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Le blog d'André Boyer

philosophie

ELIMINER L'EXCÉS DE DIOXYDE DE CARBONE

9 Février 2018 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

ELIMINER L'EXCÉS DE DIOXYDE DE CARBONE

 

Éliminer l’excès de CO2 demande de produire de l’énergie « propre », de réduire les gaspillages de sa consommation et, à la limite, d’agir directement sur le climat de la Terre.   

 

Lorsqu’on pense énergie propre, en dehors des turbines hydrauliques de toujours, on constate le succès des panneaux photovoltaïques, qui permettent, avec seulement 30 m², de répondre à la demande d’un ménage moyen dans le Nord de l’Europe, et avec bien sûr beaucoup moins de surface dans le Sud.

On observe aussi l’installation de turbines éoliennes, qui, malgré leurs nuisances, offrent la possibilité d’obtenir de fortes puissances instantanées. À ces moyens en fort développement, il faut ajouter la biomasse, constituée de diverses matières organiques comme le bois, la paille, le blé ou le maïs, l’énergie des vagues et des marées et la géothermie.  

Mais, à moins de couvrir la Terre de panneaux photovoltaïques, la seule énergie abondante, tout en étant neutre en CO2, reste celle issue de la fusion et de la fission nucléaires, avec de nouvelles générations de réacteurs en cours d’installation ou d’expérimentation. Je reviendrai prochainement sur ce sujet curieusement négligé dans un pays où pourtant l’énergie nucléaire domine.

Disposant d’énergie « propre », il est nécessaire de bien l’utiliser, à commencer par l’organisation d’un réseau électrique plus rationnel, que l’on appelle smart grid, avec des  composants du réseau électrique qui communiquent entre eux afin d’équilibrer  l’offre et la demande. Cette organisation du réseau est en marche en Europe. On peut y ajouter la fabrication de produits moins nocifs pour l’environnement et moins consommateurs d’énergie, grâce notamment à leur recyclage.  

Mais puisque le CO2 continue à augmenter inexorablement dans l’atmosphère, on cherche à le stocker, dans des champs gaziers vides ou dans les fonds marins. Ces solutions provisoires devraient un jour laisser place au geo-engineering, qui consiste à intervenir directement dans la marche de la planète Terre. À cet égard, on projette de modifier l’albédo (le pouvoir réfléchissant) de la Terre en créant des nuages stratus au-dessus d’une grande partie de la surface des océans ou de la refroidir en projetant, comme lors des éruptions volcaniques, de grandes quantités de dioxyde de soufre (SO2). 

On prévoit aussi d’agir sur le système biologique de la Terre par la plantation d’arbres, par l’engraissage des algues océaniques par du fer ou en procédant à  la synthèse directe de la nourriture par des matières premières anorganiques.

On envisage enfin de tenter de réduire la quantité d’énergie que la Terre reçoit du soleil, en installant dans l’espace un grand écran solaire ou des ballons stratosphériques réfléchissants.

 

Tous ces projets montrent a minima que l’humanité n’est pas sans idées face à la nuisance qu’elle a elle-même créée, ce qui rassure sur ses perspectives de survie à long terme…

_______

 

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LIMITER LE RÉCHAUFFEMENT DU CLIMAT

5 Février 2018 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

LIMITER LE RÉCHAUFFEMENT DU CLIMAT

 

Pour que l’humanité parvienne à limiter le réchauffement de la planète, il lui faut réduire les émissions de gaz à effet de serre.

 

 

Parmi les activités humaines qui provoquent l’émission de gaz à effet de serre, 60 %, proviennent du CO2 dégagé lors de la combustion des carburants fossiles pour la production d’électricité, les transports, les processus pétrochimiques et industriels et le chauffage. Il s’y ajoute la déforestation, qui est responsable de 15% des émissions de gaz à effet de serre.

Ce constat a conduit la communauté internationale à se manifester à plusieurs reprises, après le rapport fondateur du Club de Rome (1972) : 

  • En 1992, une Conventioncadre des Nations Unies sur les changements climatiques a été approuvée à Rio de Janeiro, sans objectif quantitatif et timing précis.
  • En 1997, le Protocole de Kyoto a permis de prendre des engagements stricts. Il est entré en vigueur en février 2005, a été ratifié par 193 pays, mais n’a été que partiellement respecté, notamment par  les Etats-Unis, qui sont de loin, on s’en doute, les plus gros pollueurs avec la Chine. 
  • En 2015,  196 pays sur les 197 que compte l'ONU ont signé ou se sont engagés à signer l'accord de Paris sur le climat, ce qui fait que ce texte est le plus largement signé de l'histoire de l'humanité. L'accord prévoit de contenir le réchauffement climatique « bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels » et de diminuer les émissions des gaz à effet de serre durant les années 2150-2200 jusqu’à un niveau qui permettra de les absorber par les puits de carbone (forêts, océans, techniques de capture et stockage du carbone). Les critiques de l’Accord de Paris soulignent l’irréalisme de ses objectifs, car la  probabilité de limiter le réchauffement climatique à 2 °C d’ici 2100 serait faible, et l’insuffisance des moyens, étant donné que l’accord n'est que partiellement contraignant du point de vue juridique.

Pour la mise en œuvre de ces accords, un certain nombre de moyens doivent être en effet mobilisés pour réduire l’empreinte humaine sur le climat.

