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Le blog d'André Boyer

LES ULTRAS SOUS PRESSION

18 Février 2026 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

JOSEPH DE VILLÈLE CHEF DU GOUVERNEMENT ROYALISTE DE 1820 À 1827

JOSEPH DE VILLÈLE CHEF DU GOUVERNEMENT ROYALISTE DE 1820 À 1827

Le Duc de Berry a été poignardé par un ouvrier républicain qui voulait éteindre la race des Bourbons, mais c’est raté car la duchesse de Berry donne naissance à un fils sept mois plus tard, le futur comte de Chambord, appelé « l’enfant du miracle » par les royalistes.

 

Le pouvoir se raidit. Decazes est contraint de céder la place à Richelieu qui pratique une politique plus droitière. La censure est rétablie ; une nouvelle loi, dite du double vote, ajoute aux 258 députés élus par les collèges départementaux 172 nouveaux députés élus par le quart des députés les plus imposés, qui gardent en outre leur droit de vote dans le premier collège : ils votent deux fois.

L’agitation persiste. Une tentative d’insurrection, dite « du Bazar », est déjouée le 19 août 1820. Elle entraîne l’arrestation de 138 conjurés, composés de républicains et de bonapartistes. Effet de cette conspiration ou de la nouvelle loi électorale, les ultras remportent très largement les élections de novembre 1820, puisque, sur les libéraux n’en obtiennent que 35 sur les 223 sièges à pourvoir,

Villèle prend alors la direction du gouvernement et des finances, qu’il conservera jusqu’en 1827, tandis que les attentats et les conspirations se poursuivent :

  • Le 27 janvier 1821.un petit baril de poudre est découvert près des appartements du roi.
  • La société secrète de la Charbonnerie, destinée à renverser les Bourbons, organise au début du mois de janvier 1821 une tentative d’insurrection générale qui échoue.
  • La même société secrète organise une autre tentative d’insurrection à  Saumur dirigée par le général Berton puis à La Rochelle où quatre sergents arrêtés livrent l’organisation de la Charbonnerie.

Malgré ces mouvements insurrectionnels, le gouvernement Villèle gouverne et connaît des succès à l’étranger. Il réussit son intervention en Espagne destinée à rétablir le roi Ferdinand VII sur le trône d’Espagne. Il profite de ce succès et des bons résultats budgétaires, puisque les budgets des années 1823 à 1826 sont excédentaires, pour dissoudre la chambre des députés. 

Lors des élections qui suivent en mars 1824, la victoire des royalistes est totale, au point d’être supérieure au résultat qui avait été atteint par la Chambre Introuvable. Dix-neuf libéraux seulement sont élus face à quatre-vingts ultraroyalistes et trois cent trente et un candidats ministériels soutenant Villèle. On l’appelle alors « La Chambre retrouvée », par référence à « La Chambre introuvable ».

Cependant l’opposition au gouvernement passe d’un coup de sa gauche à sa droite et c’est alors que Louis XVIII meurt, le 16 septembre 1824. Charles X lui succède. Il confirme Villèle, mais supprime la censure, ce qui lui vaut une grande popularité dans la presse libérale. Mais deux mois plus tard, la même presse le voue aux gémonies lorsqu’il annonce des mesures en faveur des émigrés et de l’Église, ainsi que son intention d’être sacré à Reims.

Le 20 avril 1825 est promulguée une loi symbolique qui punit le sacrilège des églises, mais qui ne sera jamais appliquée. Le 27 avril, le gouvernement fait promulguer une loi qui indemnise en partie les immigrés. Cette loi, appelée le « milliard des immigrés », soulève les passions aux deux extrêmes de l’échiquier politique.

Le sacre de Charles X a lieu le 29 mai 1825. Le Roi est dénoncé comme l’otage des congrégations et, tandis que l’Église rêve de reconquête spirituelle, les manifestations hostiles à son égard se multiplient.

Le Concordat de 1801 est abrogé, puis rétabli en raison de l’hostilité des Chambres tandis qu’ont lieu des profanations et des manifestations hostiles aux missionnaires et aux jésuites. En février 1826, des évêques sont amenés à protester contre les persécutions dont ils sont victimes, tandis que la gauche accuse les jésuites de vouloir fomenter une contre-révolution. En mai 1826 à Rouen, une manifestation contre les missionnaires tourne à l’émeute.

Cette hostilité à la restauration du prestige de l’Église est relayée notamment par Casimir Perier. Ce dernier, fils d’un riche négociant, est devenu régent de la Banque de France, une banque privée qui a le monopole d’émission de la monnaie. Député de Paris, il est l’un des orateurs de l’opposition libérale et il prendra la tête du gouvernement après 1830.

Villèle subit alors plusieurs défaites parlementaires en 1826-1827, comme l’échec du projet de loi sur le droit d’aînesse ou celui d’une nouvelle loi sur la presse. En février 1827, la Chambre des Pairs met en demeure le gouvernement d’appliquer les lois qui s’opposent au retour des Jésuites. L’atmosphère politique se tend. Lors d’une revue, des gardes nationaux conspuent Villèle en présence du roi, qui dissout aussitôt la garde nationale de Paris.

La censure des journaux est rétablie le 24 juin et Villèle tente de reprendre la main en faisant dissoudre la Chambre le 5 novembre 1827. Ce quitte ou double se retourne contre lui, car les élections sont favorables aux libéraux qui obtiennent 170 sièges, à égalité avec les députés qui soutiennent le ministère. Pour leur part les ultras gardent 80 députés. Villèle démissionne le 3 janvier 1828. 

Il est remplacé par un modéré, Martignac, qui est en butte à l’hostilité du roi, des ultras et à la méfiance des libéraux. Il ne réussit même pas à se concilier ces derniers en prenant une loi en faveur de la liberté de la presse qui supprime l’autorisation préalable, le 18 juillet 1828.

La situation politique est donc fortement agitée depuis 1815, sous Louis XVIII et encore plus sous Charles X, qui accule finalement Martignac à la démission pour le remplacer par son ami le Prince de Polignac, le 8 août 1829. 

 

A SUIVRE

 

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