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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 11:32
DE L'IMPORTANCE DE LA LARGEUR DE L'ARRIÈRE-TRAIN DES CHEVAUX ROMAINS

 

La distance standard entre 2 rails de chemin de fer en France est de 4 pieds et 8 pouces et demi (1,435m). C'est un chiffre particulièrement bizarre.

 

Pourquoi donc les chemins de fer en France ont-ils été construits avec un écartement de 4 pieds et 8 pouces et demi ?

Parce que les premières lignes de chemin de fer furent construites par les mêmes ingénieurs qui construisirent les tramways, et que c’est cet écartement de 8 pouces et demi qui était utilisé pour les tramways.

 

Mais alors, pourquoi les ingénieurs anglais ont-ils utilisé cet écartement pour les tramways ?

Parce que les premières personnes qui construisaient les tramways étaient les mêmes qui construisaient les chariots et qu'ils ont utilisé les mêmes méthodes et les mêmes outils que pour les chariots tirés par des chevaux.

 

Bon d’accord, mais pourquoi les chariots avaient-ils un écartement de 4 pieds et 8 pouces et demi ?

C’est simple à comprendre. Partout, en France comme en Europe, les routes avaient des ornières espacées de huit pouces et demi et un espacement différent aurait provoqué la rupture de l'essieu du chariot en circulant sur des routes avec ces ornières ainsi espacées.

 

Enfin, allons au fond des ornières, je veux écrire au fond des choses : pourquoi les routes européennes possédaient des ornières espacées de huit pouces et demi ? 

C’est évident. Les premières grandes routes en Europe ont été construites par les Romains pour faciliter le déploiement de leurs légions dans l’ensemble de l’Empire.

D’accord, d’accord.

 

Mais enfin, pourquoi les Romains ont-ils déterminé cet espacement de huit pouces et demi pour leurs routes ?

Parce que les chariots romains étaient des chariots de guerre,  
tirés par deux chevaux. Ces chevaux galopaient côte à côte et devaient être suffisamment espacés pour ne pas se gêner. Afin d'assurer une meilleure stabilité du chariot, les roues ne devaient pas se trouver dans la continuité des empreintes de sabots laissées par les chevaux, et ne pas non plus se trouver trop espacées pour ne pas dépasser de chaque côté du chariot, ce qui aurait pu causer un accident lors du croisement de deux chariots. D’où les huit pouces et demi entre les deux roues, qui permettent à la fois aux chevaux de ne pas se heurter, aux roues de ne pas se trouver dans les traces des chevaux et aux chariots de ne pas être trop larges.   

Ainsi  l'espacement des rails en Europe et pour 60% des trains dans le monde, en Amérique, en Afrique et en Asie est  de 4 pieds et 8 pouces1/2, parce que 2000 ans auparavant, les chariots romains étaient construits en fonction de la dimension de l'arrière-train moyen de leurs chevaux de guerre.

 

Ajoutons un détail significatif :

Si nous regardons une photo de la navette spatiale américaine sur sa plate-forme de lancement, nous remarquons qu’elle possède deux réservoirs additionnels attachés au réservoir principal. La société qui fabrique ses réservoirs souhaitaient les faire un peu plus larges, mais ces réservoirs devaient être expédiés par train jusqu'au site de lancement. La ligne de chemin de fer entre l'usine et Cap Canaveral empruntant un tunnel sous les montagnes rocheuses, il fallait que les réservoirs additionnels puissent  devaient passer dans ce tunnel, dont la largeur, déterminée par celle de la voie de chemin de fer, était à peine un peu plus large que celle de deux arrière-trains de chevaux.

On peut observer, que la construction de la navette spatiale américaine, qui est sans doute l’un des moyens de transport les plus modernes et les plus sophistiqué du monde, a du respecter des contraintes de conception vieille de plus 2000 ans, à savoir la largeur du cul de deux chevaux côte à côte !

 

En conclusion, les spécifications ont une durée de vie souvent insoupçonnée. Aussi, lorsque vous décidez d’en imposer aux autres sous forme de règles, de préceptes ou de normes, rappelez qu’elles risquent de durer beaucoup plus longtemps que vous et que les raisons qui les ont inspiré…

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 15:14
BIG DATA, BITTER PIZZAS

 

Le téléphone sonne chez Clever-Pizza dont le standard est situé à Bangalore, Inde.


Le réceptionniste : Clever-Pizza, bonjour.


Le Client : bonjour, je souhaite passer une commande, s'il vous plaît.

 

Le réceptionniste : oui, puis-je avoir votre NIN, Monsieur ?

 

Le Client : mon Numéro d'Identification National ? Oui, un instant, voilà, c'est le 6102049998-45-54610.

 

La réceptionniste: Merci, Monsieur Jacques Dupond. Je me présente, je suis Fatou Ndyaye. Donc, nous allons commencer par actualiser votre fiche : votre adresse est bien le 174 avenue de Villiers à Carcassonne, et votre numéro de téléphone le 04 68 69 69 69. Votre numéro de téléphone professionnel à la Société Durand est le 04 72 25 55 41 et votre numéro de téléphone mobile le 06 06 05 05 01. C'est bien ça, Monsieur Dupond?

 

Le client, un peu intimidé: oui, enfin…

 

La réceptionniste : je vois que vous appelez d'un autre numéro qui correspond au domicile de Mademoiselle Isabelle Denoix, votre assistante de direction. Sachant qu'il est 23h30 et que vous êtes en RTT, nous ne pourrons vous livrer au domicile de Mademoiselle Denoix que si vous nous envoyez un XMS à partir de votre portable en précisant le code suivant AZ25/JkPp+88.

 

Le client : bon, je vais le faire, mais où avez vous trouvé toutes ces informations ?

