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Le blog d'André Boyer

JAVIER MILEI, ÉCONOMISTE LIBERTARIEN

19 Octobre 2025 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

JAVIER MILEI, ÉCONOMISTE LIBERTARIEN

L’élection de Javier Milei* à la Présidence de la République fédérale argentine en novembre 2023 n’est pas seulement un changement de politique, mais aussi un changement de méthode.

 

Javier Milei a pris ses fonctions le 10 décembre 2023. Son élection marque une rupture inattendue dans un pays historiquement dominé par la culture de l’étatisme, alors que Milei, au contraire, est inspiré par une vision libertarienne dans la lignée de Milton Friedman, Ludwig von Mises ou Hans-Hermann Hoppe. Milei se situe plutôt dans la tradition des libertariens conservateurs, qui défendent une société fondée non seulement sur la propriété privée et la responsabilité individuelle, mais aussi sur des valeurs d’ordre, de hiérarchie sociale spontanée, et de préservation des institutions traditionnelles.

Il partage ainsi l’idée que la liberté se déploie pleinement dans un cadre culturel cohérent, enraciné, et non dans le relativisme postmoderne. Aussi recommande-t-il la défense de la propriété privée, une réduction drastique du pouvoir de l’État, une grande discipline budgétaire et la liberté entrepreneuriale.

Il se situe donc aux antipodes du libertarianisme, axé sur les droits civiques, le cosmopolitisme ou la libéralisation sociétale, à la manière de George Soros.

Depuis son élection jusqu’à ces derniers jours, qui ont vu sa défaite aux élections provinciales, Milei est parvenu à inverser rapidement les indicateurs économiques : le solde primaire, déficitaire de -2,8 % du PIB en 2023 (beaucoup moins que la France) a atteint un excédent de +2,5 % en 2024 et devrait être de +1,8 % en 2025. L’inflation, qui culminait à 219,9 % en 2023, est tombée à 35,9 % en 2024, et devrait s’établir à 14,5 % en 2025.

Ainsi Milei pose-t-il une question brûlante à une France qui cherche ses voies de réforme: est-il possible de réformer par le haut en assumant un coût social ?

Avec une dépense publique qui a atteint en 2023 58,3 % du PIB, un déficit structurel du budget de l’État de 5,5% en 2025 et une dette publique dépassant les 113,9 % du PIB à la fin du premier trimestre 2025, la France se distingue en effet par le déséquilibre de son modèle de redistribution centralisé, immergé dans une logique de contrôles et de subventions dont l’architecture n’a été modifiée par aucune réforme structurelle depuis quasiment un demi-siècle.

 

Face à un débat français actuellement confus, nous analysons dans les billets suivants l’expérience argentine comme une tentative de renouveau fondée sur une grille de lecture construite par un économiste libéral.  

 

* Javier Gerardo Milei est né le 22 octobre 1970 à Buenos Aires. Il suit des études d'économie à l'Université Torcuato Di Tella à Buenos Aires.

Pendant plus de 20 ans, il enseigne comme professeur d’économie à l’université.

Il connait une forte médiatisation en Argentine à partir de 2014, étant fréquemment invité dans des émissions de télévision et de radio pour livrer ses analyses économiques qui rejettent l’intervention de l’État.  

En 2016, il devient économiste en chef de la banque HSBC d'Argentine et membre du groupe de politique économique de la Chambre de commerce internationale et du Forum de Davos.

Il s'engage en politique en dirigeant le Parti Libertarien et est élu député en décembre 2021. Il est alors l’idée de redistribuer son salaire de député (près de 3000 euros mensuels) aux vainqueurs d’un tirage au sort, auquel participe un million d’Argentins chaque mois.

Candidat à l’élection présidentielle de 2023, Javier Milei présente un « plan tronçonneuse » visant à diminuer massivement les dépenses publiques : son projet comprend la suppression de plusieurs ministères et la libéralisation du port d'armes. Le 22 octobre 2023, il arrive en ballotage défavorable avec 29,99 % des voix au premier tour du scrutin présidentiel, face au centriste Sergio Massa soutenu par la coalition péroniste (36,78 %). Il s'allie alors avec la droite traditionnelle et l'emporte avec 55,65 % des voix, le 19 novembre 2023.

À SUIVRE 

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