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Le blog d'André Boyer

philosophie

LA CONQUÊTE SPATIALE

5 Novembre 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

LE PREMIER SPOUTNIK (1957)

LE PREMIER SPOUTNIK (1957)

Lorsque nous observons ce démiurge, Elon Musk, lancer des chapelets de satellites, envoyer des touristes dans l’espace proche, intervenir en Ukraine ou en Iran, énoncer des projets fous, Il serait avisé de nous intéresser à l'économie de l'espace qui contrôle déjà une bonne partie d'internet, notre GPS, nos prévisions météorologiques et bientôt nos communications téléphoniques.

 

L'espace, qu'est ce à dire au juste? Il se situe environ cent kilomètres au-dessus de nos têtes, lorsque l’atmosphère terrestre a quasiment disparu et que l'on ne peut plus compter sur la portance aérodynamique mais uniquement sur la vitesse pour se maintenir en orbite.

Environ cent kilomètres... Cet "environ" pose un problème juridique. Au-dessous de cette limite, nous nous trouvons dans l'espace aérien de chaque pays, au-dessus l'espace appartient à tout le monde.

À tout le monde, mais pas n'importe comment. Pour gérer internationalement l'espace, un traité a été signé en 1967, le Traité sur les principes régissant les activités des États en matière d’exploration et d’utilisation de l’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes. Il s'y est ajouté en 1968, un accord sur le retour et le sauvetage des astronautes et sur la restitution des objets lancés dans l’espace extra-atmosphérique, puis en 1972, une convention sur la responsabilité internationale des États pour les dommages causés par des objets spatiaux suivie, respectivement en 1975 et 1979, par une convention sur l’immatriculation des objets lancés dans l’espace et par un accord sur les activités des États sur la Lune et sur les autres corps célestes. 

Ces accords gênent aujourd'hui les États-Unis dans leur ambition de développer dans l'espace une économie sans entraves. Car la situation a bien évolué depuis les premiers accords qui ont eux-mêmes suivi d'une décennie la première incursion humaine dans l'espace conduite par l'URSS.

En effet, le 4 octobre 1957 exactement, l'URSS a lancé le tout premier satellite, Spoutnik, sur une orbite qui se situait entre 225 kms et 947 kms au-dessus de la Terre.

Après les spoutniks soviétiques et la chienne Laïka, le premier être vivant satellisé qui n'a pas résisté bien longtemps à l'espace, les Américains rejoignaient les Soviétiques dans la course à l'espace avec le premier satellite américain, Explorer-1 en 1958. L'étape des satellites franchie, la compétition se déplaçait vers la Lune dés l'année suivante avec l’envoi du satellite russe Luna en dehors de l’orbite terrestre, puis de Luna-3 qui dévoilait des images de la face cachée de la Lune. 

À partir de 1961, la course à l'espace s’intensifiait ; les Soviétiques envoyaient le premier homme dans l’espace, Yuri Gagarine, tandis que les Américains se donnaient pour objectif d’envoyer un homme sur la Lune avant la fin des années soixante, objectif atteint de justesse le 21 juillet 1969 par l’alunissage de Neil Armstrong et Edwin Aldrin.

C'est à partir des années 1970 que la conquête spatiale s'élargira de la Lune à l'ensemble des planètes du système solaire. Dés 1970, les Soviétiques parviennent à envoyer une sonde, Venera 7 sur Vénus, tandis qu'en 1976 les sondes américaines Viking se posent sur Mars, et en 1977, deux autres sondes américaines survolent les planètes Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune ainsi que quarante-huit de leurs lunes.

Entre 1986 et 2001, la station spatiale russe Mir devient la première station permettant le vol spatial habité à long terme, et en avril 1990, le télescope spatial Hubble, développé par la NASA, est mis en orbite et permet de faire des découvertes de grande portée dans le domaine de l’astrophysique. 

 

La fin de la Guerre froide en 1990 ne mettait pas fin à cette conquête spatiale conduite par l'URSS et les États-Unis en compétition. Mieux, en 1998, une coopération internationale se mettait en place avec la construction de la Station spatiale internationale (ISS), qui est habitée de manière continue depuis octobre 2000.

 

À SUIVRE

 

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LES MAMMIFÈRES FONT DE LA RÉSISTANCE

21 Octobre 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

LES MAMMIFÈRES FONT DE LA RÉSISTANCE

Lorsque les écosystèmes ont commencé à se rétablir au début du Paléocène, la période qui suit immédiatement la collision avec un astéroïde,  la plupart des mammifères étaient des euthériens* de très petite taille, comme Purgatorius qui vivait juste cent mille ans aprés la chute de l'astéroïde, un euthérien doté de molaires adaptées aux fruits et de chevilles mobiles pour grimper aux arbres : il est l’un de nos ancêtres directs.

 

Ces euthériens survivaient grâce à un régime alimentaire flexible et à leurs modes de reproduction. La force spécifique des mammifères résidait en effet dans la durée de la gestation. En nourrissant plus longtemps les bébés dans leur ventre, les mères donnaient un superpouvoir aux juvéniles, qui devenaient plus facilement des adultes de grande taille. C'est ainsi qu'en quelques centaines de milliers d’années les premiers placentaires du Paléocène ont grandi démesurément, après être restés longtemps minuscules.

Puis la stabilité des écosystèmes ont permis à de nombreuses espèces nouvelles de proliférer, faisant évoluer leur morphologie et leurs comportements à partir d’un ancêtre commun pour tirer parti des opportunités diverses de l'environnement.

Il faut noter que les placentaires archaïques du Paléocène n’étaient pas particulièrement intelligents. Certes, par rapport à leurs minuscules prédécesseurs du Crétacé, les mammifères du Paléocène avaient un cerveau plus gros en valeur absolue. Mais le volume relatif de leur cerveau par rapport à la masse corporelle était plus faible que ceux des espèces du Cétacé qui les avait précédés. Tout s’est passé comme si les premiers placentaires avaient grossi si vite que leurs cerveaux n’avaient pas pu suivre le rythme, ou comme s’il était plus important, lorsqu’il y avait de nombreuses niches écologiques vacantes à remplir, de développer des corps plus grands que de plus gros cerveaux, dont les besoins énergétiques étaient élevés.