 

La réceptionniste : nous travaillons à partir des Big data, Monsieur Dupond.

 

Le client, avec un soupir: ah bon!… Je voudrais deux de vos pizzas mexicaines spéciales.

 

La réceptionniste: je ne pense pas que ce soit une bonne idée, Monsieur Dupond.

 

Le client : comment ça ?

 

La réceptionniste: votre contrat d'assurance maladie vous interdit un choix aussi dangereux pour votre santé, car selon votre dossier médical, vous souffrez d'hypertension et d'un niveau de cholestérol supérieur aux valeurs contractuelles. D'autre part, Mademoiselle Denoix a été traitée médicalement il y a 3 mois pour une affection bégnine pour laquelle il est fortement déconseillé de consommer du piment. Si la commande est maintenue, son assurance risque de lui facturer une surprime.

 

Le client : oui, je comprends! Qu'est-ce que vous me proposez alors ?

 

La réceptionniste: vous pouvez essayer notre Pizza allégée au yaourt de soja, je suis sûre que vous l'adorerez.

 

Le client : qu'est-ce qui vous fait croire que je vais aimer cette pizza ?

 

La réceptionniste : vous avez consulté les « Recettes gourmandes au soja » à la bibliothèque de votre comité d'entreprise la semaine dernière, Monsieur Dupond et Mademoiselle Denoix a fait, avant hier, une recherche sur le Net, en utilisant le moteur booglle2.com avec comme mots clés « soja » et « alimentation ». D'où ma suggestion.

 

Le client : bon d'accord. Donnez-m ‘en deux, format familial.

 

La réceptionniste : étant donné que vous prenez actuellement du Dipronex et que Mademoiselle Denoix prend depuis 2 mois du Ziprovac à raison de 3 comprimés par jour et que la pizza contient, selon la législation, 150 mg de Phénylseptine pour 100g de pâte, il y a un risque mineur de nausées si vous consommez le modèle familial en moins de 7 minutes. La législation nous interdit donc de vous livrer. En revanche, j'ai le feu vert pour vous livrer immédiatement le modèle mini.,,

 

Le client : bon, bon, ok, va pour le modèle mini. Je vous donne mon numéro de carte de crédit.

 

La réceptionniste : je suis désolée Monsieur, mais je crains que vous ne soyez obligé de payer en liquide notre livreur. En effet, votre solde de crédit pour votre carte VISA dépasse la limite et en plus vous avez laissé votre carte American Express sur votre lieu de travail. C'est ce qu'indique le Credicard Satellis Tracer.

 

Le client : j'irai chercher du liquide au distributeur avant que le livreur n'arrive.

 

La réceptionniste: ça ne marchera pas non plus, Monsieur Lavoie, vous avez dépassé votre plafond de retrait hebdomadaire.

 

Le client : mais enfin ! ça ne vous regarde pas! Contentez-vous de m'envoyer les pizzas ! J'aurai le liquide. Combien de temps ça va prendre ?

 

La réceptionniste : compte-tenu des délais liés aux contrôles de qualité, elles seront chez vous dans environ 45 minutes. Si vous êtes pressé, vous pouvez gagner 10 minutes en venant les chercher, mais transporter des pizzas en scooter n’est pas recommandé.

 

Le client : Comment diable savez-vous que j'ai un scooter ?

 

La réceptionniste: votre Peugeot 308 SW est en réparation au garage de l'Avenir, en revanche, votre scooter est en bon état puisqu'il a passé le contrôle technique hier et qu'il est actuellement stationné devant le domicile de Mademoiselle Denoix. Par ailleurs, j'attire votre attention sur les risques liés à votre taux d'alcoolémie. Vous avez en effet réglé quatre cocktails Afroblack au Tropical Bar, il y a 45 minutes. En tenant compte de la composition de ce cocktail et de vos caractéristiques morphologiques, ni vous, ni Mademoiselle Denoix n'êtes en état de conduire un scooter. Vous risquez donc un retrait de permis immédiat.

 

Le client : @#/$@&?#!

 

La réceptionniste: je vous conseille de rester poli, Monsieur Dupond. Je vous informe que notre standard est doté d'un système anti-insulte en ligne qui se déclenchera à la deuxième série d'insultes. Je vous informe en outre que le dépôt de plainte est immédiat et automatisé. Or, je vous rappelle que vous avez déjà été condamné en juillet 2016 pour outrage à agent.

 

Le client, sans voix: …

 

La réceptionniste : autre chose, Monsieur Dupond ?

 

Le client : non, rien. Ah si, n'oubliez pas le Coca gratuit avec les pizzas, conformément à votre pub.

 

La réceptionniste: Je suis désolée, Monsieur Lavoie, mais notre démarche qualité nous interdit de proposer des sodas gratuits aux personnes en surpoids. Cependant à titre de dédommagement, je peux vous consentir 15% de remise sur une adhésion flash au contrat Jurishelp, le contrat de protection et d'assistance juridique de Clever-Assurance. Ce contrat pourrait vous être utile, car il couvre, en particulier, les frais annexes liés au divorce, vu que vous êtes marié à Madame Claire Dupond, née Girard, depuis le 15/02/2008 et vu votre présence tardive chez Mademoiselle Denoix et l'achat que vous avez effectué il y a une heure à la pharmacie du Canal d'une boîte de 15 préservatifs et d'un flacon de lubrifiant à usage intime.

C’est ce qui m’incite à joindre aux pizzas, à titre promotionnel, un bon de 5 Euros de réduction pour vos prochains achats de préservatifs valable chez Clever-Parapharma. Toutefois, veuillez éviter les pratiques susceptibles de provoquer des effets irritants pour la santé de Mademoiselle Denoix, pour lesquelles Speed-Parapharma se dégage de toute responsabilité.