On peut répertorier des domaines d’intervention possibles sur le style de l’humanité :

  • L’évolution de l’alimentation, qui devrait donner la préférence aux produits locaux, frais et de saison, en évitant les cultures en serres chauffées, la réfrigération et le conditionnement. Il s’agit aussi de réduire la quantité de viande consommée, puisque 18 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont dus à l’élevage du bétail, alors qu’il faut en moyenne 7 kg de céréales pour produire 1 kg de viande. On est loin de tout ça.
  • Ensuite, réduire les émissions de CO2 dues au transport, qui est responsable de 14 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, parmi lesquelles le transport routier compte pour 70 %. Alors que l’émission moyenne de CO2 d’un Français pour assurer sa mobilité est de 3 125 kg par an, un voyage en avion de Paris à New York représente à lui seul 3 880 kg de CO2 par personne, équivalent de 20 000 km de conduite en voiture. Les voitures électriques sont conçues pour réduire ces émissions, en attendant que les navires et les avions limitent leurs propres émissions
  • De plus les habitations et les bureaux peuvent aisément réduire leur consommation énergétique en mazout, en gaz naturel et en électricité grâce à de meilleures isolation et organisation. À cet égard, la croissance folle de la climatisation en Chine ne laisse d’inquiéter. Il s’y ajoute le développement d’Internet, l’accumulation des Big Data participent de plus en plus à la consommation de l’énergie et donc à la diffusion des gaz à effet de serre, puisqu’il est désormais générateur de plus de 10% de la consommation d’énergie électrique.

 

Les pistes ne manquent donc pas, du côté des consommateurs, pour réduire la consommation des gaz à effet de serre, sans entrainer des effets trop négatifs sur le cadre de vie humain. Dans le même temps, il s’agit d’accroitre la production d’énergie propre, de rationaliser sa consommation ou, à défaut d’agir carrément sur le climat.

À SUIVRE

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LE CLIMAT FUTUR

1 Février 2018 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

LE CLIMAT FUTUR

 

La température est en train de s’accroitre, que les raisons soient anthropologiques ou pas. Il reste donc à en saisir les effets.

Pour interpréter le changement climatique actuel, les scientifiques analysent l’histoire du climat en se fondant sur l’évolution des anneaux des arbres, du corail, des sédiments ou des gaz résiduels piégés dans la glace de l'Antarctique.

Le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) n’est pas en mesure de prévoir l’augmentation de la température de la Terre au cours de ce siècle, puisqu’il fournit une prévision de croissance avec un écart considérable, de 0,3 à 4,8oC.

On peut en conclure que la température continuera plus ou moins à augmenter et les conséquences seront plus ou moins fortes selon le niveau d’accroissement de cette température. Ces dernières seraient de quatre ordres, à savoir des phénomènes climatiques extrêmes, des saisons plus instables, la montée du niveau de la mer et la fonte des glaciers :

  • Des phénomènes météorologiques extrêmes : les cyclones tropicaux, dont on a observé les effets en 2017, devraient  s'intensifier en raison de l'augmentation de la température des océans. Déjà, en 2005 on avait observé quatre ouragans de catégorie 5, dont Katrina et ses 700 morts aux Etats-Unis. La même année, l'Europe a connu son  premier ouragan dans la péninsule ibérique.
  • Des saisons plus instables : le printemps commence de plus en plus tôt dans l’hémisphère Nord, provoquant l’arrivée précoce de la floraison et de la nidification des oiseaux, ainsi que l’allongement de la période de croissance des plantes. Si le réchauffement du climat a un impact positif sur les récoltes dans les latitudes élevées, il a au contraire un impact négatif sur les rendements plus au sud. De plus les espèces se déplacent plus au nord, avec l’irruption de nouvelles espèces nuisibles.
  • Le niveau des mers va continuer à s'élever, ce qui menace de nombreuses zones côtières, comme le Bangladesh et des îles de l'océan Pacifique et de l'océan Indien, comme l’archipel des Tuvalu et les Maldives. Sur les côtes, les mangroves sont menacées par l'élévation rapide du niveau des océans.
  • Le réchauffement des océans met en danger la faune et la flore marines, dont le corail, en provoquant une modification de la répartition géographique des espèces. Le réchauffement des eaux marines et l’absorption du COde l’atmosphère provoque la croissance du phytoplancton, mais menace les organismes marins producteurs de calcaire, en raison de la baisse du pH de l’eau de mer.
  • La fonte des glaciers,  amorcée depuis 1850, à la fin du petit âge glaciaire, s’accélère. Elle risque d’occasionner des inondations ainsi que des pénuries d’eau, car 70 % de l'eau douce de la Terre est gelée. Ainsi les glaces de l’Himalaya alimentent sept grands fleuves, dont l’Indus, le Gange, le Mékong et le Yang-Tseu-Kiang. De plus, Le pergélisol, un sol sibérien d’une surface d’un million de  km2,jusqu’ici gelé en permanence, est en train de dégeler. Cette fonte provoque la libération de milliards de tonnes de méthane, un puissant gaz à effet de serre qui contribue à un nouvel accroissement de la température terrestre. 

 

 

Toute une série de modifications de l’environnement humain sont donc en cours, qui sont en majorité négatives. Il reste à les atténuer ou à se préparer aux conséquences.

 

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L'INTERVENTION DE L'HOMME DANS LE CLIMAT

27 Janvier 2018 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

L'INTERVENTION DE L'HOMME DANS LE CLIMAT

 

S’il y a toujours eu des changements climatiques au cours de l'histoire de la Terre, l'augmentation récente de la température de l'atmosphère et de la quantité de gaz à effet de serre est inédite.

