JAILLI DE NULLE PART, JACK LONDON
2 Juillet 2026 , Rédigé par André Boyer Publié dans #CULTURE
Le 12 janvier 1876 né John Griffith à San Francisco. Son père l’abandonne avant même sa naissance, sa mère se remarie avec John London et la famille recomposée s'installe dans une ferme à Alameda puis à Oalkland, de l’autre côté de la baie de San Francisco.
C’est ainsi que Jack London débute dans la vie. Il voit ensuite son beau-père faire faillite, devenir cheminot, puis invalide à la suite d’un accident de travail. Le voilà en charge de sa famille. Il s’engage comme ouvrier dans une conserverie, mais il gagne trop peu et travaille trop (Renégat)*. Il acquiert alors un sloop pour aller piller les parcs à huitre, tout en fréquentant un bar interlope où il se soule ( Le Cabaret de la dernière chance). Le sloop brule : qu'à cela ne tienne, il se joint, contre rémunération, à la patrouille charger de traquer les pilleurs d’huitre !
En 1893, à 17 ans, il s’engage pour une campagne de chasse au phoque dans le détroit de Bering. Il y reste peu, pour devenir successivement agent de police, laveur de vitres, docker, chauffeur dans une centrale électrique, puis de tout laisser tomber pour vagabonder et faire un mois de prison (La route ; Carnet du trimard). À Oakland, il s’inscrit à l’université (1896) pour quelques mois, travaille dans une blanchisserie, mais il sait enfin, à vingt ans, qu’il veut devenir écrivain, car la nouvelle qu’il a écrite (Un typhon au large des côtes du Japon) a obtenu un prix et est publiée en novembre 1893 (Martin Eden).
En 1897, à 21 ans, jeune homme à la volonté de fer décidé à devenir écrivain, il se joint aventureusement aux cent mille miséreux qui se ruent vers le Grand Nord canadien à la jonction de deux rivières, le Klondike et le Yukon. Il ne ramènera pas d’or mais des récits pour les journaux (Le fils du loup, L’homme sur la piste, Le Grand Silence blanc), mais son premier succès viendra en 1900 avec Une Odyssée du Grand Nord et surtout, trois ans plus tard, avec l’Appel de la Forêt, où le héros est un chien.
Objectif atteint en 1904 : il vit désormais de sa plume, s’achète un ranch et un bateau et écrit sans cesse, mille mots par jour, pile. Il écrit des livres sur des sujets de plus en plus diversifiés. Le sujet du Grand Nord subsiste avec l'histoire d'un loup, Croc Blanc, mais il écrit aussi sur la boxe, les lépreux, la mer, la préhistoire (Avant Adam) et s’essaie même au fantastique (Le Vagabond des étoiles).
Il écrit aussi sur le socialisme, s’inspirant de Karl Marx et de Herbert Spencer. Dans cette veine, il publie une série de reportages sur les bas-fonds londoniens, Le Peuple d’en bas, après y avoir passé trois mois grimé en en marin américain, et un roman d’anticipation, le Talon de fer. Ce dernier ouvrage met en scène des prolétaires et des capitalistes tout aussi courageux et convaincus de leur bon droit les uns que les autres. Car tous ses romans sont hantés par la lutte pour la vie, rendant hommage au plus apte à survivre, hommes comme bêtes. London est certes socialiste et démocrate par conviction, mais darwiniste et patricien par nature.
Il décède le 22 novembre 1916, à quarante ans, d’épuisement et d’alcoolisme, venu de nulle part et ayant cheminé aussi loin que possible, le temps de nous amener avec lui dans ce monde héroïque, sauvage, animal qui avait été le sien.
*en italique, les ouvrages qui racontent son expérience.
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