Bonsoir Monsieur Dupond et merci d'avoir fait appel à Clever-Pizza.

 

______

 

 

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 15:03

James Lovelock a présenté la planète Terre comme un être vivant, Gaïa, avec des écosystèmes qui constituent les organes de cet être vivant constitué par la biosphère.

 

Les savanes, les forêts, les déserts, les lacs, les rivières et les océans sont autant de systèmes vivants qui assurent des fonctions essentielles dont bénéficie l'espèce humaine. Ils fournissent des services écologiques tels que le recyclage des déchets organiques, la production de matières vivantes, la pollinisation, la régulation des climats, la purification de l'eau…

Or le succès écologique et économique de l'espèce humaine a fait entrer la Terre dans la sixième crise d'extinction d'espèces. Les cinq précédentes crises furent la conséquence de catastrophes géologiques telles que des éruptions volcaniques ou astronomiques comme les chutes de météores, qui furent suivies par des changements climatiques qui en amplifièrent les conséquences.

La crise actuelle est une crise anthropique accélérée, au sens où elle résulte des activités humaines qui tendent à monopoliser l’espace géographique de la Terre sur une échelle de temps très restreinte, tout en détruisant les fondements même de la survie de l’espèce humaine.

Elle trouve son origine dans le succès écologique et technologique de l'homme qui induit une croissance exponentielle de ses besoins en ressources et en espace. Cette croissance provoque la destruction des écosystèmes par la pollution, la déforestation et la fragmentation des habitats naturels, auquel s’est ajouté une pression mortelle sur les espèces chassées, péchées et récoltées, encore accrue du fait de la prolifération d’espèces exotiques introduites par l’homme.

On ne connaît bien que le taux d'extinction des espèces les plus connues, telles que les vertébrés et les plantes supérieures. Pour les autres groupes, on ne peut qu'avancer des extrapolations fondées sur la relation entre le nombre d'espèces et la superficie du milieu concerné.

Pour les forêts tropicales, qui couvrent sept pour cent de la surface terrestre et hébergent soixante dix pour cent des espèces vivantes, hors océans, on sait, par l’expérimentation qui a été conduite en Amazonie, que la réduction de moitié de la surface de la forêt réduit la biodiversité des oiseaux et des plantes de dix pour cent.

Une autre étude, menée sur une longue période à Singapour qui disposait à l’origine d’une importante forêt tropicale humide, est tout aussi révélatrice. Depuis que les Britanniques s’y sont installés en 1819, quatre vingt quinze pour cent des 540 kilomètres carrés de végétation primitive ont été totalement défrichés. Selon les travaux de l'écologue australien Barry W. Brook, il en est résulté la disparition de 881 espèces animales et végétales sur 3 996 espèces recensées.

Plus globalement, sur la base de données bien étayées pour les plantes, les vertébrés et quelques groupes d'invertébrés, la majorité des spécialistes estiment que le taux d'extinction actuel des espèces est mille fois supérieur au taux naturel, étayant la thèse d’une sixième crise d'extinction imputable au développement de l’espèce humaine, en effectif et en activités.

Il en est résulté une prise de conscience de la communauté scientifique qui ne peut en rien mettre fin à la crise d’extension des espèces, mais seulement ralentir son évolution inéluctable. Car la sixième crise d’extinction des espèces conduira inéluctablement à terme à la disparition de l’espèce humaine puisqu’elle est indispensable au rétablissement postérieur de la biodiversité, comme cela s’est produit après les cinq crises précédentes.

Cependant l’espèce humaine garde le choix d’accélérer ou de ralentir ce processus, qui peut durer quelques centaines d’années au pire ou quelques milliers d’années au mieux.

On sait bien que l’appétit individuel des êtres humains, ou leur soif de vivre, fait obstacle à ce processus de limitation de l’expansion humaine. Pour freiner le rythme de cette évolution, l’humanité saura t-elle limiter sa croissance démographique, sa consommation afin de protéger les écosystèmes ou non ?

C’est toute la question.

 

On peut estimer que le suicide de l’humanité est le choix le plus souhaitable, un choix qui implique tout simplement de laisser la tendance actuelle se poursuivre. Dans le cas contraire, le défi proposé à l’intelligence collective de l’espèce humaine est de parvenir à modérer cet appétit individuel pour permettre à l’humanité de poursuivre son odyssée encore quelques millénaires, au lieu de quelques siècles…

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 19:32

Les changements climatiques et les transformations de l'utilisation des sols ont modifié et modifieront dans les décennies à venir le cadre de l'environnement humain.  

 

Pour l’être humain, l’enjeu consiste à survivre dans son écosystème en faisant appel à la diversité des compétences écologiques qui existent dans la nature, à savoir les gènes, les espèces et les écosystèmes.

L'érosion de la biodiversité a en effet une double implication écologique : d’une part, la perte de la diversité génétique par la réduction des effectifs jusqu’à l'extinction des espèces et d’autre part l’affaiblissement des performances écologiques à l'échelle des écosystèmes.

S’il existe une claire prise de conscience  du risque que fait courir à l’humanité l’extinction des espèces, on néglige encore largement le problème de  la durabilité des écosystèmes, liée à la diversité des espèces qui assure la résilience des écosystèmes.

Pour s’en convaincre, il suffit d’observer que la diversité des espèces est une source encore largement inexplorée de ressources pharmaceutiques, de produits alimentaires et de matériaux. En pharmacie, on constate que les  plantes restent à la base de la médecine moderne : la morphine est  extraite du pavot, la quinine provient du quinquina, l'aspirine procède du saule et de la reine-des-prés ; en outre, plus de soixante dix pour cent  des traitements anticancéreux prometteurs sont issus d'êtres vivants, notamment de plantes tropicales. Le seul ginkgo, par exemple, génère un chiffre d’affaires considérable grâce aux molécules qui en sont dérivées pour lutter contre les maladies cardio-vasculaires.