Ce n’est que lorsque les écosystèmes se furent stabilisés, générant une concurrence croissante entre les nombreuses espèces de nouveaux placentaires, que leurs cerveaux se sont développés à leur tour.

Au cours du Paléocène, il y a 56 millions d’années, la température se mis à monter, car du magma avait commencé à s’accumuler sous les continents du nord et à remonter en panache vers la surface. En percolant à travers la croûte, les roches profondes s'échauffèrent.

Cette activité géologique libéra des milliards de tonnes de dioxyde de carbone élevant en deux cent mille ans la température moyenne de l’atmosphère de cinq à huit degrés. Depuis cette période jusqu'à aujourd'hui, jamais la Terre n’a été aussi chaude qu'à ce moment là. Ce réchauffement soudain, appelé le « maximum thermique du Plaocène-Eocène » a été difficile à vivre pour les mammifères de l’époque.

Mais contrairement à l’impact météorique survenu dix millions d’années auparavant, très peu d’espèces de mammifères se sont éteintes, car elles se sont mises en mouvement vers les hautes latitudes ouvertes par l’élévation de température. Elles ont aussi développé de nouvelles aptitudes, des cerveaux plus gros pour s'adapter individuellement aux circonstances, des ongles pour s’agripper aux branches ou de gros sabots pour faire du galop.

Ces mammifères ont essaimé en Europe, en Amérique du Nord et en Asie, trois continents qui étaient reliés entre eux par des bandes de terre émergées. Ils ont submergé les populations de placentaires archaïques qui ne survécurent pas longtemps à l’invasion.

Au sud de l’équateur, l’évolution suivit un cours diffèrent. L’Afrique et l’Amérique du Sud étaient alors des continents insulaires, avec leurs propres lignées de placentaires, éléphants en Afrique, tatous en Amérique du Sud.

Sur ces deux continents, les monotrèmes et les marsupiaux se maintinrent difficilement, mais les placentaires conservèrent les clefs de l’avenir.

Certains se mirent à se balancer de branche en branche dans les arbres, d’autres parcoururent les airs en battant des ailes, d’autres enfin troquèrent leurs bras contre des nageoires. L’éventail de la faune placentaire actuelle, dont nous faisons partie, a hérité des succès remportés depuis le Paléocène jusqu’à aujourd’hui, au temps de l’Holocène.

 

Ainsi évoluèrent les mammifères placentaires jusqu'à nos jours. Jusqu'à quand? La Terre le décidera en fonction des variations de son atmosphère et de sa température auxquels il faudra s'adapter, mais les mammifères en ont vu d'autres dans le passé...

 

* Des mammifères dont l'embryon se développe entièrement dans le corps de la mère, en étant alimenté par le placenta

Référence: Steve Brusatte, Comment les mammifères ont conquis le monde, Pour la Science, 10/22, pp 54-67

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LE PIRE JOUR DE L'HISTOIRE DE LA TERRE ?

15 Octobre 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

LE PIRE JOUR DE L'HISTOIRE DE LA TERRE ?

L'un des pires, sinon le pire, jour de toute l’histoire de la Terre survint lorsqu’un astéroïde large d’au moins dix kilomètres mit fin à l’ère des dinosaures, dans un déluge de feu.

 

Fin des dinosaures, mais pas des mammifères, qui eux ont survécu à l’extinction et se sont maintenus pendant les dix millions d’années qui ont suivi, à savoir l’époque du Paléocène.

Ils ont réussi à survivre alors que les trois quarts des espèces vivantes avaient disparu et ils ont évolué pour aboutir aux six mille espèces de placentaires* qui prospèrent aujourd’hui, des chauves-souris aux baleines, en passant par les humains.

Les mammifères sont apparus sur Terre en même temps que les dinosaures, il y a environ 225 millions d’années, à l’ère du Trias.

À cette époque, toutes les terres émergées de la planète étaient rassemblées en un super continent unique, la Pangée. La Terre se remettait tout juste de la pire extinction de masse de son histoire, provoquée par des méga volcans qui avaient craché de la lave et du dioxyde de carbone pendant des millions d’années, provoquant une telle élévation de la température qu'elle fit disparaitre jusqu’à 95 % des espèces vivantes.

Lorsque les volcans finirent par s'éteindre, les dinosaures, les mammifères et de nombreux autres groupes firent leur apparition, repeuplant le vide créé sur la Terre par ces éruptions. Pendant les 160 millions d’années qui suivirent, les dinosaures devinrent des géants, excluant les mammifères des niches propres à la mégafaune et les obligeant à conserver une petite taille qui leur permettait d’exploiter les niches écologiques auxquelles les dinosaures n’avaient pas accès.

Aussi, durant le Jurassique et le Crétacé, soit entre 201 et 66 millions d’années auparavant, une multitude de petits mammifères, jamais plus gros qu’un blaireau, vivaient dans l’ombre des dinosaures. On y trouvait des rongeurs, des grimpeurs, des fouisseurs, des nageurs et des planeurs. Ces animaux développèrent l’organisation standard des mammifères, des poils, un métabolisme à sang chaud, un ensemble complexe de dents spécialisées, canines, incisives, prémolaires et molaires et bien sûr l’alimentation des bébés au lait maternel.

En dehors des multi tuberculés (petits rongeurs avec des dents dotées de plusieurs tubercules) qui ont aujourd’hui disparus, trois lignées de mammifères subsistent aujourd’hui : les monotrèmes qui pondent des œufs, les marsupiaux qui donnent naissance à de minuscules petits achevant leur développement dans une poche ventrale et surtout les placentaires qui donnent naissance à des petits bien développés.

Mais tout l'équilibre de ce monde primitif fut un jour brutalement bouleversé. Un astéroïde de la taille de l’Everest, sillonnant l’espace à une vitesse supérieure à celle d’un avion de ligne, a croisé par hasard la trajectoire de la Terre. Il s’est écrasé sur ce qui est aujourd’hui la péninsule du Yucatan, libérant une énergie équivalente à celle d’un milliard de bombes nucléaires. L’impact a creusé dans la croute terrestre un trou de plus de 16 kms de profondeur et de 160 kms de largeur.

