À AL AKHAWAYN UNIVERSITY
31 Mars 2026 , Rédigé par André Boyer Publié dans #INTERLUDE
En 2005, j’entamais, comme je l’écrivais précédemment, une série de séminaires à Ifrane (Maroc).
Ifrane est une petite ville de 15000 habitants située dans l’Atlas à 1700 mètres d’altitude, non loin de Fès. D’architecture alpine, la ville est tout à fait charmante, particulièrement en hiver, d’autant plus qu’elle est une des deux grandes stations de ski du Maroc. Elle possède aussi, pour ce qui nous intéresse, une université, Al Akhawayn University in Ifrane (AUI).
Cette « Université des deux frères » (en arabe : جامعة الأخوين), fait référence à ses deux fondateurs, le roi Fahd d’Arabie saoudite et le roi Hassan II. Plus prosaïquement, on explique qu’elle a été créée en compensation d’une pollution provoquée sur la côte sud du Maroc par un pétrolier saoudien, ce qui a incité le roi Fahd à faire un geste envers le Maroc et son Roi à avoir l’intelligence stratégique de l’utiliser pour créer une université nouvelle.
Il s’agit donc d’une université publique inaugurée en 1995 avec des caractéristiques particulières, une gestion autonome et un enseignement presque exclusivement en langue anglaise, d’ailleurs largement reconnu pour la qualité de sa formation par le monde anglosaxon.
Le campus d'AUI est de type résidentiel, sur le modèle des universités américaines avec de grands chalets pour les professeurs et les étudiants, des installations sportives, une bibliothèque, des laboratoires de recherche, et des espaces verts sur un espace, enneigé en hiver, de 75 hectares.
Son caractère novateur est aujourd’hui concurrencé par la remarquable université Mohammed VI, créée sous l’égide de l’OCP à Benguérir, ce qui devrait nous inciter en France à être plus attentif aux innovations marocaines, notamment dans le domaine de l’enseignement supérieur.
Le campus de l’AUI accueille environ 2500 étudiants payants à plein temps, mais dont la moitié sont boursiers, dans trois écoles, la School of Humanities and Social Sciences (SHSS), la School of Science and Engineering (SSE) et la School of Business Administration (SBA).
Elle dispense aussi des programmes de formation continue et executive, et c’est dans ce dernier cadre que je suis intervenu, le plus souvent au côté de Driss Alaoui Mdaghri, qui avait toutes les compétences, et bien plus que cela : ancien Directeur de l’ISCAE, trois fois ancien ministre, ancien porte-parole du Roi Hassan II, et en la circonstance conférencier hors pair pour animer des séminaires de haut niveau.
Je l’ai accompagné pour concevoir et animer ces séminaires dans les domaines du management public, du management des projets, du management du changement et du management stratégique auprès des cadres du Ministère de l’Intérieur qui est le ministère pilote, ou plutôt stratégique, du gouvernement marocain. Nous avons accueilli et accompagné, chaque fois pour des sessions de cinq jours, des cadres très divers, des services de secours à la police en passant par l’informatique, éminemment sympathiques, souvent attentifs, toujours fraternels.
Il faut imaginer le cadre, un campus magnifique, parfois couvert d’une neige dans laquelle il nous arrivait de patauger, terminant chaque journée de séminaire par une marche conjointe et décontractée jusqu’à la petite ville d’Ifrane et ses thés à la menthe qui nous rassemblaient et nous réchauffaient.
Dans la salle de travail, nous phosphorions ensemble, entrainés par l’éloquence de Driss sur les chemins escarpés du management, du changement, de la stratégie, avant de nous effondrer de fatigue le soir. Le vendredi soir, nous repartions épuisés mais comblés d’échanges, pour trois cent kilomètres de route jusqu’à Casablanca, quittant le campus au milieu de la noria des véhicules venus chercher les étudiants d’AUI rentrant chez eux pour le week-end.
J’ai participé à ces séminaires à de nombreuses reprises, peut être dix fois, entre 2005 et 2012. Quatorze ans plus tard, écrire que ce fut chaque fois une expérience aussi enrichissante du point de vue humain qu’intellectuel n’est pas une politesse rétroactive mais un euphémisme, qui a contribué avec d’autres expériences majeures avec l’OCP, à faire du Maroc mon pays de cœur.
L’année 2005, je ne l’ai compris qu’en l’écrivant, fut une année exceptionnelle dans ma carrière universitaire puisque je fus aussi retenu en tant que membre du jury du Concours d’Agrégation en Sciences de Gestion
À SUIVRE
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