La biodiversité marine est la source d’un grand nombre de nouvelles molécules actives. Quatre mille substances nouvelles synthétisées par les organismes marins ont d’ores et déjà été identifiées, algues, invertébrés ou micro-organismes à partir desquelles cinq cent molécules actives possèdent des effets positifs sur les systèmes nerveux et vasculaires par leurs vertus anti tumorales, antivirales, immuno-modulatrices, antibiotiques, antifongiques, anti-inflammatoires ou en tant qu’inhibiteurs enzymatiques et moléculaires. On peut citer trois médicaments d'origine marine qui ont été commercialisés : un antibiotique, la céphalosporine, un anti tumoral, la cytarabine et un antiviral, la vidarabine, alors qu’une trentaine de molécules nouvelles sont à des stades divers de développement.

Ces découvertes résultent de la diversité et de la sophistication des mécanismes de défense mis au point au cours de milliards d'années d'évolution par des espèces exposées à une multitude d'agents pathogènes, de parasites et de prédateurs. La sélection naturelle a retenu, dans tous les milieux, des espèces capables de résoudre les problèmes posés par un environnement hostile, telles que des bactéries des sources hydrothermales capables de résister à des températures extrêmes ou de lutter contre des élements pathogènes ou des parasites.

 

C’est ainsi que la biodiversité constitue pour l'espèce humaine un atout majeur en termes d'adaptation et de survie à long terme.

 

À SUIVRE

 

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 13:29

En quelques années, la diversité biologique est devenue un des enjeux écologiques majeurs pour la survie de l’humanité.

 

Le terme de biodiversité est apparu après la conférence de Rio en 1992, qui a permis une large ratification de la Convention sur la diversité biologique. Que la vie se manifeste sous des formes très diverses était une donnée déjà connue des hommes des cavernes, lorsqu’ils y peignaient des bisons, des lions ou des antilopes.

Mais cette diversité du vivant apparait désormais comme une donnée fondamentale pour le maintien de la vie sur Terre et en particulier celle de l'espèce humaine.

En effet, depuis que la vie est apparue sur Terre, il y a 3,8 milliards d'années, elle s'est constamment diversifiée pour se transformer. La vie s’est manifestée tout d’abord sous la forme de molécules puis de protocellules dont la caractéristique fondamentale était de pouvoir s'auto répliquer, se transformer et donc se diversifier.

Depuis, de nouvelles espèces n’ont jamais cessé d’apparaître et de disparaître, car les espèces sont aussi mortelles que les individus qui les composent, à ceci prés que l'espérance de vie des espèces se compte en millions d'années alors que celle des individus se mesure en années.

Actuellement, succédant à prés de quatre milliards d’années de mutations, la Terre accueille entre dix et trente millions d'espèces différentes, on ne sait exactement, mais seules 1,7 million d’espèces sont répertoriées et encore pour la plupart d’entre elles, presque rien n'est connu de leur biologie, de leurs caractéristiques fonctionnelles, de leur rôle dans l'écosystème et encore moins de leur utilité potentielle par l'homme.

Cette multiplication des espèces résulte de la variabilité génétique des êtres vivants associée à leur capacité de multiplication. Cette variabilité est bridée par la sélection naturelle liée à leur environnement physique et par les interactions entre les espèces au sein des écosystèmes, sous la forme de processus de compétition, de prédation ou de parasitisme qui font que des  espèces survivent au sein de niches écologiques ou disparaissent.

Par exemple, la niche écologique dont disposent les rhinocéros est en train de disparaître parce qu'ils sont quasiment privés de leur milieu naturel et pourchassés par les hommes pour la valeur que ces derniers à leur corne. L'espèce humaine, quant à elle, n'est pas encore consciente qu'il ne s'agit pas d'un événement anecdotique, mais qu'en les éliminant, elle diminue la biodiversité des mammifères et met en danger sa propre survie.

La biodiversité a en effet une fonction essentielle pour le vivant, qui apparaît  clairement à l’issue de chaque crise d’extinction des espèces puisqu'aussitôt la biodiversité est restaurée afin d'assurer la pérennité du vivant.

L'appauvrissement génétique implique en effet une adaptabilité amoindrie face aux changements de l'environnement, un développement accru des gènes délétères et une diminution des systèmes de défense des individus, notamment immunitaires. C'est ainsi que la diminution de la diversité du vivant menace directement le maintien de la vie sur la Terre.

On l’a constaté avec le processus d’homogénéisation génétique des variétés de plantes initié par l’industrie agronomique qui a exposé ces plantes aux virus, aux champignons et aux insectes, parasites qui gardent, eux, leur capacité d'évolution. À contrario, on a observé que la diversité génétique du riz a accru considérablement sa résistance à la pyriculariose, la principale maladie fongique qui l'affecte.

 

La variabilité génétique d'une espèce constitue donc son assurance vie et celle de l’homme réside dans la diversité des espèces qui l’environne et donc de celle de leur écosystèmes.

 

À SUIVRE

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 00:24

 

En 1967, Alexandre Grothendieck effectue un voyage au Viêt Nam, avant que le printemps de Prague et  les événements de Mai 68 le poussent à démissionner de l'IHÉS en 1970 pour protester contre son financement partiel par le Ministère de la Défense.

 

Il obtient cependant un poste de professeur associé au Collège de France, évidemment pour y enseigner les mathématiques, mais il se sert de cette tribune pour s’interroger sur la nécessité de continuer à faire de la recherche scientifique !