Tsunamis, incendies, tremblements de terre et éruptions volcaniques firent alors rage tout autour de la planète. La poussière et la suie obstruèrent l’atmosphère, plongeant le monde dans l’obscurité pendant des années. Les plantes n’étant plus en mesure d’effectuer de photosynthèse, les forêts furent anéanties, les herbivores moururent de faim et avec eux les carnivores.

Les écosystèmes s'effondrèrent.

Les dinosaures furent les victimes les plus célèbres de la catastrophe, seuls une poignée d’oiseaux parvinrent à garder leur héritage vivant jusqu’à nos jours et à peine 7% des mammifères survécurent au carnage,

Cependant les mammifères survivants faisaient surtout parti des petites espèces et des omnivores tandis que les victimes de la catastrophe étaient des mammifères qui s'étaient mieux adaptés au monde d'avant, en ayant un régime alimentaire spécialisé qui leur avait permis de grossir en taille. Mais ils voyaient désormais les adaptations de leur organisme devenir des contraintes et disparaissaient.

 

En revanche, les petites espèces généralistes réussirent plus facilement à se terrer pour traverser le plus fort de la débâcle immédiatement après l’impact et trouvèrent ensuite plus facilement à se nourrir dans le chaos post-impact.

 

* Les placentaires forment une infra-classe très diversifiée, mais tous se caractérisent par le fait qu'ils accouchent des juvéniles par contraste avec les marsupiaux qui accouchent de larves ou les monotrèmes qui pondent des œufs. Cela est rendu possible par la présence d'un placenta, plus développé et plus complexe que chez les marsupiaux, ce qui leur a donné leur nom

 

À SUIVRE

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MAIS OÙ SONT-ILS TOUS?

24 Septembre 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

LE PILIER DE LA VOIE LACTÉE SUR L'AIGOUAL

LE PILIER DE LA VOIE LACTÉE SUR L'AIGOUAL

Si on ne sait pas comment la vie, sous une seule forme, s’est installée sur la Terre, rien ne nous empêche de penser qu’une forme de vie, différente ou semblable à la nôtre, existe ailleurs dans l’Univers.

 

Pourquoi en effet la vie sur Terre serait-elle exceptionnelle, au point de constituer un phénomène unique dans l’Univers ? Le nombre d’étoiles dans notre Galaxie est très grand, on devrait donc y trouver d’autres espèces vivantes et même d’autres espèces intelligentes. Car les systèmes planétaires sont assez stables pour donner le temps à l’évolution de la vie d’aboutir à une civilisation avancée, capable de se déplacer dans la Galaxie ou de nous transmettre des signaux. Dans ces conditions, il parait plausible que des extraterrestres soient passés depuis longtemps sur Terre ou nous aient laissé des messages.

Car l’hypothèse qu'il existe des espèces extraterrestres est solide. La Voie Lactée a un rayon de 50000 années-lumière et elle s’est formée depuis 13 milliards d’années. Même lointaine, une civilisation aurait dû avoir le temps de nous rendre visite ou de communiquer avec nous.

Pourtant, il n’existe jusqu’ici aucune preuve de passage des extraterrestres sur Terre et nous n’avons reçu aucun message extraterrestre. Ce qui ne nous laisse que trois types d'hypothèses sur cette absence et sur ce silence des extraterrestres :   

  • L’apparition de la vie est si rare que nous sommes réellement seuls dans la Galaxie.
  • La vie apparait facilement, mais ne persiste jamais assez longtemps pour permettre à des civilisations avancées de parcourir le Cosmos ou de communiquer à travers la Galaxie.
  • Il existe un grand nombre de vies extraterrestres dans la Galaxie, mais aucune ne souhaite venir sur Terre ou nous informer de son existence par l’envoi de signaux.

La première hypothèse est combattue par les observations des télescopes récents qui ont détecté plus de 5000 exoplanètes dans plus de 3700 systèmes planétaires. Certaines exoplanètes ont des caractéristiques très proches de la Terre ou se trouvent dans une « zone habitable », où l’eau est susceptible de s’y trouver à l’état liquide. Mais cela ne garantit pas que d’autres caractéristiques, comme le rayonnement, la composition de l’atmosphère ou la pression atmosphérique n’entravent par ailleurs l’émergence de la vie.

Pour comprendre comment la vie est apparue sur Terre et donc comment elle pourrait apparaitre ailleurs, on s’est interrogé sur les conditions chimiques que remplissait la Terre avant que la vie ne s'y impose. Alexandre Oparine (1924) a formulé l’hypothèse que l'on y trouvait des réactions prébiotiques nécessaires à l’apparition de la vie, mais on ignore toujours si ces réactions prébiotiques se produisent facilement ou non dans l'Univers. En définitive on ne sait pas si la vie peut éclore facilement ou non dans l'Univers.

Même si la probabilité de l’émergence de la vie est élevée, on peut se référer à notre deuxième hypothèse pour expliquer l’absence de contacts avec d’autres formes de vie. Il s’agit de considérer que les différentes formes de vie sont trop fragiles pour leur laisser le temps de disposer d’atteindre un niveau technique suffisant pour entreprendre un voyage spatial ou procéder à des communications interstellaires.

Il est vrai que l’on peut trouver avec David Kipping (le paradoxe du ciel rouge, 2021) de nombreux facteurs qui s'opposent, sinon à l'apparition de la vie, du moins à son développement. Tout d’abord les bombardements de météorites sont nombreux, comme en témoigne sans doute la disparition des dinosaures sur Terre il y a 66 millions d’années. Il s’y ajoute les sursauts gamma (Tsvi Piran, 2015), qui sont des explosions stellaires capables de détruire la vie dans un rayon de plusieurs années-lumière. Or la fréquence des sursauts gamma semble élevée dans la Voie Lactée, ce qui ne laisserait que de faibles chances à une forme de vie de se développer et de s’étendre dans la Galaxie.

