiers en direction des plaines d'Abraham, au-delà des Buttes-à-Neveu. C’est ainsi que, durant toute la nuit du 14 au 15 septembre, son  artillerie soutient un feu constant durant la nuit du 14 au 15 septembre. Mais le lendemain, l'absence de mouvement au camp de Beauport fait comprendre la situation aux soldats sous ses ordres et leur moral s’effondre. 

Or, la garnison qu’il commande ne comprend que 345 soldats réguliers, 130 soldats des troupes de la marine, 19 artilleurs, 820 miliciens et 740 matelots. Chacun pense qu’il est impossible de défendre Québec, sans l’appui de la totalité des troupes qui étaient rassemblées deux jours auparavant autour de Québec. Ils craignent naturellement qu’une défense désespérée n’ait des conséquences catastrophiques sur la population réfugiée dans la ville, composée essentiellement des femmes, enfants et parents des hommes en service

Le 15 septembre, une assemblée de vingt quatre notables de Québec se tient dans la résidence en partie détruite de François Daine, lieutenant général de la Prévôté de Québec, qui aboutit à adresser une requête demandant à Ramezay de négocier la reddition de Québec, requête remise le jour même par Daine en mains propres à Ramezay. 

Ce dernier réagit à la requête en tenant un conseil de guerre dans lequel il demande aux quatorze officiers présents de coucher leur opinion par écrit, après leur avoir communiqué les ordres de Vaudreuil et fait savoir, par la bouche de Cadet, que la ville dispose de quatre jours de pleines rations, ou huit jours de demi rations. Seul Fiedmont qui conseille de réduire les rations au minimum pour « pousser la défense de la place jusqu'à la dernière extrémité. », mais les autres officiers conseillent la capitulation et Ramezay décide d’entamer les négociations à cet effet. 

Le 16 septembre, de Vaudreuil dépêche Thisbé de Belcourt à la tête d'un détachement de trente cavaliers pour informer Ramezay que l'armée s'apprête à revenir, dès que Lévis sera sur place. Un cavalier revient le jour même pour transmettre la réponse du capitaine Armand de Joannès, l'adjudant de Ramezay, qui informe Vaudreuil que Québec s'apprête à capituler.

Lévis arriveà l'embouchure de la rivière Jacques-Cartier à dix heures le matin du 17 septembre. Il prend immédiatement le commandement des troupes de terre et se prépara à attaquer sans plus tarder pour reprendre la ville coûte que coûte ou alors, si c'est impossible, la détruire en entier pour que l'ennemi ne puisse y passer l'hiver. 

L'armée se met en route le jour même, tandis que Ramezay se prépare à ouvrir la négociation en vue de capituler, mais Joannès s'y oppose et Ramezay accepte de repousser l'échéance. Le même jour, Belcourt revient avec ses cavaliers et informe la garnison que d’une part l'armée est en route et que d’autre part des vivres arriveront sous peu

Mais Ramezay ne veut pas retarder plus longtemps la négociation. À 15 heures, il hisse le drapeau blanc et envoie Joannès au camp britannique pour proposer la capitulation selon des conditions qui sont toutes acceptées par la partie britannique, sauf pour un article permettant à la garnison de réintégrer l'armée française. 

Les Britanniques proposent de transporter la garnison dans un port français situé hors du pays. Joannès retourne ensuite à Québec avec une copie de la capitulation modifiée afin de la faire approuver par  Ramezay. Ce dernier y consent et renvoie Joannès au camp britannique à 22 heures 30. Comme il sort de la ville par la porte Saint-Louis, le capitaine de Rochebeaucourt y entre par la porte du Palais avec 100 cavaliers transportant des poches de biscuits mouillées par la pluiemais Ramezay informe le capitaine qu'il est déjà trop tard.

Le matin du 18 septembre 1759, Ramezay et Townshend signent la capitulation de Québec dans le camp britannique. Le soir, l'armée britannique prend possession de la forteresse de Québec et e colonel George Williamson de l'artillerie royale hisse l’Union Jack au-dessus des murs de Québec à 15 heures 30. 