En effet la température moyenne de la Terre  a augmenté de 0,85°C depuis 1880, alors que depuis dix mille ans, la température globale est restée relativement stable. Même si on ne sait pas encore dans quelle proportion cette augmentation de température doit être attribué à des causes naturelles ou à l’activité humaine, on peut attribuer en partie le réchauffement actuel de la Terre à la révolution industrielle, puisque depuis deux siècles l'homme brûle à grande échelle des combustibles fossiles comme la houille, l'essence, le diesel, le mazout et le gaz naturel qui tous libèrent du CO2 dans l'atmosphère.

De même, la concentration en CO2 dans l'atmosphère est passée  de 280 ppm (parties par million) en 1850 à environ 400 ppm aujourd'hui, soit une augmentation de près de 40% en un siècle et demi. On sait que cette concentration accrue de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, que n’arrivent pas à absorber les océans et la biomasse, renforce l'effet de serre naturel par un effet de serre anthropique.

Le problème est que l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère provoque un effet de serre en spirale : il entraine en effet une augmentation de la température de la Terre et cette dernière provoque à son tour une augmentation du CO2 qui entraine à son tour une augmentation de la température et ainsi de suite. Il ne suffit donc pas d’arrêter d’envoyer du CO2 dans l’atmosphère, il faut inverser le processus en réduisant la proportion de CO2 pour parvenir à stabiliser  la température de l’atmosphère.

Or l’homme injecte actuellement chaque année 30 giga tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Une partie de ce CO2 est absorbé par les océans mais en provoquant leur acidification et une autre partie est transformée en biomasse via la photosynthèse par des forêts dont la surface est en voie de réduction. Or le CO2 n’est pas le seul gaz à effet de serre.

Déjà la vapeur d’eau provoque naturellement un effet de serre, mais il faut y ajouter le méthane, le protoxyde d’azote, l’ozone et les CFC.  

Le méthane est libéré par l’extraction du pétrole et du gaz, les incendies volontaires des forêts tropicales, la fermentation des décharges organiques, la riziculture et la fermentation de la nourriture absorbée par les ruminants. Il en résulte que la concentration du méthane a plus que doublé depuis le début de la période industrielle. Or, en tant  que gaz à effet de serre, le méthane est vingt fois plus puissant que le CO2, si bien qu’on lui attribue 15% du réchauffement de la Terre depuis un siècle.

Le protoxyde d’azote (NO2) est libéré lors de l’inflammation de combustibles fossiles et par la production et de l’utilisation des engrais chimiques. Son potentiel de réchauffement est considérable, puisqu’il est 310 fois plus élevé que celui du CO2.  Plus rare que le méthane, il se maintient en revanche beaucoup plus longtemps dans l’atmosphère, un siècle et demi contre dix ans pour le méthane.

Le rôle de l’ozone (O3) dans le réchauffement climatique varie en fonction de l’altitude à laquelle on le trouve. Dans la troposphère, c’est un gaz à effet de serre, nocif pour la vie en cas de fortes concentrations, alors que dans la stratosphère, il protège la Terre contre les rayonnements ultraviolets du Soleil. En 1985, on a découvert un trou dans cette couche d’ozone qui avait été dégradée par les CFC (chloroflurucarbones) au dessus de l’Antarctique. Les gaz à effet de serre de la famille des CFC, avaient en effet un potentiel de réchauffement considérable ; celui du dichlorotrifluoroéthane était dix mille fois plus important que le CO2, où il persiste quelques milliers d'années dans l'atmosphère avant d'être dégradé…

Aussitôt, l’usage des CFC a été interdit par le protocole de Montréal, mais la couche d’ozone n’a pas encore été réparée, ce qui continue à accroitre la température de la Terre et, par un nouvel effet en spirale, à ralentir la réparation de la couche d’ozone.

 

Il ne fait donc aucun doute, sauf pour ceux qui pensent que l’homme, par nature, n’a aucune responsabilité vis à vis de son environnement, que l’activité industrielle a un impact de plus en plus significatif sur l’atmosphère terrestre, sa température et sa composition.

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LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

23 Janvier 2018 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

La Terre, tout au long de l'histoire de son histoire, a connu des changements climatiques, qui ont toujours été imputables à des causes naturelles jusqu’à l’avènement de l’agriculture, il y a dix mille ans. Or, depuis trois siècles, ce rôle de l’humanité dans le changement climatique s’est accru, du fait du développement industriel.

Le système climatique est un réseau complexe d'interactions entre l'atmosphère et les océans. L’atmosphère, avec ses courants, ses turbulences et ses stratifications, est composée d'un mélange de gaz et de quelques matières solides d’origine naturelle ou humaine, appelés aérosols. On sait que, pour sa part, le gaz est composé au niveau de la mer à 78% d'azote gazeux et à 21% d'oxygène gazeux, le 1% restant étant représenté par des gaz rares, de la vapeur d'eau, de l’ozone et des gaz à effet de serre. Ce sont les variations de ce 1% qui contribuent actuellement à modifier la température de l’atmosphère terrestre.  

La température moyenne à la surface terrestre dépend à la fois de la quantité de rayonnement solaire et de la quantité de chaleur retenue par l'atmosphère. Une partie de l’énergie solaire  est réfléchie par l'atmosphère et la surface terrestre, c’est ce que l’on appelle l’effet albédo. La  neige fraîche possède un albédo de 80 à 95%, les nuages de 40 à 90%, les prairies de 25% à 30%, les forêts de 10% à 20%, mais en moyenne, la Terre possède un albédo de 30 à 35% alors que la Lune, avec sa surface composée de roches volcaniques, a un albédo de seulement 7%, ce qui signifie qu’elle absorbe beaucoup plus de rayonnements solaires que la Terre.