Sauf la vie sur Terre ? Pour combien de temps ? Car l’observation du développement des êtres vivants semble quasi fatalement générer des « pièges cosmiques » qui les font disparaitre. Observant l’humanité, on voit bien qu’en développant des bombes atomiques, des armes bactériologiques ou en provoquant des dérèglements climatiques, elle fabrique des pièges cosmiques qui pourraient bien provoquer sa perte.

En conclusion de cette deuxième hypothèse, les formes de vie peuvent être assez éphémères, d'autant plus que, lorsqu'elle atteint un stade avancé, elle risque fort de s’autodétruire en tombant dans des pièges cosmiques. Aussi la probabilité que deux formes avancées d’êtres vivants soient contemporaines l’une de l’autre serait très faible.

Enfin, si l’on fait l’hypothèse que la vie est fréquente dans l’Univers, résiliente et capable d’éviter les pièges cosmiques, peut-on trouver une raison pour qu’elle ne voyage pas jusqu’à nous et s’abstienne de communiquer avec nous ?

Plusieurs pistes ont été évoquées pour justifier la discrétion de ces éventuelles formes de vie dans l’Univers.

Tout d’abord la peur (Liu Cixin, 2017) : ces formes de vie pourraient avoir adopté le précepte « Pour vivre heureux, vivons caché ».

Ensuite, une éthique écologique, dite hypothèse du zoo (John Ball, 1973) qui ferait qu’une civilisation avancée prendrait bien soin de ne pas perturber une autre vie qui se développe, en l’occurrence la nôtre.

Enfin, une civilisation avancée choisira d’économiser ses forces, évitant de partir à la conquête de la Galaxie en dépensant une énorme quantité d’énergie (Rolf Landauer, 1996).

On peut ajouter une quatrième hypothèse aux trois précédentes, celle de l’incommunicabilité. Il est bien possible que la vie existe ailleurs, et peut-être même partout dans la Galaxie, mais qu’elle est tout simplement si différente de notre forme de vie ou qu'elle utilise des moyens de communication non perceptibles pour nous, si bien que nous sommes incapables de la rencontrer ou de percevoir ses signaux.

 

Tant que nous n’aurons perçu aucun signe de vie dans l’Univers, le doute que la vie puisse exister ailleurs restera en question. Or, selon que l’on retienne l’hypothèse d’une vie présente partout dans l’Univers ou uniquement sur Terre, notre regard change du tout au tout, sur l’humanité comme sur l’Univers.  

PS: on reliera utilement le précédent billet consacré à la vie. 

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LA VIE

15 Septembre 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

LA VIE

Sur Gaïa, notre planétoïde, sur cette mince croûte couverte d’êtres vivants qui s’évertuent à la façonner et à la ronger, nous observons les cataclysmes et nous saisissons bien ce que serait la Terre sans la vie, cette vie qui résiste à presque tout.

 

En 1883, l’éruption du Krakatoa a fait disparaître tout signe de vie sur les deux tiers de l’île, qui n’était plus que poussière. Puis, fécondée par la vie venue de la mer avec la complicité du vent, il a suffi d’un siècle pour que l’île Krakatoa retrouve son épais manteau végétal.

C’est que la vie est têtue, elle sait s’imposer face aux forces de la nature dans les conditions les plus inhospitalières et ceci depuis des milliards d’années, même si chaque forme de vie est très délicate.

Cela ne s’est pas produit sans délais. Car si l’âge de la Terre est de 4,6 milliards d’années, il a fallu attendre un milliard et demi d’années pour qu’apparaissent des structures microscopiques dotées d’une organisation cellulaire complexe. On peut donc penser que des formes de vie plus simples ont existé encore plus tôt, même si les premières manifestations de la vie furent si fugaces qu’aucun fossile n’en a conservé la trace. 

Mais aujourd’hui encore, l’origine de la vie sur notre planète reste mystérieuse, d’autant plus qu’aucun autre signe de vie n’a jamais été détecté dans l’Univers, n’en déplaise aux auteurs de science-fiction. D’où la question paradoxale d’Enrico Fermi : « Mais où sont-ils tous ? »*

L’origine de la vie n’est nullement mystérieuse. Il s’agit d’une simple réaction chimique qui engendre des molécules organiques assez complexes pour avoir la capacité de se reproduire. En outre, toutes les formes vivantes ont la propriété de transférer leurs caractères héréditaires d’une génération à une autre grâce à une molécule particulière, l’acide désoxyribonucléique ou ADN. Cette configuration commune conduit à penser que tous les êtres vivants, microbes, plantes, animaux ont la même origine, l’ADN se chargeant de transmettre ses instructions à ses successeurs à partir de ce qu’il a retenu du passé.

Non seulement tous les êtres vivants viennent de la même origine, mais ils dépendent tous des autres organismes vivants pour leur survie et plus l’organisme se situe à un niveau élevé de l’échelle de l’évolution, plus il est dépendant du réseau complexe des autres êtres vivants. 

Une des tendances de l’évolution est donc d’engendrer des écosystèmes de plus en plus interdépendants, tandis que, o paradoxe, plus l’organisme vivant est évolué et plus il acquiert d’autonomie individuelle vis-à-vis de son environnement. La liberté des animaux à sang chaud dans la forêt est incomparablement plus forte que celle des molécules vivantes contenues dans une gelée protoplasmique.

C’est ainsi que l’homme, dont la pérennité de son organisation collective de plus en plus sophistiquée est menacée par la moindre modification de climat, est en même temps capable en tant qu’individu de survivre dans les conditions les plus extrêmes, y compris dans l’espace.

Mais revenons à l’origine de la vie, si simple, si évidente, quoique jamais aucun scientifique ne soit parvenu à créer la vie à partir de la matière inerte. De nombreux scientifiques semblent considérer comme « raisonnable » que la vie puisse exister dans l’Univers ailleurs que sur notre planète, compte tenu du nombre quasiment illimité de planètes et donc de la probabilité élevée d’y trouver des environnements analogues à ceux qui prévalent sur la Terre.

Pourtant, dans la partie de l’Univers que les hommes ont observé, écouté et analysé, aucune observation n’a jamais révélé ailleurs que sur Terre la présence de la moindre forme de vie.