Du coup, il perd son poste, voyage aux Etats-Unis où il rencontre en 1972 une étudiante en mathématiques, Justine Bumby et divorce. Puis il obtient, en 1973, un poste de professeur à l’université de Montpellier qu'il conserve jusqu'à sa retraite en 1988. Le couple déménage alors dans un village de l'Hérault où  Justine donne naissance à John, aujourd’hui mathématicien aux Etats-Unis à l’université de Rutgers, mais renonce à vivre avec lui.

Pendant toute cette période, il a continué à écrire des ouvrages, non plus de mathématiques pures mais à leur propos : La Longue Marche à travers la théorie de Galois, Esquisse d'un Programme, Les Dérivateurs et une autobiographie d’un millier de pages, Récoltes et Semailles (1985) où il décrit ses trois passions successives, les mathématiques, la quête de « la » femme et la méditation philosophique.

Il poursuit sa démarche contestataire en refusant en 1988 le prix Crafoord, puis se retire dans le petit village de Lasserre en Ariège jusqu'à sa mort à l'hôpital de Saint-Girons en 2014, à l’âge de 86 ans.

Il y aura vécu en ermite, ayant rompu avec le monde entier, à commencer par ses voisins villageois.

Mais, pendant tout ce temps, il a accumulé des «cartons de gribouillis ». En 1991, il confia cinq de ces cartons à un de ses anciens étudiants, Jean Malgoire, vingt mille pages de notes rédigées depuis 1970 !

Toujours en révolte, il écrivit en 2010 pour lui interdire de les publier alors qu’elles venaient d’être entreposées à la faculté de Montpellier. Mais après sa mort, Luc Gomel, responsable du patrimoine de l’université de Montpellier, souhaita les faire classer comme « trésor national » afin de les mettre à la disposition de la communauté scientifique. De leur côté, les enfants d’Alexandre Grothendieck contestèrent  la propriété des cartons à l'université de Montpellier, afin de les récupérer pour les adjoindre aux soixante cinq mille pages d'archives entreposées chez leur père. Car, tardivement touché par la grâce, Alexandre Grothendieck a écrit un testament afin que ses manuscrits soient remis à la Bibliothèque nationale de France et mis à la disposition des chercheurs.

Son œuvre mathématique est en effet immense et reste donc à déchiffrer, même si l’essentiel se trouve dans les Éléments de géométrie algébrique et dans le Séminaire de géométrie algébrique du Bois Marie.

Dans ce billet de blog, il serait chimérique de vouloir décrire son apport fondamental, parce qu’il est impossible d’accéder à l’essence de la recherche mathématique sans comprendre le langage et surtout la logique qui la sous-tend. Jugez en par vous-même : les mathématiciens considèrent qu’il a inventé la théorie de la cohomologie étale qui a permis de nombreuses avancées mathématiques.

Quid est ?  

Laissons tomber pour le moment l’adjectif « étale », mais qu’est ce donc que la cohomologie ? Vous ne serez probablement pas plus avancé en apprenant qu’elle est un outil de la topologie algébrique relatif à une homologie d'une application X à valeurs dans un faisceau.

Car nous voici conduit à définir la topologie algébrique, la notion mathématique d’homologie, celle de faisceau qui nous obligerait à définir un préfaisceau (concept inventé par Grothendieck). Il resterait encore à introduire le caractère étale de sa cohomologie que nous serions depuis longtemps perdu dans le formidable océan des concepts mathématiques entrelacés, affolant jusqu’à mon correcteur d’orthographe...

Finalement, que reste t-il de l’extraordinaire aventure humaine d’Alexandre Grothendieck ?

Un génie.

Un génie des mathématiques.

Un être tourmenté jusqu’au plus profond de lui-même, tentant en vain d’appliquer son extraordinaire capacité d’analyse et son exigence logique à sa propre vie. C’est ainsi qu’il se crut autorisé à refuser toute fonction officielle au nom de sa liberté, ce qui le conduisit en bonne logique à organiser sa disparition par rapport au regard des autres.  

Il est vrai que la passion du raisonnement a pour revers le soliloque absolu, que l’activité intellectuelle corrode le monde réel pour faire de l’abstraction un refuge. Mais un refuge illusoire, car la vie ne se plie pas à l’esprit et se venge par la souffrance.

C’est le prix du génie.  

Portant son regard au delà des misérables réalités empiriques, Alexandre Grothendieck n’a pas su se résigner aux mesquineries, aux compromis, à la médiocrité. S’il avait su s’y astreindre, il n’aurait pas été ce génie qui ne concédait rien à l’a peu prés et qui prétendait contribuer à ordonner l’effroyable chaos de la pensée humaine. 

 

Sa fuite en témoigne, nous révélant à quel point les génies sont fragiles. Il reste qu’il nous a fait cadeau de son œuvre qui reste à explorer, aux bons soins de cette étrange peuplade que constituent les mathématiciens.

 

Post-scriptum : deux ouvrages, celui d’un journaliste et d’un écrivain, viennent de paraître sur sa vie et son œuvre :

Philippe Douroux, Alexandre Grothendieck. Sur les traces du dernier génie des mathématiques, Éd. Allary.

Yan Pradeau, Algèbre, Éd. Allia, 144 p., 7,50 €.

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 10:46

 

Avec l’évolution du régime nazi, l’enfant Alexandre Grothendieck est de moins en moins en sécurité dans l’Allemagne nazie. Aussi, les Heydorn qui l’abritent depuis 1934 l’envoient à Paris auprès de ses parents en mai 1939.

 

Malheureusement, les retrouvailles sont de courte durée, car son père est interné au camp du Vernet en Ariège. De leur côté, Hanka et son fils sont emmenés au camp de Rieucros en Lozère et le jeune Alexandre est autorisé à étudier au lycée Chaptal à Mende, qui est proche du camp. Par contre, son père Sacha est déporté le 14 août 1942 du camp de Drancy à Auschwitz où il y meurt.