Sur la Terre, entre les rayonnements entrants et sortants, s’établit un équilibre qui y maintient une température moyenne plus ou moins constante dans le temps autour de 15 degrés, alors que, s’il n’y avait pas d’atmosphère, la température moyenne serait de moins 18°C.

Cependant, au cours des 4,6 milliards d’années de l’histoire de la planète, de grands changements climatiques ont eu lieu : il y a cent millions d’années, des dinosaures vivaient eu Europe dans un environnement tropical, alors qu'il y a quinze mille ans une calotte glaciaire s’étendait en  Europe jusqu’au nord des Pays-Bas.

Ces changements climatiques s’expliquaient alors par des causes naturelles, comme les éruptions volcaniques qui envoient très haut dans l’atmosphère des poussières et des particules de soufre. En 1991 par exemple, l’éruption du volcan Pinatubo aux Philippines a empêché le réchauffement de l’atmosphère pendant trois ans.

De même, l’impact d’une météorite dans le Yucatan a creusé  un cratère de 180 kms de diamètre et provoqué  un gigantesque tsunami à l’époque des dinosaures, provoquant, selon une théorie la disparition brusque des dinosaures.

Parmi les phénomènes naturels qui impactent le climat, il faut aussi citer les courants marins. Le célèbre El Niño, qui décrit le réchauffement d’eaux habituellement froides le long de la cote ouest de l’Amérique du Sud, intervient certaines années à la période de Noël, d’où le nom  d’El Niño, l’Enfant Jésus. Ses effets se manifestent jusqu’en Australie et en Asie du Sud Est, où il entraine une forte sécheresse, avec des récoltes réduites et des incendies de forêt.

Pour être complet, la rotation de la Terre elle-même varie sur son orbite, ce qui, selon la théorie de Milankovitch, expliquerait les passages successifs de périodes glaciaires à des périodes interglaciaires au cours des deux millions et demi d’années passées et enfin le nombre de taches solaires influe aussi, de façon limitée semble t-il, sur le climat sur la Terre.

Or, chaque modification du système climatique peut générer des mécanismes de rétroaction, ce qui peut provoquer une réaction en chaîne. Par exemple, lorsque la température moyenne augmente, il y a plus de vapeur d’eau dans l'atmosphère ce qui génère un effet de serre supplémentaire qui provoque à son tour un nouvel accroissement de la température. Et ainsi de suite.

 

C’est pourquoi on peut penser que l’intervention de l’homme est susceptible de provoquer des changements de climat incontrôlables.

 

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DER WANDERER

31 Décembre 2017 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

DER WANDERER

 

 

Déjà le joyeux murmure du moulin de mon père avait repris, et sa roue s’était remise à ronronner. La neige gaillardement dégouttait du toit. Les moineaux, de leurs gazouillis et de leurs ébats, s’associaient à toute cette activité. Quant à moi, assis sur le seuil, je me frottais les yeux pour en chasser le sommeil. Dieu ! Que je me sentais bien, au chaud sous le soleil.

 

C’est alors que mon père sortit de la maison, le bonnet de nuit de travers : depuis l’aube il n’avait cessé de s’agiter dans le moulin.

  • Hé, le propre à rien, me dit-il. Te voilà encore à te prélasser au soleil, tu t’étires à te rompre les os et tu me laisses toute la besogne ! Le printemps s’annonce, toi aussi sors un peu de ta coquille et va-t’en de par le monde gagner ton pain toi-même !
  • Bon, fis-je. Si je suis un propre à rien, je m’en vais courir le monde et y chercher fortune.

Ainsi commence le voyage du Wanderer depuis l’Allemagne, un vagabond qui part sans trop savoir où cela le mènera. Il n’a pas peur de prendre des chemins qui le conduisent loin, très loin par-delà les sommets, hors du monde, vers un pays mythique, l’Italie, le pays où poussent les oranges…

Pour tout viatique, il porte une grande veste, avec d’énormes poches dans lesquelles il stocke linge, rasoir et trousse de voyage. Il ajoute à ses bagages un violon qui lui permet de gagner un peu d’argent ou de nourriture.

Quand les autres rentrent chez leurs parents, les uns à cheval, les autres en voiture, je vais par les rues, mon instrument sous le manteau, je sors de la ville, et le monde tout entier m'est ouvert.

Il s’arme d’une vision optimiste du monde qui lui fait dire que, non, voyager comme les autres ne me tente pas le moins du monde : chevaux, café, draps frais, bonnets de nuit et tire-bottes, le tout commandé d’avance ! Alors que ce qui est magnifique, c’est justement de sortir de bon matin quand les oiseaux migrateurs passent haut dans le ciel et de ne pas savoir le moins du monde quelle cheminée fume déjà pour moi, ni à quelle aubaine m'attendre avant le soir.

Evidemment, il a parfois des doutes, des angoisses, des moments de dépression : brusquement, le monde me parut effroyablement vaste, et moi si perdu que j'en aurais pleuré toutes les larmes de mon cœur. Puis il reprend courage lorsque le calme revient dans sa tête pour observer que du reste, c’était un plaisir de marcher là, avec les feuillages qui murmuraient et le chant merveilleux des oiseaux. Je laissai donc à Dieu le soin de me guider, sortis mon violon et jouai d’affilée tous mes airs préférés.

Il lui arrive même de trouver un coche et de la compagnie et le voilà soudain tout revigoré: adieu donc, moulin, château, portier ! Cette fois nous roulions si vite que le vent me sifflait aux oreilles. A droite, à gauche, villes, villages, vignobles filaient à vous faire papilloter les yeux. A l’arrière, les deux peintres dans la voiture, devant, quatre chevaux et un superbe automédon. Et moi, juché tout là-haut sur le siège, à qui il arrivait de rebondir d’une aune.

