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Le blog d'André Boyer

LE DOIGT SARDE

29 Avril 2026 , Rédigé par André Boyer Publié dans #INTERLUDE

LE DRAPEAU SARDE

LE DRAPEAU SARDE

Avec trois couples d’amis, nous avons entrepris, mon épouse et moi, un voyage d’agrément et même de découverte pour six d’entre nous, en Sardaigne. Cependant, pour comprendre le sens du titre de ce billet, Il vous faudra lire ce billet jusqu’au bout si vous en avez le courage.

 

La Sardaigne est une région isolée, quoique toute proche, à une heure de vol de Nice. La Corse fait écran, mais entre Bonifacio en Corse et Santa Teresa Gallura en Sardaigne, il n’y a guère qu’une heure de ferry, car la Corse et la Sardaigne formaient autrefois un micro continent qui s'est ensuite détaché de la Provence. Mais la Sardaigne possède spécifiquement des roches parmi les plus anciennes d'Europe, exploitées depuis la période antique.

L'économie de l'ile est fondée sur le tourisme qui s'appuie sur les activités balnéaires et nautiques, la découverte d'une nature préservée et de sa richesse historique, plus que sur l'agriculture, la pêche, les industries agroalimentaires et les exploitations minières.

En effet, comme deuxième ile de la Méditerranée, la Sardaigne mérite d’être visitée, d'autant plus qu'elle possède une histoire singulière : bien qu’elle soit peuplée depuis cinq cent mille ans, l’homo sapiens ne s’y est installé que récemment, engendrant à l’âge de bronze les Nuraghes qui ont laissé de très nombreux vestiges architecturaux, immanquables tant ils sont mis en valeur pour l’édification des touristes.

La Sardaigne et ses habitants nuraghes n’ont pas manqué d’envahisseurs. Les intrusions ont commencé avec les Carthaginois, des voisins situés deux cent kms au sud, qui y installent des colonies et se poursuivent avec l’annexion par Rome qui y exploite les minerais et le bois des forêts qui recouvrent la Barbagia à l’intérieur de l’ile.

Abandonnée par les Romains, l’ile est tout de suite razziée par les Vandales d’Afrique du Nord qui finissent par laisser l’ile sous la domination de Byzance, jusqu’au IXe   siècle. Le vide du pouvoir byzantin contraint l’ile à s’organiser en quatre judicats souverains avant de passer sous la domination de Pise qui la transforme lentement en protectorat troublé par l'immixtion de Gênes et du pouvoir papal.   

Vient ensuite l’intrusion de l’Aragon puis de l'Espagne dans l’ile qui commence en 1323 et durera jusqu’en 1700. Puis après une brève souveraineté de l’Autriche, le Regnum Sardiniæ est cédé aux États de Savoie. La France y mettra vainement son grain de sel lorsqu'en 1793,  elle envahira le nord de l’ile mais se heurtera à une résistance sarde victorieuse.

Le Piémont conserve le contrôle de la Sardaigne où il impose une révolution économique considérable en 1820, avec l'editto delle chiudende, qui transforme la propriété collective de la terre qui  datait de l'époque nuragique, en propriété privée, lésant les petits agriculteurs et bergers sardes. La plupart des forêts sardes ont été défrichées à cette époque.

La population sarde a connu une forte croissance jusqu'à la fin du XXe siècle, atteignant un million six cent mille habitants mais aujourd'hui elle détient la plus faible natalité d'Italie tandis qu'elle offre à ses heureux habitants une remarquable longévité, notamment dans la petite ville de Nuoro.

À la découverte de cette Sardaigne, nous avons débarqué à Olbia avant de visiter sa côte nord, en particulier Santa Teresa Gallura qui accueille les ferrys avec Bonifacio à l’extrême sud de la Corse. Puis, par des routes qui se révèleront toujours parfaites, nous avons rejoint la petite ville d’Alghero (quarante mille habitants) à l’ouest de l’ile pour deux nuits, afin d’explorer les vestiges historiques autant que les paysages côtiers de l’ouest sarde.

Comme je l’ai indiqué au début de ce billet, ces vestiges sont très abondants et permettent, quelques milliers d’années après leur édification, de nourrir une bonne partie de la population locale, tout en offrant aux touristes l’occasion d’élever leurs pensées aux plans historiques et artistiques.

Après une journée de visites et découvertes diverses, nous avions prévu de nous diriger vers la capitale Cagliari (prononcer Caliari) pour en faire le lieu central de notre visite, quand j’ai glissé sur une marche au sortir de la salle de bain.

On aura noté que les habitants de la Sardaigne bénéficient d’une exceptionnelle longévité, d'autant plus qu'ils ne sont pas les principaux utilisateurs de leurs hôtels. Je note cependant, à l'appui de la thèse de la longévité sarde,  que je me suis étalé sur le dos, mais que j’ai survécu.

En me relevant, j’ai vu avec surprise l’état de ma main droite (voir la photo ci-jointe, seulement si nécessaire) et j’ai appelé l’un de mes amis qui se trouvait être médecin et parlait l’italien. Nous nous sommes rendus aux services d’urgence de l’Ospedale Civile d’Alghero, qui, après examen complet de la situation, nous a dirigé vers l’Ospedale Marino à quelques centaines de mètres du premier, qui s’est chargé d’opérer mon doigt pour le remettre en place et l’orner d’un magnifique pansement doté d’une attelle. Trois heures après l’accident, nous étions en route vers Cagliari, ma personne incluse.

Si ce récit présente une utilité, c’est au moins celui de rendre hommage au personnel des deux hôpitaux d’Alghero, efficaces, rapides et particulièrement attentionnés, qui ont effectué sans omettre les contrôles de sang, les radios, les scanners et les opérations administratives, l’ensemble de l’intervention en moins de trois heures, avec le sourire en plus.

Nous sommes arrivés à Cagliari, une ville de cent cinquante mille habitants à partir de laquelle nous avons poursuivi nos visites des lieux historiques, de la côte et de la campagne sarde, sans oublier les commodités qu’offraient la capitale de l’ile. Le retour en une journée nous ramena à Olbia d’où nous avons repris le court vol vers Nice.

 

Une visite tout à fait recommandable pour l’histoire, la nature, les plages, les paysages, la nourriture, les routes de Sardaigne et je m’en voudrais de ne pas le souligner, l’aimable accueil de ses habitants, ce qui explique sans conteste leur longévité malgré certaines marches malencontreusement oubliées…

 

 

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