De 1942 à 1944, Alexandre est caché au Chambon-sur-Lignon dans une maison du Secours suisse aux enfants, tout en étant élève du collège Cévenol où il passe son baccalauréat. À la fin de la guerre, Alexandre retrouve sa mère et s’installe à Meyrargues près de Montpellier. Inscrit en mathématiques à l'université de Montpellier, il n’hésite pas à se consacrer seul à la définition du concept de volume, qui le conduit déjà à redéfinir l'intégrale de Lebesgue.

En 1948, il se rend à Paris avec une lettre de recommandation de son professeur d'analyse, Jacques Soula, au grand mathématicien Élie Cartan. Il frappe aussi à la porte d'André Magnier, inspecteur général de mathématiques et membre de l'Entraide universitaire de France, qui lui accorde une bourse. Le professeur Henri Cartan, le fils d'Élie, l'admet dans ses séminaires à l'École normale supérieure et le dirige vers Jean Dieudonné et Laurent Schwartz à Nancy pour y préparer sa thèse. Ces derniers le testent assez agressivement en lui demandant de réfléchir à la question des normes possibles de produits tensoriels. Ils sont stupéfaits de le voir revenir quelques mois plus tard avec quatorze normes traitées.

Attaché de recherche du CNRS de 1950 à 1953, il choisit un des six articles qu'il rédige pendant cette période, Produits tensoriels topologiques et espaces nucléaires, pour soutenir sa thèse. Il est intronisé par Laurent Schwarz dans le groupe Nicolas Bourbaki, un mathématicien imaginaire sous le nom duquel un groupe de mathématiciens francophones formé en 1935 à Besse en Chandesse (Auvergne) sous l’impulsion d’André Weil, a pour objectif premier de rédiger un traité d'analyse. Constitué ensuite en association, le groupe, sous le nom de N. Bourbaki, propose après 1950 une présentation cohérente des mathématiques appuyée sur la notion de structure, dans une série d'ouvrages intitulés Éléments de mathématiques, une œuvre qui a eu une forte influence sur l’enseignement et l’évolution des mathématiques au XXe siècle.

Alexandre, père d'un enfant, a du mal à trouver un travail. D’une part, sa situation d'apatride l'empêche d'accéder aux emplois de la fonction publique et d’autre part il ne peut pas être naturalisé car il refuse d’accomplir son service militaire, condition nécessaire à la naturalisation. La contestation de l’ordre établi, héritée de ses parents et profondément ancrée en lui.

Pour gagner sa vie, il travaille de 1953 à 1955 comme professeur invité au Brésil puis à l’Université du Kansas et de Chicago. Au cours de cette période, il se tourne vers la géométrie algébrique qu’il révolutionne en lui donnant de nouvelles fondations en collaboration avec Jean-Pierre Serre.

Il revient à Paris en 1956 en tant que maître de recherche du CNRS. C’est alors qu’il met en évidence le lien caché entre les propriétés analytiques et topologiques d'une variété, qui est un système de généralisation de la notion de courbe qui est une variété de dimension 1, d’une surface, variété de dimension 2, et ainsi de suite pour une dimension n. Ainsi, le globe terrestre est un exemple de variété de dimension 2, dans la mesure où il peut être représenté par une collection de cartes géographiques.

En 1957, le décès de sa mère, victime de la tuberculose, le plonge plusieurs mois dans un état dépressif avant de reprendre son travail. Première alerte.

En 1958, il rencontre sa future femme, Mireille, avec laquelle il aura trois enfants. Il est admis dans le nouvel Institut des hautes études scientifiques (IHÉS) consacré à la recherche en physique théorique et en mathématiques et entreprend de construire une théorie de la géométrie algébrique. En collaboration conflictuelle avec Jean Dieudonné, il rédige les quatre premiers chapitres des Éléments de géométrie algébrique, entre 1960 et 1967, ce qui lui vaut l’attribution de la médaille Fields en 1966, qu’il se refuse de recevoir en URSS. Compte tenu de son histoire familiale, on le comprend…

 

Mais le prurit de la contestation le saisit alors définitivement.

 

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 11:25

Le mathématicien Alexandre Grothendieck est né le 28 mars 1928 à Berlin et mort le 13 novembre 2014 à Saint-Lizier (Ariège). Depuis son décès, je souhaite attirer l’attention de mes lecteurs sur sa vie et son œuvre, parce qu’il est l’un des plus grands génies des mathématiques, mais aussi pour que l’on n’oublie pas que la France compte un nombre incroyablement élevé de grands mathématiciens.

En outre, sa vie est d’une originalité remarquable, encore qu’elle soit en concordance parfaite avec la conception de la vie que peut avoir un grand mathématicien.

 

L’objectif de cet article consiste à présenter sa vie et son œuvre à des lecteurs non mathématiciens. J’ai été encouragé à l’écrire par mon très vieil ami René Mages, mathématicien lui-même qui m’a fourni une forte documentation. Certains savent aussi que, dans une première partie de ma vie, j’ai fait des études de mathématiques à l’Université de Nice où j’ai rencontré quelques uns des plus grands mathématiciens français qui y enseignaient, comme Jean Dieudonné, qui suivait les séminaires d’Alexandre Grothendieck.

Ce dernier est considéré comme le refondateur de la géométrie algébrique, qui est le domaine des mathématiques relatif aux objets géométriques tels que les cercles, dont les coordonnées peuvent être déterminés par des équations. Les premiers travaux de géométrie algébrique remontent aux mathématiciens arabes comme Omar Khayyam qui a proposé une méthode de résolution des équations cubiques par l’intersection d'un cercle et d'une parabole. Puis la Géométrie de Descartes a inauguré l'étude des courbes algébriques par les méthodes de la géométrie analytique. Mais il a fallu attendre le début du vingtième siècle pour que la géométrie algébrique s’affirme avec les travaux de David Hilbert et des géomètres italiens qui ont introduit les notions de points voisins, dont les résultats furent démontrés par André Weil à la fin des années 1930.