Puisque son père l’a jeté sur les routes, il trouve que les valeurs de son milieu ne sont décidément pas bonnes : Il me suffirait d’être sobre, de ne pas regarder à la peine, de n’avoir point envie de traîner ni de me livrer à des activités futiles ou ne rapportant pas de pain si je voulais parvenir, avec le temps, à quelque chose.

Car on lui avait surtout appris à obéir.

Désormais, il ne se contente plus d’apprendre sans réfléchir ce que l’on cherche à lui inculquer, il regarde par lui-même, il observe : laissons les autres repasser leurs manuels ! Quant à moi, j'étudie dans le grand livre d’images que le bon Dieu a ouvert tout grand pour moi, la nature.

Ce n’est pas le moment d’avoir peur du présent, et de l’avenir. Sa liberté a un prix, il le sait, aussi le mieux est-il de s’en faire une philosophie. Qui sait de quoi demain est fait ? Poule aveugle trouve parfois son grain ; rira bien qui rira le dernier ; les choses arrivent quand on s’y attend le moins; l’homme propose, et Dieu dispose…

De plus, le Wanderer ne sait pas toujours où il est: à mon réveil, les premiers rayons de l’aurore jouaient déjà sur le tissu vert de mon baldaquin. Impossible de me rappeler où je pouvais bien être.

Et il finit par arriver à Rome, la ville rêvée, pareille aux nuages que je voyais passer au-dessus de moi, avec des monts et des gouffres prodigieux au bord d’une mer bleue, et des portes d’or, et de hautes tours étincelantes en haut desquelles chantaient des anges en robes dorées.

En vrai, il découvre une ville superbe : le soleil matinal jouait sur les toits et jetait mille feux dans les longues rues silencieuses : cette vue m’arracha un grand cri d’allégresse et je bondis sur le trottoir au comble de la joie.

C’est très beau Rome, il flâne un peu de-ci, de-là, pour voir le monde, mais le voilà lancé avec les bottes de sept lieues qui en quelque sorte me chaussent dès l’enfance, avec lesquelles je fonce droit et sans plus de façon sur l’éternité.

Certes, chacun s’est fait son petit coin sur terre, avec son poêle bien chaud, sa tasse de café, sa femme, son verre de vin le soir, bref tout va comme il veut !

Mais moi, je ne suis bien nulle part.

J’ai toujours l’impression d’être arrivé trop tard et d’être nul et non avenu en ce vaste monde.

......

Le monde est trop étroit pour lui, l’éternité trop courte…

 

D’après « Scènes de la vie d’un propre-à-rien », Joseph von Eichendorff (1826) qui a aussi inspiré la fantaisie Wanderer et le Voyage d’Hiver de Schubert, ainsi que le tableau reproduit ci-dessus de K.D. Friedrich, le Wanderer.

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LE ROYAUME-UNI VEND LES IDÉES D'ADAM SMITH

14 Novembre 2017 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

LE ROYAUME-UNI VEND LES IDÉES D'ADAM SMITH

 

Au Royaume Uni, les lois mercantilistes (voir mes deux derniers billets) ont été progressivement supprimées après l'élimination de la suprématie hollandaise sur le commerce maritime contre laquelle elles avaient été conçues, pour être remplacées par le libre-échange et le « laissez-faire », des pratiques qui vont être opportunément confortées par les travaux d'Adam Smith.

 

Philosophe et économiste écossais, Adam Smith (1723-1790) s’est en effet imposé comme le père des sciences économiques actuelles, qui sont encore et toujours fondées sur le libéralisme. Son ouvrage, en abrégé La Richesse des Nations (1776), constitue une synthèse des idées de son temps, mais il offre surtout au Royaume Uni une voie du développement correspondant précisément à sa structure politico-sociale comme à sa position désormais dominante parmi les États européens.

En effet Adam Smith avance sept principes qui favorisent tous l’économie du Royaume-Uni par rapport au reste du monde.

Au préalable, il commence par critiquer l’idée que la richesse provienne de la possession de l’or, de l’argent et des pierres précieuses, enfonçant en l’occurrence une porte ouverte puisqu’il ne fait qu’emboiter le pas à la plupart des mercantilistes de son époque.  Néanmoins, sa critique tombe bien pour le Royaume Uni, puisqu’il se trouve que le pays ne contrôle pas de colonies qui fournissent des métaux précieux en abondance.

En conséquence, selon un premier principe, Adam Smith avance que la richesse des nations ne se confond pas avec celle des princes mais concerne ce qu’il appelle la "totalité" de la nation. Cela tombe encore bien pour le Royaume Uni, où le pouvoir est détenu par une oligarchie et non par le Prince, d’autant plus qu’il entend par "totalité" la bourgeoisie rurale et urbaine. Il considère en effet, suivant en cela la position des mercantilistes, que les travailleurs ruraux et industriels ne doivent disposer que du minimum vital. 

La richesse collective ainsi définie, il en résulte, selon un deuxième principe, que celui qui s’enrichit personnellement enrichit la nation toute entière. Il faut bien noter que cet égoïsme bénéfique pour « toute » la société ne concerne que les entrepreneurs et les rentiers, puisqu’Adam Smith divise la société en deux parties, celle des entrepreneurs, dirigeante, active, créatrice, et celle des travailleurs, soumis passifs, obéissants, qui ne sont que des moyens de production dont il faut tirer le maximum. L'utilité des rentiers fera ultérieurement l'objet de débats.