Les scientifiques peuvent naturellement invoquer l’insuffisance de leurs moyens techniques pour laisser planer l’espoir de découvertes qui corroboreraient un jour prochain leurs hypothèses précédentes, mais tant qu’ils n’auront pas apporté la preuve du contraire, c’est pure conjecture.

 

Jusqu’ici, deux faits fondamentaux restent irréfutables : l’homme n’est jamais parvenu à créer la vie à partir de la matière inerte et la vie ne semble exister que sur Terre et sous une seule forme.

 

*Célèbre paradoxe posé par Enrico Fermi, Prix Nobel, lors d’un repas qui réunissait quatre grands physiciens en 1950 à Los Alamos.  

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MANAGER AUTREMENT?

17 Juin 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

MANAGER AUTREMENT?

Les entreprises perçoivent ce mal-être actuel relativement à la vie professionnelle.

 

Elles réagissent souvent, selon des réflexes pavloviens inhérents à leurs objectifs de profit, par une augmentation de salaire quand elles ne proposent pas une approche « bienveillante » du travail, bourré de bonnes intentions et d’inclusion tous azimuts, ou font même, dans le pire des cas, appel aux techniques suspectes du management collaboratif.

Car, là où cherche à s’élaborer une nouvelle gouvernance pour les entreprises, se pensent et s’expérimentent de nouvelles manières de gouverner, qui consistent à entretenir le sentiment de liberté individuelle des employés tout en offrant un meilleur contrôle aux dirigeants sur l’activité de ces mêmes employés.

Dans ces entreprises adeptes de cette nouvelle gouvernance, on se réfère à un management participatif, selon lequel on incite les collaborateurs à s’exprimer en réunion, à présenter des critiques pour améliorer l’outil de production en laissant une large place à l’initiative personnelle, tout en veillant à ce que tout ce bouillonnement aille dans le sens attendu.

L’ambiguïté de ce système provient de ce que tout y est autorisé, sauf l’inattendu.

En effet, tout est mis en place dans le système de discussion et de décision qui accompagne ce management participatif pour que les choix « librement exprimés et débattus » aillent dans le sens des vœux de la direction, sans que jamais l’intention d’orienter les choix ne soit avouée.

A la limite, en désorientant les employés par des propositions contradictoires telles que « le conflit, c’est la paix », « le contrôle, c’est la confiance », « obéir, c’est désobéir », en invitant les salariés  à travailler sur eux pour gagner en transparence, en exigeant parfois leur autocritique, en invitant les managers à éduquer les membres de leurs équipes  « à vivre comme dans un camp de nudistes » afin qu’ils réussissent mieux au sein de l’entreprise, on cherche à obtenir l’acculturation de l’individu aux « valeurs »* de son entreprise.

Dans ce système de management, on vise à ce que l’alignement des croyances de l’employé sur celles de son organisation s’opère à force de communications internes, de stages de développement personnel et de longues séances d’explication en réunion, au cours desquelles le manager, s'appuyant sur les autres employés, prend le temps de lever une à une toutes les objections de l’employé récalcitrant.

Dans ce type de management, il faut convenir que l’être humain à la recherche du sens de son activité se retrouve au centre des attentions. Mais c’est malgré lui, car lorsque ce que l’entreprise demande pose un problème moral à l’employé, la réponse de l’entreprise ne consiste pas à reconnaitre cette difficulté mais à la contourner en offrant à l’employé les services d’un coach qui saura lui faire comprendre que sa souffrance provient de croyances « limitantes » héritées d’un ancien code moral, avant de lui proposer de l’aider à se défaire de ses anciens principes pour libérer son potentiel et retrouver l’harmonie avec son environnement de travail.

Dans une telle entreprise l’employé est supposé n’avoir plus de questions existentielles à se poser, à condition qu’il accepte de remettre entre ses mains l’entièreté de sa vie.

Cet effort pour convaincre (ou contraindre) l’employé à adhérer pleinement aux « valeurs » de l’entreprise est souvent lié à l’affichage d’une « mission » que l’entreprise s’est donnée. Elle prétend alors assumer une fonction messianique, s’imaginant investie de la responsabilité de sauver le monde par l’emploi, la croissance et la technologie, tout en restant officiellement dans le cadre de l’économie de marché, comme Google par exemple.

Logiquement, de telles entreprises s’efforcent de communiquer à leurs membres la foi des missionnaires, comme le font les sectes, sélectionnant l’employé non plus sur des critères professionnels mais sur le degré d’adhésion au système de croyance de l’entreprise.

Naturellement, ces tentatives sont vues comme des leurres par celui qui ne voit pas matière à un quelconque absolu dans l’activité économique et sociale. Ce dernier perçoit qu’il s’agit d’un management fondé sur la manipulation qui se situe aux antipodes de la recherche de la vérité dans sa vie professionnelle. Il s’ensuit une remise en cause de l’autorité d’un management qui déborde de ses fonctions de mobilisation du personnel, alors qu’il ne s’agit que d’animer et de gérer une organisation qui recherche tout bonnement à dégager un profit au travers de son activité sur le marché.

 

Finalement, le voilà détaché du rêve de l’entreprise démiurge pour se demander, retour aux prémices de notre réflexion, comment faire en sorte que sa vie professionnelle ait un sens…

Je pose que, contrairement à la personne, dirigeant ou employé, qui se réfère à des valeurs héritées de son expérience, de son éducation et de sa culture, l'entreprise ne peut pas avoir d'autres "valeurs" que celle du profit, sous peine d'être condamnée à disparaitre à terme plus ou moins rapproché (cf. L'Impossible éthique des entreprises, Boyer A. (Ed) 2002 et Toxic management, Thibault Brière, 2021)

 

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HORREUR! MÊME MES TARTINES ONT UNE EMPREINTE CARBONE!

21 Avril 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

HORREUR! MÊME MES TARTINES ONT UNE EMPREINTE CARBONE!

Le réchauffement climatique, les gaz à effet de serre, la hausse du prix des céréales, les mesures à prendre. Dans un demi-sommeil, je me souviens de mes tartines du petit-déjeuner.