Puis, dans les années 1950 la géométrie algébrique fut complétement transformée par les travaux de l'école française, notamment ceux de Pierre Samuel, d'Henri Cartan, de Jean-Pierre Serre et d'Alexandre Grothendieck. Ce dernier était réputé pour son extraordinaire intuition et son exceptionnelle capacité de travail qui lui permirent d’obtenir la médaille Fields en 1966, le prix Nobel des mathématiciens.

C’est alors que de nouvelles applications de ce domaine d’étude apparurent en théorie des nombres, comme la démonstration du théorème de Fermat-Wiles que personne n’était parvenu à proposer depuis son énoncé en 1621.

Mais revenons à la vie d’Alexandre Grothendieck…

Son père Sacha Schapiro, juif hassidim, était un anarchiste militant ukrainien, emprisonné en Russie pendant dix ans pour avoir participé à des soulèvements anti-tsaristes. Il finit par fuir la Russie pour s’installer à Berlin en 1922 où il rencontra sa future compagne, une journaliste anarchiste, Johanna Grothendieck, dite Hanka, originaire d’une famille protestante hambourgeoise aisée. Johanna était mariée lorsqu’elle tomba enceinte de Sacha et donna naissance à Alexandre en 1928, qui portera son nom. Puis Johanna divorça en 1929 pour vivre avec Sacha. Tous deux, en raison de la montée du nazisme, quittèrent l'Allemagne pour la France avant de rejoindre en Espagne le mouvement anarcho-syndicaliste.

 

Pendant ce temps, Alexandre avait été placé dans la famille d’un pasteur protestant antinazi près de Hambourg…

 

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 23:18

 

C’est une dosette de café qui s’est vendue grâce au sourire enjôleur de George Clooney, avec une délectation mercantile dans un décor aussi feutré que fantasmé.

 

Quel luxe ! Vous pouvez choisir la couleur de votre choix pour égayer sa robe d’aluminium qui contient presque cinq grammes de café à votre goût !

Rendez vous compte, cinq grammes de café et pour chaque gamme entre trois et cinq variantes ! Par exemple dans la gamme Intenso, comment ne pas hésiter entre le café Kazaar, robe alu noire et exceptionnellement intense et sucré (sucré ?), Dharkan, robe alu gris bleu et longuement (longuement ? quatre vingt dix secondes)  torréfié et velouté, Ristretto, robe noire tout en étant puissant et contrasté, Arpeggio, robe mauve, donc intense et crémeux même dans sa version décaféinée, Roma, robe marron profonde d’où son caractère riche et équilibré ?

Comment ne pas hésiter devant le choix des couleurs des capsules qui brillent devant vos yeux émerveillés,  avant de glisser la dosette dans la machine ? Quelle délicieuse torture qui ne trouve son exutoire que dans cette petite tasse mousseuse que l’on hume avec délice, où l’on humecte ses lèvres avec un frisson délicieux avant de laisser son arome se répandre dans sa bouche?

Nespresso, le paradis des yeux, du nez et de la bouche  pour la modique somme de 40 centimes, seulement cent euros le kilo : le luxe à la portée de tous…

Un paradis pour le consommateur mais l’enfer pour l’environnement. Lorsque Nespresso utilise une tonne d’aluminium, il rejette quatre tonnes de boues rouges pleines d’arsenic, de titane, de chrome, de plomb, de vanadium et de mercure en Méditerranée.    

Avec mille tonnes de café vendus par semaine, Nespresso ne représente que cinq pour cent du marché mondial, mais c’est la part la plus profitable du marché. Les petits producteurs du réseau équitable ne font pas le poids. Ils se contentent de vendre les  grands crus de café d’Ethiopie, de Madagascar, du Pérou, d’Equateur, du Honduras à 20 € le kilo, cinq fois moins cher que Nespresso.

D’autant plus que, sans s’occuper de sa qualité, Nespresso achète le café de toutes origines au cours le plus bas. Il y ajoute les aromes nécessaires pour que le consommateur retrouve dans le café issu de la capsule le goût de la noisette qu’il attend. Alors que la café traditionnel est torréfié à 200° en 20 minutes, Nespresso n’hésite pas à le torréfier à 1000°C en 90 secondes, ce qui lui permet de proposer une mousse qui persiste plusieurs heures grâce une pincée de graisse animale et d’additifs qui restent inconnus, quand les autres ne tiennent que quelques minutes,. 

Mais le plus fort, c’est que Nespresso bat tous les records du taux de furane avec 117 à 244 nano grammes par millilitres (ng/ml) contre 43 à 146 ng/ml pour l’expresso, 20 à 78 ng/ml pour le café de cafetière à filtre, 14 à 65 ng/ml pour le café décaféiné et 12 à 35 ng/ml pour le café instantané.

Le furane ? C’est une substance organique utilisée dans l’industrie chimique comme solvant pour les résines lors de la production de laques et comme agglomérant dans la fonderie. Volatile et lipophile, le furane serait cancérigène pour le foie, encore que l’on ne sache pas encore jusqu’à quel point. Certes, il n’y a pas que Nespresso qui contienne du furane. Les  soupes et les pots pour bébés en contiennent beaucoup, parce que, comme Nespresso, le furane reste prisonnier dans des capsules qui restent hermétiquement fermées.

 

Alors, bravo Nespresso ! Tant pis pour les risques de cancer et les dégâts écologistes si les consommateurs et les actionnaires sont contents, encore bravo ! 