 

Le 22 septembre 1759, la Royal Navy est forcée de quitter le Saint-Laurent de peur d’être prise dans les glaces. Québec aurait résisté quatre jours de plus et il était sauvé.  

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LES TROUPES FRANÇAISES ABANDONNENT QUÉBEC

16 Février 2019 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

LES TROUPES FRANÇAISES ABANDONNENT QUÉBEC

Tandis que Bougainville faisait retraite, le général Wolfe était mort et Montcalm allait le suivre de peu dans la tombe. 

 

Wolfe recut trois blessures successives par balle. il est d'abord atteint par une balle au poignet droit, qui lui arrache des doigts, qu'il couvre d'un mouchoir avant de reprendre le commandement. Mais il est ensuite atteint d'une balle à l'abdomen et d’une autre au côté droit de sa poitrine, et il s’effondre pour mourir rapidement. À onze heures du matin, son corps est rapatrié à bord du HMS Lowesoft.

Pour sa part, Montcalm, en retraite, chevauche vers la ville. Il  est atteint au bas du dos et trois soldats, qui le voient vaciller sur sa monture, accourent vers lui pour l'empêcher de tomber. Arrivé dans la ville de Québec, il est transporté chez le chirurgien André Arnoux, qui se trouve être absent, étant en service au lac Champlain. Aussi est-ce un autre chirurgien qui examine Montcalm pour en conclure qu’il n’a que quelques heures à vivre. De fait, il décède vers quatre heures du matin et est enterré le soir même dans une fosse creusée par une bombe anglaise sous la chaire de l'église des Ursulines.

Pendant ce temps, à la suite de la perte de la bataille des plaines d’Abraham et de la mort de Montcalm, une confusion compréhensible se répandit dans le camp français, tandis que les troupes anglaises, au contraire, se renforcaient. Le commandement, dés la mort de Wolfe, revint tout d’abord au brigadier-général Robert Monckton jusqu’à ce qu’il fut lui-même gravement blessé, preuve que la bataille n’était pas si aisée pour les Britanniques. Le commandement échut alors au brigadier-général Georges Townshend, qui commenca les préparatifs du siège terrestre de Québec avec le concours de la Royal Navy de Saunders.

Townshend fortifia sa position et envoya vers vingt-deux heures un détachement de deux cent soldats prendre l'Hôpital Général pour y installer son commandement. Puis, le matin du 14 septembre 1759, la marine britannique transporta de nombreuses pièces d'artillerie sur les Buttes-à-Neveu, au point de permettre à l'armée anglaise d'aligner trois jours plus tard soixante canons et cinquante huit mortiers ou obusiers Howitzer.

Pendant ce temps, côté français, un conseil de guerre  se tenait dans l’après-midi du 13 septembre. Vaudreuil et Bigot plaidaient pour rassembler toute l’armée et attaquer au point du jour le lendemain 14 septembre, tandis que les officiers qui avaient assisté à la bataille proposaient d'abandonner le camp de Beauport pour se replier sur la rivière Jacques Cartier, à quarante kilomètres à l’ouest de Québec. Vaudreuil finit par se rendre aux raisons de ses officiers, car il craignait que s'il donnait l'ordre d'attaquer contre leur opinion unanime, il s'exposait « à perdre la bataille et la colonie.»

Cela signifiait que l'armée française laissait la ville de Québec à la seule protection de sa garnison de deux mille cent hommes. C'est ainsi qu'à 21 heures, le 13 septembre 1759, les troupes françaises quittaient Beauport par la route de Charlesbourg, laissant derrière elles leurs bivouacs en ne transportant qu'un minimum de rations et de munitions. 

 

Sur la route de leur retraite, elles allaient construire le fort Jacques Cartier sur la rive ouest de la rivière Jacques-Cartier, afin de bloquer toute tentative de passage par l'armée anglaise.

 

 

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