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Le blog d'André Boyer
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LA RÉVOLUTION ET THIERS SONT EN MARCHE

8 Septembre 2026 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

ADOLPHE THIERS (1797-1877)

ADOLPHE THIERS (1797-1877)

Nous revenons à l'histoire du pouvoir en France: en janvier 1848, tandis que la Chambre des Pairs dénonce la campagne des banquets, Alexis de Tocqueville prononce un discours prémonitoire devant la Chambre des Députés.

 

Lors de ce discours, il invite les politiciens à être sensibles à l’humeur révolutionnaire de l’opinion publique : « Regardez ce qui se passe au sein des classes ouvrières (…) Ne voyez-vous pas qu’il se répand peu à peu dans leur sein des opinions, des idées qui ne vont pas seulement à renverser telles lois, tel ministère, tel gouvernement même, mais la société, à l’ébranler sur les bases sur lesquelles elle repose aujourd’hui ? N’entendez-vous pas qu’on y répète sans cesse que tout ce qui se trouve au-dessus d’elles est incapable et indigne de les gouverner ? Je crois que nous nous endormons, à l’heure qu’il est, sur un volcan. »

En 1848 ! Il pourrait prononcer le même discours aujourd’hui…

Le 22 février 1848, une centaine de députés de l’opposition dynastique décident de participer à un banquet, organisé sur les Champs-Élysées. Les républicains en profitent pour organiser une manifestation. Le préfet interdit les deux, la manifestation et le banquet. La manifestation a tout de même lieu ; elle fait un mort.

Le lendemain, des affrontements se produisent dans les quartiers du Centre et de l'Est de Paris. Parmi les forces de l’ordre, la majorité de la garde nationale fait défection et l’armée reste passive. En début d’après-midi, Louis-Philippe renvoie Guizot. Le soir, une fusillade fait cinquante-deux morts et le périmètre des affrontements se couvre de barricades. Les troupes sont placées sous le commandement de Bugeaud, un dur. Thiers sollicité pour diriger le gouvernement, pose ses conditions.

Le 24 février, Bugeaud décide de regrouper ses forces autour des Tuileries, laissant aux insurgés l'Hôtel de Ville. Tandis que Louis-Philippe envisage d'abdiquer pour ramener la paix civile, Thiers, toujours boutefeu, conseille à Louis-Philippe de « sortir de Paris pour y revenir avec le maréchal Bugeaud et cinquante mille hommes ». Il appliquera ses idées en 1871.

Parcourons un instant sa carrière : en juin 1848, sous la Deuxième République, Thiers renouvellera sans succès sa proposition de reconquête de Paris par l'armée et de liquidation des émeutes ouvrières. Il encouragera ensuite le prince Louis Napoléon Bonaparte à se présenter à la présidence de la République, mais il s’en écartera lorsque ce dernier proclamera le Second Empire.

Arrêté et exilé, il revient avec clairvoyance à la politique lorsqu'il dénonce la diplomatie aventureuse de l'empereur et lorsqu’il s'oppose à l'entrée en guerre de la France contre la Prusse en juillet 1870.

C’est à ce moment précis qu’il devient vraiment un homme d’État, quarante années après son entrée en politique, d’où l’on voit que tous les espoirs sont permis à nos hommes politiques contemporains sur le retour.    

Porté à la tête du gouvernement français après la défaite de 1871, Thiers négociera la paix avec Bismarck et réprimera brutalement la Commune, comme il en avait déjà eu envie à plusieurs reprises.

Toujours réaliste, il se rendit compte qu’une restauration monarchiste n’était pas envisageable après 1870 et se fit le propagandiste des institutions républicaines.

Il mourut le 3 septembre 1877 à 80 ans.

 

Un homme politique réaliste et brutal.

 

À SUIVRE

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