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Le blog d'André Boyer

COMMENT RÉAGIR À L'HORREUR

27 Décembre 2025 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

COMMENT RÉAGIR À L'HORREUR

Plus de deux ans ont passé et, dans un élégant exercice d’équilibriste, il est de bon ton de condamner les meurtres de masse commis en Israël le 7 octobre 2023 et la guerre qui a été conduite depuis par les troupes israéliennes dans la bande de Gaza.

 

Dans ce billet, je m’arrête sciemment aux meurtres de masse et à leur signification :

  • « Salut Papa, ouvre mon WhatsApp et tu verras tous les morts. Regarde combien j’en ai tué, de mes propres mains ! Ton fils a tué des juifs ! »
  • Le père a répondu : « Que Dieu te protège ! »
  • « Papa, je te parle avec le téléphone d’une juive. Je l’ai tuée, et j’ai tué son mari. J’en ai tué dix de mes propres mains. J’en ai tué dix, Papa, de mes propres mains !  Passe-moi Maman ! »

Je vous épargne la suite de la conversation avec la mère, puis avec le frère du terroriste, toujours fier de lui, qui a duré trois minutes. C’est d’ailleurs une transcription bien connue.

À cette fierté d’avoir tué dix personnes, ou plutôt dix juifs, parmi les mille deux cents personnes massacrées ce 7 octobre et les deux cent seize kidnappés dont cinquante périront en captivité, s’ajoutent la joie des manifestants.

Car, le lendemain, avant toute réponse organisée de l’armée israélienne contre le Hamas, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes occidentales, notamment à Londres. Les manifestants ne protestaient pas contre les actions terroristes mais pour célébrer ces dernières, et elles ont été tolérées par les pays hôtes. 

Or, alors que même les nazis avaient essayé de cacher leurs crimes, les terroristes avaient commis leur basse besogne avec jubilation et s’étaient réjouis de les faire connaitre publiquement dans leurs détails les plus abjects! Et ces actions ont été célébrées ouvertement!

C’est ce que nous avons pu encore constater le 14 décembre dernier, à Sydney en Australie, où deux assaillants, père et fils, ont utilisé la fête de l’Hanoukka pour tuer 15 juifs de plus et faire 40 blessés. À cette occasion et partout en Occident, des foules se sont réjouies de cet attentat.

C’est la répétition ad nauseam de ces attentats qui m’interroge, la joie des terroristes accompagnée de celles des foules qui se réjouissent à l’unisson, tandis que les populations ni juives ni anti-juives tolèrent ou même parfois approuvent les manifestations et que les États concernés ne les condamnent que mezzo voce.

Avec grande difficulté, on peut s'essayer à imaginer la motivation d’assassins qui sont heureux de tuer des gens, mais, pour ma part, je me refuse à entrer dans cet exercice morbide : pour moi, c’est pure folie.

Expliquer la joie des manifestants qui les approuvent et les célèbrent est un peu plus simple : un mélange d’humiliation, de dépit et de rancune en se servant d’une composante religieuse qui permet de fournir un ersatz de justification, le tout enrobé dans une composante culturelle qui en détermine la forme ?  

Mais que penser de la passivité des populations et de leurs dirigeants politiques ? Sans doute la peur d’engendrer des attentats en cas de soutien trop ostensible aux populations juives de son propre pays, et aussi, chez les dirigeants, une peur électorale face à des populations de plus en plus nombreuses qui se déclarent favorables aux manifestations de soutien des terroristes ?

Sans doute, mais il s’y ajoute une mauvaise conscience de pays ex-colonisateurs, qui ont contribué directement ou indirectement à l’installation et au développement d’Israël. Ainsi le piège se referme : condamner les terroristes équivaut à une décision non pas morale, mais politique. Condamner les terroristes, c’est approuver la politique israélienne. Et voilà les terroristes à l’abri des combinaisons politiques…

 

Et se pose dès lors la question, apparemment insoluble aujourd’hui, de la sortie du piège : comment faire pour que l’inacceptable ne soit en aucun cas ni célébré, ni toléré, ni ignoré ?

Nulle part et jamais.  

 

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