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LE CONQUISTADOR HERNAN CORTÈZ (1485-1547)
17 Juillet 2026 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE
Je ne pouvais pas raconter la vie de La Malinche en traitant celle de Cortès de manière accessoire. Voici donc l’histoire de sa conquête de l’Empire aztèque, en vous épargnant celle de l’ensemble de la vie de cet individu que je trouve répugnant
Le 10 février 1519, Hernan Cortès s’élance de Cuba à la conquête du Mexique. Il est prêt à s’emparer des terres et des richesses de tous ceux qui n’ont pas les moyens de lui résister. Admirons son audace dont il ne se départira jamais, saluons sa chance qui l’accompagnera tout au long de son expédition, méprisons en revanche la bassesse de son objectif et les moyens ignominieux qu’il utilisera, quels qu’en soient les coûts humains, dont il se contrefichait manifestement.
Il quitte Cuba avec onze navires, cent-dix marins, seize cavaliers, trente-deux chevaux, cinq cent dix-huit fantassins, treize artilleurs avec huit petits canons, dix canons de bronze, quatre fauconneaux, trente-deux arbalétriers, treize arquebusiers et deux cents Indiens et esclaves noirs comme auxiliaires : c’est peu de troupes, mais surpuissantes par rapport aux armes des guerriers indiens.
Il agit contre la volonté du gouverneur de Cuba, Diego Velázquez de Cuéllar, qui le soupçonne de cette ambition personnelle incontrôlable qui l’amènera, sous sa responsabilité personnelle et non sous celle du Roi des Espagnes, Charles 1er, connu sous le nom de Charles Quint, à détruire la civilisation aztèque.
Après son séjour sur l’ile de Cozumel, Cortès et son escadre contournent la péninsule du Yucatan jusqu'à l'embouchure du futur rio Grijalva où il débarque le 12 mars 1519. Il y est mal accueilli, livre les 13 et 14 mars deux batailles contre les Mayas, massacrant huit cent d’entre eux, impuissants face à la cavalerie, aux arquebuses et aux canons et prend la ville de Potonchan.
Pour calmer ces assaillants incontrôlables, Taabscob, le chef Maya, lui fait remettre des offrandes, dont fait partie la Malintche, puis se soumet à Cortès le 16 avril. Afin de se débarrasser de ce démon et de ses acolytes assoiffés d’or, il l’envoie au diable Vauvert, vers Mexico. Lorsque, soulagés, les Mayas les voient partir, ils ne savent pas que les Espagnols leur ont involontairement laissé un cadeau empoisonné, la variole, qui les décimera en quelques semaines.
Cortès dirige alors sa flotte vers le nord où il rencontre des canoës transportant des ambassadeurs de l'empereur aztèque Moctezuma II. Il leur montre ses chevaux et ses armes à feu, tandis que les émissaires sont à la fois chargés d’amadouer l’envahisseur par des cadeaux et d’informer l’empereur, d’où les peintres et les dessinateurs qui les accompagnent.
Cortès débarque une seconde fois sur le continent le 22 avril 1519 où il reçoit à nouveau des émissaires de l’empereur qui lui remettent des présents, qui ne font qu’attiser sa cupidité et qui l’incitent à demander à voir l’empereur en personne. En attendant, il rencontre aussi des Indiens qui se présentent à lui comme des ennemis des Aztèques et qui déclarent souhaiter que les Espagnols les aident à les libérer de leur joug. Bien sûr, Cortès se jure d'utiliser les rancœurs entre les Aztèques et les autres peuples et s'attribue le rôle d'un messie destiné à régner sur le Mexique.
Mais il se heurte à la majorité de ses hommes qui s’opposent à son projet d’expédition et qui lui contestent, à juste titre, le droit à coloniser ce territoire. Pour les séduire, il commence par transformer le campement en une ville, la future Vera Cruz le 9 juillet 1519. Comme il s’y attend, les nouveaux habitants de la ville lui demandent de se proclamer capitaine général, pour dépendre directement du roi et non plus de Velázquez. Naturellement, il cède à leur amicale pression et nomme un maire, des régisseurs, des gendarmes, et un trésorier.
Malheureusement pour lui, arrive à Vera Cruz la nouvelle de la nomination par les autorités madrilènes de Velázquez comme gouverneur du Yucatan. Il ne s’y soumet pas et envoie à Madrid une délégation pour contester cette nomination, tandis qu’à Vera Cruz les partisans de Velázquez s'agitent. Cortès réprime violemment les contestataires puis amorce son expédition vers Mexico.
Il se trouve déjà à Cempoala, à vingt kilomètres de Vera Cruz, quand il s’inquiète de la situation qu’il a laissé derrière lui, car il risque la révolte dans la ville et la désertion des marins de sa flotte. Il décide alors, avec l’appui de ses capitaines avides de l’or aztèque, de détruire ses propres navires et d’intégrer dans son expédition la centaine de marins qui maintenaient sa flotte. Un de ses adjoints exécute ses ordres et ramène en renfort une compagnie de marins à Cempoala.
On ne peut pas nier que Cortès fut un homme de décision, un chef courageux, décidé à tout pour s’emparer de l’or aztèque et détruire ses ennemis sans merci. On ne peut pas cacher non plus que c’était un homme sans scrupule, vil, ignoble….
* Je n’ai pas cru utile de dresser le tableau complet de sa vie, comprenant ses origines, son éducation, sa présence à Hispaniola (Saint Domingue) et à Cuba, ses expéditions malheureuses et sa mort en disgrâce.
À SUIVRE
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