 

Une grosse tranche de pain achetée chez l'un des trois boulangers du village ; j’aimais qu’elle soit dotée d’une croûte bien croquante, assez large. J’y ajoutais une épaisse couche de beurre qui embaumait les verts pâturages des Alpes. Elle n’était pas complète sans une bonne dose de confiture qui couvrait tout le beurre. Puis, encore somnolent, je trempais la grosse tranche d’un geste automatique dans mon café au lait, avec la conviction que le mélange de pain, de beurre, de confiture, de café et de lait me fournirait l’énergie nécessaire pour supporter l’école jusqu’à la récréation. À ce moment-là, j’avais bien l’intention de dévorer quelques biscuits. 

C’était autrefois.

Aujourd’hui, je veux du pain bio cuit dans un four solaire, j’ai remplacé le beurre par un produit sans cholestérol ; je m’assure que la confiture a été fabriquée dans des conditions sanitaires irréprochables sans trop de sucre ajouté, et qu’elle est conservée dans un bocal recyclable que j’utilise pour y ranger des stylos avant de le jeter dans une poubelle verte. Je lis les étiquettes.

Désormais, je me soucie de l’empreinte carbone de ma tartine du matin et il n’est plus question que j’écoute mes désirs, car ils conduisent à la catastrophe. En effet, un rien, un tout petit rien dans mes comportements peut  provoquer la hausse du niveau des mers ! Je pense sans cesse aux îles du Pacifique et à la survie des populations, d’autant plus que les médias se chargent de me le rappeler à chaque bulletin d’information.

Il n’est plus question que je fasse confiance à la nature. Certes, autrefois elle était hostile, mais on pouvait s’y fier, c'était du solide. Quantité de choses échappaient à mon contrôle. Mon destin n’était qu’un destin. Ce qui restait entre mes mains me paraissait léger. J’essayais d’avoir des opinions personnelles d'autant plus que j’étais sûr qu’elles n’auraient pas d’effet désastreux. Je ne craignais pas mes faiblesses, personne ne m’en ferait le procès. Je vivais avec des gens qui étaient mes pareils à ceci près qu’ils n’avaient ni les mêmes habitudes ni les mêmes désirs que moi. Certains aimaient les grosses voitures, d’autres le hockey sur gazon et même quelques-uns adoraient l’eau minérale. Je me fixais des objectifs à ma mesure. Je ne portais pas le poids du monde. Il y avait Dieu, la raison, la morale, et il existait ailleurs d’autres formes de sagesse. J’avais des marges de manœuvre que personne ne venait me contester.

Aujourd’hui, je suis effrayé comme tout le monde par la guerre, par le réchauffement climatique, par les virus, par le déficit alimentaire et par les biotechnologies ; j'ai des décisions à prendre tous les jours afin de préserver l’avenir. Je redoute les informations télévisées, WhatsApp et Twitter qui me disent ce que je devrais faire alors que je ne le fais pas. Je me méfie de tout, à commencer par mon égoïsme. Je ne sais plus quoi exiger des gouvernements, des religions et du patronat puisque je suis comptable avec eux de ce qui va survenir. Ma mauvaise conscience en hausse, je révise sans arrêt mon programme à la baisse.

 

Il vaut mieux que je me rendorme. Car il ne reste plus que mes rêves pour me retrouver dans le paradis désormais perdu de mon insouciance et de mon irresponsabilité passées…

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LE TOKAMAK D'ITER

17 Avril 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

COUPE DU TOKAMAK D'ITER

COUPE DU TOKAMAK D'ITER

Il est question en Europe de relancer les bonnes vieilles centrales destinées à produire de l’énergie à partir de la fission nucléaire de gros atomes d’uranium que l’on scinde en deux. Mais qu’en est-il de la piste de la fusion nucléaire ?

 

La fusion nucléaire, c'est l'inverse de la fission, puisqu'au lieu de casser de gros noyaux, on en rassemble deux légers, typiquement des noyaux d'hydrogène qui se lient entre eux pour donner de l'hélium.

L'avantage de la fusion sur la fission provient de ce qu'elle ne génère pas de déchets radioactifs à vie longue. Elle est également plus sûre que la fission, car elle s'arrête spontanément si le plasma redescend en dessous des seuils critiques de température et d'électricité.

En revanche, la fusion nucléaire est difficile à contrôler car la température du plasma doit être maintenue à une température extraordinairement élevée, 150 millions de degrés, dix fois celle qui règne au centre du soleil.

Pour résoudre ce problème, il faut organiser un confinement magnétique dans lequel on piège les particules de plasma, noyaux et électrons et, parmi les différentes solutions expérimentées, le tokamak s'est imposé.

Tokamak est un acronyme qui signifie en russe "chambre toroïdale avec bobines magnétiques". Ce type de chambre magnétique a été inventé par plusieurs physiciens soviétiques dans les années 50, dont les deux prix Nobel, Igor Tamm et Andrei Sakharov. Cette chambre a la forme d'un tore, ou d'une bouée, dotée d'aimants verticaux qui entourent la chambre où est confiné le plasma.

Un projet international public a été organisé, accompagné de nombreuses initiatives privées ou publiques partout dans le monde. Ce projet public, c'est ITER qui signifie en anglais " réacteur thermonucléaire expérimental international" et en latin tout simplement "chemin". Le projet a démarré en 1988, rassemblant 35 pays qui comprennent tous les pays de l'Union Européenne, les États-Unis, la Russie, la Chine, l'Inde, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume Uni et la Suisse.

En 2005, le site de Cadarache, en France donc, a été retenu. La structure en béton qui abritera la machine est désormais achevée et l'assemblage de la machine a déjà commencé. À ce jour, un complexe de trois bâtiments de 60 mètres de haut et de 120 mètres de large a été construit et le tokamak, en construction, pourra accueillir 800 mètres cubes de plasma dans une chambre à vide qui pèse 5000 tonnes. Il faudra y placer de gigantesques aimants pour délimiter la chambre et éviter que le plasma ne rentre en contact avec l'enceinte, tandis que, pour atteindre les 150 millions de degrés nécessaires à la fusion du deuterium et du tritium, plusieurs dispositifs participeront au chauffage du plasma.

