LA JOURNÉE DU 24 JUILLET 1848
5 Octobre 2026 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE
Le 24 février 1848 est une journée particulière dans l’histoire de France : pour la troisième fois depuis le 14 juillet 1789, l’émeute parisienne renverse le pouvoir de l’État.
Dans la nuit du 23 au 24 février 1848, Paris s’est hérissé de barricades. Le matin du 24 février, comme l'émeute se rapproche des Tuileries, Louis Philippe endosse un uniforme et passe en revue les 4 000 fantassins et les trois légions de la Garde Nationale chargés de défendre le palais.
Mais le roi est accueilli par les cris hostiles de la troupe et, décontenancé, rejoint son cabinet.
Or il n'a plus de gouvernement. Dépassé par les événements, le comte de Molé, chargé de constituer un nouveau ministère après le limogeage de Guizot, donne sa démission. Louis Philippe se résigne sans enthousiasme à faire appel à Thiers, un de ses anciens Présidents du Conseil, partisan de la manière forte. Mais ce dernier, prudent, n'accepte qu'à la condition d'être rejoint par Odilon Barrot, le chef de l'opposition dynastique.
Dans la rue, on sait le roi totalement isolé. Submergées, les troupes de Bugeaud se rassemblent autour des Tuileries, laissant la capitale aux mains des insurgés, alors que les chefs du parti républicain et des sociétés secrètes ont pris la tête du mouvement.
Aux Tuileries, c’est l’affolement. Louis Philippe interroge les généraux présents : « La défense est-elle encore possible ? » alors que poser la question signifie que l’on s’attend à une réponse négative.
C’est alors que Louis-Philippe profère le mot fatidique : « J'abdique », auquel s’oppose la reine Marie Amélie qui le supplie de « ne pas consommer une telle lâcheté ». Mais le souverain, soutenu par son fils, le duc de Montpensier, prend place à son bureau, celui de Napoléon, et, sans se presser, rédige de sa grande écriture et signe son acte d'abdication: « J'abdique cette Couronne que la voix nationale m'avait appelé à porter, en faveur de mon petit-fils le comte de Paris. Puisse-t-il réussir dans cette grande tâche qui lui échoit aujourd'hui »
Puis, le roi troque son uniforme et son bicorne contre une redingote et un chapeau rond, et, donnant le bras à la reine, rejoint la place de la Concorde par l'allée centrale du jardin des Tuileries. Les insurgés sont aux grilles du palais, et rien n'a été prévu pour le départ de la famille royale. L'attente paraît interminable jusqu'à ce que deux broughams et un cabriolet viennent enfin se ranger au bas de l'Orangerie.
Louis Philippe, la reine et trois de leurs petits-enfants montent dans une des voitures, qui prend aussitôt la route pour Saint Cloud. Ils n'ont pas encore passé la barrière de Passy que le peuple envahit les Tuileries.
En fin de journée, Alphonse de Lamartine, président du Conseil de Saône-et-Loire et membre du nouveau gouvernement provisoire proclame la Seconde République. Une semaine plus tard, le roi déchu Louis-Philippe 1e embarque pour l’Angleterre incognito.
C’en est fini de la Monarchie de Juillet.
À SUIVRE
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