Puis, selon un troisième principe qui s’avère définitif, Adam Smith introduit le mécanisme de la concurrence  qui contraint les producteurs à offrir ce dont la société a besoin au prix le plus bas possible. Les deuxième et troisième principes se combinent pour aboutir au quatrième principe, magnifiquement formulé par Adam Smith : « L’individu est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions ». Cette idée du bien commun résultant des efforts égoïstes était dans l’air du temps, puisque Montesquieu et Turgot l’avaient déjà exprimé mais Adam Smith a eu le mérite de trouver une formule qui faisait mouche.

Le principe de la concurrence inspire encore à Adam Smith un cinquième principe sur l’organisation d’une production efficace du point de vue économique, qu’il illustre magnifiquement l’exemple du fonctionnement d’une manufacture d’épingles, qui constituera, encore, un siècle et demie plus tard, la base du modèle fordiste de production.

Son idée consiste à diminuer le coût du travail par la division du travail, qui permet d’obtenir une productivité accrue des travailleurs en les confinant dans une étape étroite du processus de production. Il faut observer que l’entrepreneur est d’avance excusé pour la dureté des conditions de travail qu’il impose aux travailleurs, du fait de la concurrence qui l’excluerait du marché s’il ne parvenait pas à obtenir le coût de production le plus bas possible. Ce principe est particulièrement moderne, puisqu’aujourd’hui encore la mondialisation justifie l’automation et les délocalisations du fait de la pression concurrentielle.  

Finalement, Adam Smith ajoute deux autres principes relativement mineurs par rapport au cœur de sa pensée, le sixième principe d’une  croissance de la richesse qui provient de l’accumulation de l’épargne, cette dernière  permettant d’acquérir des machines qui accroitront la productivité du travail, machines pour la fabrication desquelles le Royaume-Uni a justement pris de l’avance sur l’ensemble du monde. Mais, observe Adam Smith, encore faut-il que la liberté internationale et intérieure du commerce soit assurée. Principe opportun, puisque le commerce international profite au Royaume Uni. Comme il faut convaincre les autres nations d'ouvrir leurs frontières, il y ajoute un septième principe, celui de l’avantage comparatif qui permet à la nation la plus désavantagée de tirer tout de même avantage du commerce international, un argument qui sera perfectionné ensuite par David Ricardo.

En résumé, selon Adam Smith le marché concurrentiel fournit le produit adapté à la demande au plus juste prix. Ce prix baisse d’autant plus que les ouvriers, aidés par les machines, ont été spécialisés. Pour que ce marché croisse en volume, il faut la liberté du commerce. À la suite d’Adam Smith, trois économistes anglais, Thomas Malthus, David Ricardo et John Stuart, enfonceront encore plus le clou de la liberté du commerce et de la concurrence, approuvés par deux économistes français, Jean-Baptiste Say et Frédéric Bastiat. Karl Marx, de son côté, se servira de la valeur travail définie par Ricardo pour proposer un système économique diamétralement opposé.

Cependant la grande majorité des économistes, plus encore aujourd’hui qu’hier, s’accordera à chanter les louanges du concept de marché proposé par Adam Smith, admettant qu’il ne s’agissait pas simplement de l’ensemble des principes qui convenait à la bourgeoisie anglaise du XVIIIe siècle, mais qu’il constituait miraculeusement, du fait de sa géniale intuition, le mécanisme de base de toute société, où que ce soit dans le monde. Il fallait simplement veiller à lutter contre ses imperfections, ce qui constitue encore aujourd’hui l’alpha et l’oméga de la politique économique de l’Union Européenne.

Magnifique pédagogue, Adam Smith, s’avéra un excellent  propagandiste du « modèle » anglais : l’idée selon laquelle la recherche du profit individuel se faisait au profit de la nation toute entière devint le dogme de la bourgeoisie  britannique, qui y trouva la justification dont elle avait besoin pour s’enrichir sans contraintes aux dépens des ouvriers anglais, des colonies du Royaume-Uni et de toutes les autres nations.

 

Le succès du système impérial britannique imposa au monde l’idée qu’Adam Smith avait trouvé dans les comportements de ses concitoyens les ressorts d’un système universel.

Et on le croit toujours…

 

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LES PRINCIPES MERCANTILISTES

29 Octobre 2017 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

LES PRINCIPES MERCANTILISTES

 

Vous voudrez bien retenir que le principe qui sous-tend cet article est que le pouvoir s’impose à la théorie et non l’inverse. C’est pourquoi, jusqu'au XVIe siècle, la réflexion économique en Europe était fondée sur la doctrine chrétienne, élaborée presque exclusivement par les penseurs scolastiques.

 

Inspirées par les pensées d'Aristote et Platon et encadrées par l'Église, les conceptions économiques d'alors dénonçaient, suivant en cela Aristote, l’accumulation des biens motivée pour son plaisir personnel. Si la chrématistique, qui est la gestion et la négociation des affaires d’argent, était observée, c’était avec un esprit critique. L’échange d’argent était toléré lorsque la communauté (l'oïkos) n’était pas en mesure de s’auto suffire, mais il était condamné lorsque la motivation était l’accumulation de richesses. Aristote justifiait cette position en affirmant que l’homme était fait pour vivre en communauté alors que  l’accumulation de l’argent était un moyen pour l’individu de prendre le contrôle de la communauté. On ne peut qu’observer, sur ces deux points, que ses analyses n’ont pas vieilli…

L’Église catholique, notamment par l’entremise de Saint Thomas d’Aquin, reprenait les critiques d’Aristote, mais les mercantilistes prirent le contrepied de cette approche traditionnelle, en exaltant au contraire le développement des marchés et du commerce, pilotés qu’ils étaient  par les princes et les marchands.