Ce plasma est composé de deuterium facilement accessible par distillation, par exemple à partir de l'eau de mer et de tritium, qui n'existe pas à l'état naturel et qui sera produit ailleurs, en attendant de parvenir à le produire directement dans le réacteur. Il est prévu d'obtenir le premier plasma sans fusion aprés 2025 et le premier plasma avec une fusion "deuterium-tritium" en 2035. Aprés ITER, il est prévu en outre de construire un deuxième réacteur, DEMO (Demonstration power plant) qui démarrera en 2050 et qui est destiné à faire la transition avec le passage à la production industrielle.

Ce projet s'inscrit dans l'objectif prioritaire d'arrêt de l'utilisation des ressources fossiles, charbon, gaz et pétrole afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre. Dans ce cadre, la fusion nucléaire a pour objectif d'offrir une solution supplémentaire parmi les différentes solutions, que ce soit les énergies renouvelables comme l'hydraulique, le solaire et l'éolienne ou la fission nucléaire.

C'est donc une option qui n'a sans doute pas vocation à être déployée partout, mais qui pourrait être connectée prés des grandes villes ou dans des bassins industriels. Or, il faut se souvenir que la fusion présente de nombreux avantages par rapport à la fission nucléaire :

- Les réserves de combustibles sont abondantes.

- Il n'y a aucun risque d'emballement ou d'explosion, puisque, si l'on arrête de chauffer le plasma, la réaction cesse.

- Dans un réseau intelligent, les réacteurs à fusion peuvent être allumés ou éteints plus facilement que les réacteurs à fission.

- Les déchets radioactifs sont limités et peu dangereux.

 

Reste à laisser le temps aux chercheurs et aux ingénieurs de surmonter les nombreux défis technologiques qu'entrainent la nécessité d'avoir de très hautes températures dans les chambres de combustion des réacteurs...

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LES PLANTES COMMUNIQUENT!

25 Février 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

LES PLANTES COMMUNIQUENT!

Les plantes ont des sens qui s’apparentent à la vision, à l’odorat ou au toucher. Avec leurs sens, elles perçoivent leur environnement et communiquent, notamment en alertant les plantes voisines ou par l’intermédiaire des champignons organisés en réseaux.

 

Si les plantes n’ont ni yeux ni oreilles, ni cerveau, elles disposent en revanche d’un très grand nombre de photorécepteurs constitués de petites molécules photosensibles enchâssées dans de grosses protéines et présents dans toutes les cellules vivantes de la plante.  

Les végétaux perçoivent ainsi leur environnement lumineux grâce à trois grandes familles de photorécepteurs : les phytochromes, spécialisés dans la perception des radiations rouges et infrarouges, les phototropines dans le bleu et les cryptochromes dans les ultraviolets. Grâce aux phytochromes, la plante distingue les plantes voisines et l’ombre qu’elles peuvent lui faire, ce qui lui permet de déclencher une réponse de croissance adaptée, sous forme de fuite hors de la zone d’ombre.

Les phototropines et les cryptochromes quant à elles, sensibles à la lumière bleue, sont responsables des mouvements d’orientation des plantes vers une source lumineuse. Elles sont également à l’origine du réveil quotidien de la plante, lorsque à l’aube, les premiers rayons lumineux frappent les feuilles.

Les plantes sont également sensibles au toucher. On observe depuis longtemps les feuilles de la dionée qui se referment rapidement sur un insecte ou la sensitive Mimosa pudica, qui replie ses folioles sous la caresse. Toucher une plante régulièrement, la brosser, lui taper sur la tête diminue sa croissance en hauteur et augmente son épaisseur, la rendant plus trapue et solide face aux sollicitations mécaniques.

Les plantes disposent elles-mêmes d’un sens mécanique qui leur permet de percevoir l’orientation de la gravité et donc leur inclinaison par rapport à la verticale : une tige placée à l’horizontale se courbe et se redresse à la verticale à mesure qu’elle croît. Ce sens gravitropique passe par la sédimentation de gros grains d’amidon dans des cellules spécialisées (des statocystes), situées dans les pointes racinaires ou les tiges, à l’image de notre oreille interne qui assure la perception de la gravité à l’aide de petits cailloux de calcaire (les otolithes) pris dans un gel et reposant sur des cils mécanosensibles.

Les plantes disposent aussi de la chémoperception, qui est la perception des substances chimiques en solution (le goût) ou volatiles (l’odorat). Par ces sens, impliquant des récepteurs spécialisés, les plantes attaquées par un herbivore émettent dans l’air des bouquets de senteurs chimiques qui induisent la mise en œuvre de défenses biochimiques dans toutes leurs feuilles, mais aussi chez les plantes voisines non attaquées.

La sensibilité́ des plantes n’est pas uniquement tournée vers l’extérieur. De nombreux signaux circulent également à l’intérieur de la plante et fonctionnent comme des relais d’information des signaux extérieurs. Ce peut être des hormones de croissance, des petites molécules informatives comme des sucres, et même des courants électriques.

Par toutes les cellules vivantes de leur corps, les plantes sont donc sensibles et capables de communiquer. La réaction de la plante à une attaque d’herbivore l’illustre. La feuille grignotée répond à l’agression en synthétisant une kyrielle de substances visant à repousser l’attaquant. Elle se charge notamment de tannins ou d’enzymes perturbant la digestion de l’animal. En outre, de petites substances volatiles sont produites et émises dans l’air, qui sont perçues par les plantes voisines de la plante agressée, lesquelles réagissent en synthétisant à leur tour des molécules de défense préventive.

Mais la communication la plus spectaculaire reste souterraine. En forêt, les racines des arbres vivent en association étroite avec des champignons du sol, formant des organes chimères, les mycorhizes. Les fines racines des arbres sont parcourues par des filaments, les hyphes. Les zones de contact qu’ils établissent avec les cellules végétales des champignons à l’intérieur des racines forment une très grande surface d’échanges que traversent diverses substances de l’arbre vers le champignon et vice versa.

