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Le blog d'André Boyer
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LES COMBATS SANGLANTS DE KRASNOÏ*

17 Août 2025 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

COMBATS À KRASNOÏ

COMBATS À KRASNOÏ

 

Napoléon doit donc partir au plus vite, d'autant plus que les forces du général Platov continuent de progresser et que celles du maréchal Koutousov se dirigent vers Krasnoï, menaçant de couper la nouvelle route de retraite vers Orcha, à 130 kilomètres à l’ouest de Smolensk.

 

Napoléon commence par ordonner au maréchal Victor de se porter au secours du maréchal Oudinot pour protéger son flanc droit puis s’organise afin que la Grande Armée quitte Smolensk au plus vite.

Le 14 novembre 1812, la Garde suivie par les forces du prince Eugène et du maréchal Davout, protégées par les troupes du maréchal Ney sortent de la ville. Le même jour, les avant-gardes de Napoléon approchent de Krasnoï…

C’est alors que Napoléon commet une de ses rares erreurs tactiques. Ayant perdu le contact avec Koutouzov au cours des deux semaines précédentes, il a cru, à tort, que l'armée russe était aussi affaiblie que la sienne. C’est pourquoi, à partir du 11 novembre, il commet l'erreur de reprendre sa retraite par petites unités et sur plusieurs jours, ne s'attendant pas à une offensive des Russes.

Le 14 novembre, en tête de l'armée, les Corps de Poniatowski et de Junot passent Krasnoï, à 80 kilomètres de Smolensk et continuent à l'ouest vers Orcha, 50 kilomètres plus loin.

Le lendemain 15 novembre, Napoléon, avec les seize mille hommes de la Garde impériale, arrive à son tour à Krasnoï où il pense rester quelques jours. Il s’agit de permettre aux six mille hommes du IVe Corps d’Eugène de Beauharnais, aux neuf mille hommes du Ier Corps de Davout et aux huit mille hommes du IIIe Corps de Ney, de le rejoindre pour poursuivre la retraite. Ces derniers, qui constituent l’arrière-garde, ne quittent Smolensk que le 17.

À ces troupes organisées se sont joints quarante mille hommes et femmes qui marchent en désordre autour de ces divisions.

Plus au sud, dans des régions moins dévastées, l'armée de Koutouzov se dirige aussi vers Krasnoï dont elle atteint les environs en même temps que Napoléon, le 15 novembre. Les Russes disposent de soixante mille hommes, d’une importante cavalerie et de 500 canons auxquels s’ajoutent les vingt mille cosaques qui harcèlent les troupes françaises le long de la route.

Koutouzov a disposé dix-sept mille hommes, sous les ordres de Miloradovitch, pour barrer l’accès de Krasnoï à Napoléon. Ce dernier reprend l’initiative et décide aussitôt, à la tête des seize mille hommes de sa Garde impériale, de marcher sur lui. Impressionné par l’allure de la Garde, Miloradovitch refuse le combat.

Le prince Denis Davidov, un officier russe, est un témoin oculaire de la manœuvre de Napoléon :

« …Dans l’après-midi, on a aperçu la vieille garde, entourant Napoléon… les soldats ennemis, tout en observant notre indiscipline mais tenant leurs fusils prêts, ont continué leur chemin sans se hâter…

Comme un bloc de granit, ils semblaient invulnérables…

Je n’oublierai jamais l’incroyable résolution de ces soldats, pour qui la menace de la mort est une expérience quotidienne et familière. Avec leurs grands chapeaux en peau d’ours, leurs uniformes bleus, leurs ceintures blanches, leurs panaches rouges, leurs épaulettes, ils ressemblaient à des pavots sur le champ de bataille enneigé…

Colonne après colonne, nous dispersant avec leurs fusils et se moquant de notre dérisoire cavalerie…

La garde impériale avec Napoléon parmi eux traversa les rangs de nos cosaques comme un navire de 100 canons aurait traversé une flottille de bateaux de pêche. »

 

Il ne reste plus aux troupes de Napoléon qu’à chasser les trois mille cinq cents cosaques d’Ozarowski qui défendent Krasnoï, puis d’achever leur besogne en décimant la moitié d’entre eux dans une attaque nocturne ! À ce moment-là, Napoléon envisage encore de rester à Krasnoï quelques jours pour permettre au reste de son armée de se regrouper.

Mais c'était compter sans les troupes de Miloradovitch. Le 16 novembre, le IVe Corps d’Eugène de Beauharnais se présente à son tour devant Krasnoï, mais il perd le tiers de ses hommes ainsi que son artillerie et son train de bagages dans les combats que lui imposent les soldats de Miloradovitch.

Le lendemain après-midi, le Ier Corps de Davout se hâte à son tour vers Krasnoï. La nouvelle de la défaite d'Eugène pousse Davout à brusquer les évènements, sans attendre le IIIe Corps de Ney qui n'a toujours pas quitté Smolensk. Or Miloradovitch déclenche un barrage massif d'artillerie contre lui, menaçant rapidement le Ie Corps d'anéantissement.

Napoléon décide alors de le soutenir en simulant une offensive de la Garde impériale contre les troupes de Miloradovitch. Dans le même temps, ce qu’il subsiste du IVe Corps d'Eugène passe à l'ouest de Krasnoï pour sécuriser la route de retraite vers Orcha.

Dès que Davout et Ney seront arrivés, Napoléon espère reprendre aussi rapidement que possible sa retraite afin de ne pas présenter son flanc à Koutouzov lorsqu’il marchera vers Orcha. 

 

Mais les évènements vont en décider autrement…

 

* À ne pas confondre avec Krasnoïe Selo (en russe : Красное Село, littéralement « village rouge»))

 

À SUIVRE

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