Entre 1500 et 1750, les économistes mercantilistes exprimèrent des doctrines variées, selon le temps et le lieu, mais on peut néanmoins retenir quelques uns de leurs principes centraux:

- Le commerce extérieur était un enjeu de puissance : comme le système économique était vu par les mercantilistes comme un jeu à somme nulle, le commerce intérieur n’avait que peu d’effet sur la richesse nationale, ce qui justifiait la priorité accordée au commerce extérieur.

- La recherche de la richesse était un but national : les premières théories mercantilistes étaient bullionistes, ce qui signifiait qu’un pays riche était celui qui accumulait de l’or et de l’argent. En conséquence, tous les pays européens, à commencer par l’Espagne et le Portugal, possesseurs des mines en Amérique, prohibèrent l’exportation des métaux précieux et comme le commerce international restait le moyen privilégié de les acquérir, il revint à l'État d’exporter suffisamment pour obtenir une balance commerciale excédentaire d’or et d’argent. En outre, les bullionistes prescrivirent des taux d'intérêt élevés pour encourager les investisseurs à placer leur argent dans le pays.

- La notion de richesse évolua au XVIIe siècle : les mercantilistes élargirent leur définition de la richesse d’un pays en y ajoutant l’ensemble des biens nécessaires à ses habitants : « La vraye richesse d'un Royaume consiste dans l'abondance des Denrées, dont l'usage est si nécessaire au soûtien de la vie des hommes, qu’ils ne sçauroient s’en passer » (Sébastien Le Prestre de Vauban, Projet d’une dixme royale, 1707, p. 77-78).

L'objectif d'une balance commerciale excédentaire fut maintenu, qui pouvait désormais être obtenu grâce à la transformation de biens importés : le principe consistait à importer des matières premières, comme du coton, pour pouvoir exporter des produits transformés, comme du drap. Désormais les mercantilistes prônaient l'interdiction de l'exportation de matières premières brutes pour favoriser le développement d'industries manufacturières exportatrices. De plus, comme l’établissement d’industries manufacturières nécessitait d’importants capitaux, ils recommandaient la suppression des restrictions contre l'usure, mais restaient divisés quant à l’efficacité des monopoles ou  de la mise en place de quotas et de plafonnement des prix. Quels ne sont pas, aujourd’hui, les pays qui restent plus ou moins ouvertement mercantilistes ?

- Les travailleurs devaient être payés au niveau de revenu qui leur permettait de survivre et rien de plus, afin de maximiser les revenus des investisseurs, un principe toujours d'actualité... 

Au nom de cette maximisation, on vit Colbert faire travailler des enfants âgés de six ans dans les manufactures d’État et on obtint au Royaume Uni, même après la période mercantiliste, les Poor Laws, dont la célèbre loi de Speenhamland en vigueur de 1795 à 1834, qui, sous couvert de charité, permettait de rémunérer les travailleurs au-dessous du seuil de survie. Cette loi était destinée à amortir le choc social de l’éviction des paysans de leurs terres afin d’élever les moutons nécessaire à l’industrie du tissage de la laine.

 

Si la théorie mercantiliste s’imposa entre le XVIe et le XVIIe siècle, c’est qu’elle répondait aux besoins des Princes qui gouvernaient des États concurrents, dans le contexte d’enrichissement de l'Europe lié à la découverte de l’Amérique.

 

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LA PUISSANCE ANGLAISE IMPOSE SA PENSÉE

13 Octobre 2017 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

LA PUISSANCE ANGLAISE IMPOSE SA PENSÉE

 

Les Anglais, par leurs succès maritimes, ont imposé le système social qui prévaut aujourd’hui, fondé sur le travail. Si vous vous intéressez aux circonstances dans lesquelles ont eu lieu la montée de la puissance anglaise et la domination de la Royal Navy sur les mers, vous pouvez vous reporter à mes deux derniers blogs, publiés sans publicité afin de ne pas vous importuner par des considérations historiques.

 

À la fin du XVIIe siècle, la noblesse anglaise a imposé son pouvoir au roi et l’insularité la protège de l’invasion. Elle se trouve donc dans une position dominante par rapport aux pouvoirs concurrents du continent européen. Les incitant de loin à se quereller, elle peut se consacrer au commerce mondial et à l’installation de colonies. À cette fin, il lui suffit de disposer d’une flotte dominatrice, face à ses deux principaux concurrents coloniaux, la France et l’Espagne.

Au cours du XVIIIe siècle, son succès politique, commercial puis économique s’affirme, protégé par sa puissance maritime. La force du Royaume Uni en fait un modèle. On vante ses recettes, on lit ses penseurs qui détiennent, pense t-on, les recettes du succès. Le pouvoir tel qu’il est organisé au Royaume Uni passe pour un pouvoir supérieur aux « vieilles » monarchies européennes. Les philosophes anglais concurrencent, avant de s’imposer, les philosophes français. Alors que le français domine encore, l’anglais, petit à petit, se lit.

Avant cette période, à l’exception de Saint Thomas More (1478-1535), ami d’Erasme et auteur de l’Utopie, les penseurs britanniques n’ont pas connu un rayonnement universel, que ce soit Saint Anselme de Canterbury (1033-1109) ou Roger Bacon (1214–1294), qui est pourtant considéré à posteriori comme l’un des premiers défenseurs de la méthode scientifique moderne.