Les mycorhizes constituent des organes de symbiose entre le champignon et l’arbre qui améliorent la nutrition minérale de ce dernier, en augmentant le volume de sol exploré, grâce aux hyphes qui se déploient beaucoup plus largement que les seules racines. Les champignons absorbent l’eau et les éléments minéraux du sol, tout en mobilisant ses ressources grâce à la sécrétion d’enzymes: par exemple, des phosphatases fongiques découpent les polyphosphates du sol en petits phosphates simples qui sont ensuite absorbés par les hyphes et gagnent les tissus conducteurs de l’arbre. Quant à l’arbre, il fournit au champignon une part non négligeable de sa production photosynthétique.

On a même observé que des substances carbonées fabriquées par un arbre se retrouvent dans l’arbre voisin à travers les hyphes des champignons mycorhiziens. Il est vrai que le sol d’une forêt est peuplé de centaines de souches fongiques différentes qui déploient jusqu’à un kilomètre de filaments par centimètre cube de sol. Les filaments des champignons du sol forment ainsi un réseau interconnecté, comparable à un réseau internet. Les substances carbonées émises véhiculent des informations d’une plante à l’autre, qui joueraient un rôle dans la germination et le développement des plantules, comme dans les défense des plantes contre les attaques.

Du fait de cet impressionnant réseau de communication, faut-il attribuer une intelligence aux plantes ? Si l’intelligence consiste à percevoir le monde et y répondre de façon adaptée, les plantes sont intelligentes, au même titre que tous les êtres vivants, bactéries, vers de terre ou êtres humains.

 

Mais n’abusons pas de l’anthropomorphisme, en acceptant tout simplement que les plantes, qu’elles communiquent ou pas, restent des espèces différentes de celles des hommes...

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LA VIE DES PLANTES

10 Janvier 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

LA VIE DES PLANTES

Étudier la vie des plantes, c’est se poser la question de la vie tout court.

 

La question qui a notamment été abordée au travers du livre de Peter Wohlleben, La vie secrète des arbres, dont la thèse fondamentale, même si elle est sans doute excessivement anthropomorphique, consiste à montrer un exemple de « savoir-vivre ensemble » dans la forêt.

L’approche de Peter Wohlleben s’appuie sur les travaux de la microbiologiste américaine, Lynn Margulis qui a montré dans les années 1970 que les cellules eucaryotes (organismes avec un noyau) seraient nées d’une suite d’associations symbiotiques entre différents procaryotes (organismes sans noyaux). La découverte qu’il a fait de l’endosymbiose, avec l’apparition de la cellule eucaryote, ne relève pas de la guerre ou de la compétition, mais d’une symbiose, d’une coopération.

Il s’agit d’une théorie qui a permis à la biologie d’abandonner dans ce cadre le paradigme belliciste, selon lequel la nature serait un espace de lutte de tous contre tous,  en d’autres termes le paradigme de Darwin. Le succès de La vie secrète des arbres réside justement dans un message opposé à celui de Darwin, puisque la collaboration entre les plantes y apparait comme une force créatrice.

En outre, les préoccupations écologiques de la population favorisent le nouvel intérêt qu’elle porte au règne végétal. Conscient de la profonde modification de l’ordre naturel provoquée par l’humanité́, cette dernière serait devenue plus attentive aux autres formes de vie et aux interactions entre espèces, qu’elles soient humaines, animales ou végétales. Il en résulte que la vie des abeilles ou celle des arbres sont devenues des questions politiques.

Il s’y ajoute enfin que, depuis les années 1970, l’humanité a été progressivement obligée de reconnaitre que l’être humain n’était pas le seul à incarner une intelligence. La révolution de l’informatique nous conduit déjà à accepter l’existence d’une l’Intelligence Artificielle dont sont dotées les machines, mais on a aussi attribué des formes d’intelligence à des espèces animales de plus en plus nombreuses. Demain, ce sera au tour des bactéries d’être reconnues comme intelligentes, si l’on se fie aux recherches du neurobiologiste Antonio Damasio.

Il restait donc à reconnaitre que les plantes avaient, elles aussi, une forme d’intelligence. Le pas a été́ franchi par Stefano Mancuso, l’un des fondateurs de la neurologie végétale avec František Baluška, de l’université́ de Bonn.

Cet élargissement du concept d’intelligence nous invite à renouveler notre pensée sur les plantes.

Ainsi, dans La vie des plantes, Emmanuelle Coccia avance que l’être humain ne pourra jamais comprendre une plante sans avoir compris ce qu’est le monde. Car les plantes sont à̀ l’origine de notre monde, en contribuant à̀ produire massivement l’oxygène de l’atmosphère, et donc à̀ rendre la Terre habitable tout en constituant le premier maillon de la chaîne alimentaire.

Si bien que le monde est beaucoup plus végétal qu’animal, sachant que la plante est bidimensionnelle alors que l’animal est tridimensionnel.  En effet, toute la vie des plantes se passe en surface, ces dernières ayant tendance à se développer à l’infini, tandis que les corps animaux produisent des espaces intérieurs et que le corps animal ne commence sa reproduction qu’à la fin de sa période de croissance tandis que le corps végétal ne cesse de s’accroitre, avec des organes reproducteurs temporaires.

La plante, observe Emmanuelle Coccia, ce sont des feuilles, des racines et des fleurs. La feuille est la partie la plus importante d’un végétal puisque c’est par elle que s’accomplit la photosynthèse, tandis que la racine, tout en permettant à la plante de vivre à la fois dans deux milieux, aérien et souterrain. n’est pas aussi importante, puisqu’elle est apparue très tardivement dans l’évolution du règne végétal.

La fleur, quant à elle, incarne l’intelligence des plantes au sens où elle insuffle de la forme à de la matière, à partir des graines qu’elle produit, ces graines qui constituent le lieu de mélange des gènes lors de la reproduction.

 

Concluons donc avec cette symbolique du mélange, qui fait de chaque être vivant, humain, animal, végétal, un organe de la Terre, indissociable de ses autres organes…

 

BIBLIOGRAPHIE :

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