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Le blog d'André Boyer

RENOUVEAU DE LA PENSÉE, SURPRISES DE L'ACTION

20 Décembre 2025 , Rédigé par André Boyer Publié dans #INTERLUDE

RENOUVEAU DE LA PENSÉE, SURPRISES DE L'ACTION

Ces années 2003-2005, mon activité universitaire a pris un tour nouveau, qui s’est traduit par un infléchissement de mes préoccupations en recherche et une publication qui allait avoir des suites inattendues.

 

Durant cette période, mes articles s’orientent en effet vers l’éthique d’entreprise, pour se concentrer progressivement sur la contradiction radicale entre l’objectif de maximisation du profit et la nécessité de respecter une éthique qui se veut de plus en plus prégnante, au travers des injonctions qui lui sont faites et des réglementations qui lui sont imposées.

En effet, chez les penseurs, on ne fait plus confiance à la morale des acteurs, issue de principes liés à la culture, à l’éducation et à la religion d’une société. C’est normal, car la mondialisation s’adresse à l’individu qui s’extrait de son groupe d’origine pour devenir l’homme nomade que décrit Jacques Attali en 2005. Ce n’est plus l’individu doté d’une morale qui intéresse les penseurs de l’entreprise mais l’entreprise qui est supposée avoir une éthique et, pas si accessoirement que cela, le proclamer. Certains irénistes croient même recommander à l’entreprise d’avoir un but éthique à la place de la recherche obtuse du profit !

Ce but éthique consiste, entre autres, à promouvoir les femmes, la diversité, le commerce équitable, la protection de l’environnement. Les termes de justice, d’égalité, de transparence ou de qualité sont quelques-uns des totems de l’époque qui sont toujours prégnants aujourd’hui, bien qu’un peu usés.

Au début, j’essaie d’adhérer à ces mots d’ordre éthiques qui deviennent des objets d’étude pour les colloques, les publications et les thèses. Mais je crois déceler une forme d’hypocrisie derrière les discours et les recommandations, certains chercheurs et dirigeants d’entreprise cachant leur volonté de puissance derrière de supposées bonnes intentions, et d’autres, plus pitoyables dans leur volonté éperdue de promouvoir le bien, confondant leurs désirs et une réalité qu’ils ne veulent pas voir, faite de rapports de force et d’affrontements qui engendrent des vainqueurs et des vaincus.

Ma prise de conscience se traduit par des publications de plus en plus critiques, jusqu’à diriger un ouvrage collectif, que je considère comme mon travail de recherche le plus significatif de ma carrière. Mais j’en ai écrit d’autres sur le sujet de l’éthique d’entreprise en trois ans, ce qui montre qu’un processus de recherche est une démarche tâtonnante et convergente. Voici les titres de ces publications ou communications : Les sciences de gestion face aux inégalités, Czech Firms and the EU market: The quest for Business Ethics, Gestion communication et éthique, les contradictions éthiques de l’entreprise, Éthique de l’entreprise : préoccupations, contradictions, formation, Éthique et Chaîne de valeur, Chinese firms and the world market: the quest for business ethics.

Cette dernière communication a été présentée dans le cadre de la 10e conférence euro asiatique de recherche à Yokohama en mai 2004 où j’ai pu pendant et après son déroulement me confronter profondément à la société japonaise, qui me semble toujours constituer l’une des plus remarquables des diverses sociétés humaines, sinon la plus remarquable.

Mon travail de recherche s’est aussi concrétisé par la direction et la rédaction d’un chapitre dans l’ouvrage « Les Fondamentaux de l’entreprise » que j’ai fait publier en association avec mes collègues Gérard Hirigoyen, Jacques Thépot, Nadine Tournois et Jean-Pierre Vedrine aux Éditions d’Organisation en 2004 et qui est toujours disponible en librairie.

L’année suivante, cet ouvrage, qui avait été actualisé à partir de l’ouvrage « Panorama de la gestion », a été publié en albanais sous le titre « Drejtimi i ndërmarrjes » et en macédonien sous le titre « преглед на улравувањето » en 2005 à Skopje, sans notre accord ni celui de l’éditeur. Nous en avons été alertés par les services culturels de l’Ambassade de France en Macédoine qui s’appelle aujourd’hui République de Macédoine du Nord pour ne pas vexer les Grecs alors que le pays sollicite son adhésion à l’UE, alors que la Macédoine d’origine s’étend sur la Grèce, la Macédoine du Nord sans même compter l’Albanie et la Serbie à la marge.

 

Pour ne pas provoquer d’incidents nuisibles à l’image de la Macédoine, j’ai été invité par ce pays à y effectuer un voyage d’études en juin 2005, voyage qui allait se révéler plein d’enseignements et de surprises.

 

À SUIVRE

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