Sur le continent européen, on ne découvre que tardivement Francis Bacon (1561-1626), un défenseur et un praticien de la méthode scientifique, ce qui en fait un pionnier de la révolution scientifique et le père de l'empirisme auquel il a même sacrifié sa vie. Alors même qu’il lui succède avec une génération de retard, le français René Descartes (1596-1650) attire toute la lumière. Il en sera de même pour Thomas Hobbes (1588-1679), qui, un siècle avant Jean-Jacques Rousseau si célébré en France, établit les fondements de la philosophie politique qui deviendra celle de l’Europe puis celle des Etats-Unis : Hobbes défend en effet le droit de l'individu, l'égalité naturelle de tous les hommes, le caractère artificiel de l'ordre politique, le principe que tout pouvoir politique qui se veut légitime doit être représentatif et fondé sur le consentement du peuple.

Peu à peu, on fait le voyage de Londres. Voltaire publie ses Lettres philosophiques (1734), pleines d’éloges sur la religion, les sciences, les arts, la politique et la philosophie anglaises. Alors que l’intelligentsia française observe avec envie la société britannique, les empiristes britanniques s’imposent désormais dans le monde de la pensée. John Locke (1632–1704) contredit René Descartes dans son Essai sur l'entendement humain en posant que toute la connaissance de l’homme est enracinée dans l'expérience.

L’Écossais David Hume (1711-1776), au travers de ses ouvrages, Traité de la nature humaine (1740), Enquête sur l'entendement humain (1748) et Enquête sur les principes de la morale (1751) exerce une profonde influence sur la philosophie européenne qui salue ses idées sur le libre arbitre, le déterminisme, la causalité, l'induction et l'identité personnelle. 

Mais le penseur d'un Royaume Uni en train de triompher qui a laissé la marque la plus profonde est indubitablement Adam Smith (1723-1790) en tant que pionnier de l'économie politique. Si on ne s’intéressa guère à sa Théorie des sentiments moraux, la publication de ses Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776), en ont fait le père de l’économie moderne.

Dans cet ouvrage, il est remarquable qu’Adam Smith réfute le mercantilisme, dans son livre IV portant en particulier sur le système du commerce international.

 

Or rien ne démontre mieux que les théories mercantilistes le lien étroit qui relie l’intérêt des puissants et les théories économiques, entre autres. Et comme notre thèse est que le pouvoir s’impose à la théorie, et non l’inverse, il est donc particulièrement utile d’examiner les théories mercantilistes.  

 

 

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SACRÉ TRAVAIL

1 Octobre 2017 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

SACRÉ TRAVAIL

 

On a peine à imaginer qu’il existait autrefois des sociétés humaines qui n’étaient pas fondées sur le travail, car aujourd’hui le travail nous permet d’obtenir de manière tangible un salaire, des droits sociaux, une retraite mais aussi un sentiment d’utilité, une position sociale, une identité…

 

Et dire que tout cela va disparaître avec le développement des robots ! Qu’est ce  que l’on va devenir, nous les humains ? Peut-être allons nous retourner à la conception antérieure du travail, ce qui nous demanderait de changer complètement de point de vue sur la vie !

Autrefois, l’idée que l’on nous a inculqué depuis deux ou trois siècles que les êtres humains avaient des besoins illimités aurait été considérée comme délirante. Mais à partir de ce maudit XVIIIe siècle, les économistes, à la suite d’Adam Smith, ont cherché, et sont parvenus, à nous convaincre que notre vie sur cette Terre devait être consacrée exclusivement à obtenir de plus en plus de biens, sans limite. Jamais, ils ne se sont sérieusement demandés s’il existait un seuil de consommation à partir duquel ce n’était plus la peine de se fatiguer pour en avoir plus.

À partir de ce postulat, les économistes ont construit un raisonnement imparable. Si l’être humain voulait vraiment  obtenir toujours plus de biens, il lui fallait travailler, mais avec intelligence. Car ils ne nous ont pas pris pour des idiots, ni pour des amoureux du travail per se. Ils ont considéré que non seulement l’homme voulait plus de biens, mais qu’il voulait faire le moins possible d’efforts pour les obtenir.

Or, le progrès scientifique sourdait un peu partout dans une société où l’homme était décidé à s’émanciper des barrières collectives traditionnelles afin de vivre pour lui et uniquement pour lui. Ce progrès effervescent allait lui fournir les moyens de créer des machines pour reposer l’homme ou même pour le remplacer, tandis que des entrepreneurs-managers se mettaient à organiser le travail de l’homme pour qu’il soit le plus efficace possible.

Tout cela est bien connu, mais arrêtons nous sur ce moment où nos sociétés européennes basculent, quelque part entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Au XVIe siècle, La découverte de l’Amérique convainc certainement les Européens que les rêves les plus fous sont réalisables. Le Protestantisme les poussent vers une vision plus personnelle de leur salut, et en tout cas les encourage à la contestation des idées reçues. L’imprimerie accélère la diffusion des nouvelles et des idées. Chacun peut écrire, ou presque, Erasme en est un exemple. Et puis, au XVIIIe siècle, les rapports de force changent. Face aux puissances traditionnelles, l’Espagne, la France, l’Autriche, émergent de nouvelles puissances, la Prusse, la Russie, l’Angleterre. Cette dernière va prendre le pas sur toutes les autres, en raison de sa puissance maritime qui lui dicte son insularité : il lui fallait dominer ou être réduite à la situation de dépendance absolue que connaissait l’Irlande à son propre égard.

 

L’histoire concomitante de l’Angleterre devenue Royaume-Uni, de la flotte et de la philosophie britannique entre le XVIe et le XVIIIe siècles montre comment le pouvoir détermine les idées et pas l’inverse, comme le croient les naïfs.

À SUIVRE

 

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