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 18:48

Celui, ou celle, qui exerce le pouvoir revêt deux figures, l’expert et le leader, la première résultant du paradigme scientifique, la seconde issue de la nuit des temps.

 

Les détenteurs juridiques du pouvoir ont de plus en plus de mal à l’exercer parce que le pouvoir (postestas) est désormais privé d’autorité (auctoritas) et qu’il s’en trouve d’évidence amoindri. Lorsque les policiers revendiquent le pouvoir d’ouvrir le feu plus facilement sur les délinquants, cela signifie que leur autorité affaiblie nécessite d’être compensée par plus de force coercitive pour que le pouvoir de la police soit rétabli. 

On peut se lamenter à l'envi sur la disparition de l’autorité, mais lorsque l’on cherche les moyens de la rétablir, on découvre que la force ne peut être renforcée que par des moyens triviaux qui laissent échapper l’autorité comme le sable fin entre des mains malhabiles.  

Il faut donc dépasser la déploration, reconnaître que le vase est définitivement brisé et retrouver les moyens de ressaisir ce pouvoir sans autorité qui atteint tous les corps constitués du pouvoir, la famille, l’entreprise et la société toute entière.

Dans les familles, je laisse à l’appréciation de chacun le soin de juger de l’évolution du pouvoir des parents sur les enfants au cours du demi-siècle écoulé, surtout si l’on se représente à quel point le concept de famille a éclaté, mari et femme avec enfants, divorcé(e) avec enfant, couples d’homosexuels avec enfants adoptés ou procréés selon des formules de plus en plus complexes, sans compter, du fait de la diversité, toutes sortes de familles polygames aussi dissimulées qu’éclatées…

Au sein de cette hétérogénéité de statuts, où pourraient bien se nicher l’autorité de personnes que l’on hésite à qualifier de parents mais plutôt de géniteurs ?

Dans les entreprises, le pouvoir est provisoirement entre les mains des financiers et des managers, entrainant force discussions sur la question de la légitimité comparée des shareholders et des stakeholders, discussions aujourd’hui dépassées si l’on intègre la question de la disparition de l’autorité.

Face à des managers souvent jugés incapables d’assurer la survie de leurs entreprises, leurs collaborateurs ne leurs attribuent aucune autorité mais simplement le pouvoir provisoire de les limoger s’ils avaient l’imprudence de faire connaître leur appréciation ! Il reste que l’avenir des entreprises et de toutes les organisations intermédiaires, entreprises publiques, associations, est aux débats, aux assemblées et aux votes, et non au pouvoir dictatorial des actionnaires au nom du Dieu-Marché…

Enfin, pour la société humaine dans son ensemble, l’origine du pouvoir n’est plus guère contestée, puisque la conviction s’est peu à peu forgée, d’Aristote à Rousseau, que le pouvoir sur le peuple ne devait dépendre que de la souveraineté du peuple.

Restait à définir les modalités et les limites de ce pouvoir. Le pouvoir démocratique devait veiller à la fois à ne pas se fragiliser et à ne pas devenir tyrannique. Dans cet interstice, celui de la difficulté technique pour le peuple d’exercer son pouvoir, se sont glissés les intermédiaires qui ont prétendu prendre des décisions au nom du peuple et à sa place, comme auparavant ils prétendaient gouverner au nom de Dieu.

Politiciens, journalistes et groupes de pression se sont emparés du pouvoir démocratique. Ils étaient si éloquents, ces animateurs de télévision, ils étaient si compétents, ces énarques et ils étaient tellement déterminés à décider pour les autres, ces dictateurs de tout poil!

On les a cru, par tradition, conviction et par force, mais où se situe leur autorité lorsque l’on observe celle de notre actuel Président de la République ?

Aujourd’hui, c’est fini.

Le pouvoir que nous acceptons ne peut venir que de nous-mêmes, et non pas d’un quelconque intermédiaire qui prétend savoir mieux que nous ce qu’il faut faire à notre place, sous prétexte qu’il serait politicien, énarque, journaliste ou même artiste.

Mais le débat a toujours porté sur la forme de procédure à mettre en place pour passer de la volonté individuelle au pouvoir collectif. Une formule, faiblement contestée (voir cependant La tyrannie de la majorité, de Vittorio Alfieri) est celle du vote majoritaire, à ceci prés que les intermédiaires prétendaient, avec de moins en moins de force, que le vote ne pouvait consister qu’à leur remettre les clés du pouvoir, à charge pour eux de convaincre les électeurs de les réélire indéfiniment puisqu’ils étaient les seuls capables de l'exercer au nom de tous...

Une fois cette formalité rituelle remplie, à eux l’ivresse vénéneuse du pouvoir, le vrai, celui qui s’exerce sans partage ! Mais le voile s’est déchiré, l’autorité a disparu.

Dans ces conditions, on ne voit plus très bien quel rôle assigner à des intermédiaires, sinon celui de la mise en œuvre pratique de décisions prises en commun : une démocratie délibérative et participative ouvre de fait à l'effacement programmé de l’homme politique. Il faut se convaincre que l’effondrement des transcendances qui fondaient les valeurs des sociétés antérieures fait que toute norme d’action ne peut désormais être acceptée que par des procédures de discussion publiques sur les fins poursuivies en commun.

Or, ce changement en cours que constitue le passage de la démocratie représentative à la démocratie délibérative ne constitue pas un détail d’organisation de la vie publique ou une sorte de perfectionnement ultime de la démocratie.

Il s’impose comme une question vitale pour l’humanité qui se trouve contrainte d’inventer le plus rapidement possible le système de prise de décision le plus efficace possible pour faire face au défi majeur qui l’attend pour les deux prochaines générations, la croissance démographique combinée à celle de la consommation individuelle. 

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