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Le blog d'André Boyer
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DÉSORDRE INTÉRIEUR, CALME EXTÉRIEUR

27 Juin 2026 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

AUGUSTE BLANQUI, RÉVOLUTIONNAIRE NÈ À PUGET THÉNIERS*

AUGUSTE BLANQUI, RÉVOLUTIONNAIRE NÈ À PUGET THÉNIERS*

CALME EXTÉRIEUR, DÉSORDRE INTÉRIEUR

 

Un équilibre politique précaire ? Le grave attentat du 28 juillet 1835 organisé Fieschi et ses complices qui actionnent une machine infernale provoquent une forte réaction répressive.

 

L’attentat vise le Roi, qu’il rate mais qui tue onze personnes. L’Assemblée adopte des lois autoritaires, mais des conflits politiques agitent de plus en plus les orléanistes qui se disputent le pouvoir, les Guizot, les Molé, les Thiers, les Broglie ou autres Dupin, tandis que le livre politique d’une rare perspicacité d’Alexis de Tocqueville, De La Démocratie en Amérique, met en lumière la force de l’idée démocratique dont il démontre qu’elle n’a pas encore saisi la France en 1835.

Louis-Philippe connaissait le prurit de l’orgueil national, exalté par les glorieuses guerres révolutionnaires et napoléoniennes. Pour occuper les esprits, il accepta de rapatrier les cendres de Napoléon qui furent transférées aux Invalides le 15 décembre 1840, en présence d’une foule immense. Par ailleurs, il orienta la tentation expansionniste de la France vers l’Algérie. Louis-Philippe commença par limiter son occupation à la frange côtière jusqu’à ce que Bugeaud n’imposât son occupation totale et un conflit avec le Maroc. Tout en rivalisant prudemment avec la Grande-Bretagne dans le contrôle des colonies en Afrique, en Égypte, il permit à la France de prendre le contrôle de Tahiti.

Mais Louis Philippe veillait à éviter tout conflit aves le Royaume Uni en Égypte, malgré la politique agressive de Thiers qu’il dû remplacer en octobre 1940 par Guizot, un partisan de la paix. Il s’allia aussi prudemment aux Anglais pour défendre la Belgique contre les Pays-Bas. Thiers, Président du Conseil lui posait en effet un problème par sa démagogie agressive, qui le poussait au conflit avec les Anglais.  Ce personnage a d’ailleurs joué un rôle majeur durant une bonne partie du XIXe siècle.

Adolphe Thiers est né à Marseille le 15 avril 1797. Avocat, il se fait connaître par une monumentale Histoire de la Révolution française » (1824). Il joua, on l’a vu, un rôle majeur dans l’appel à Louis-Philippe en juillet 1830. Son rêve était celui d'une monarchie parlementaire, mais lorsqu'il fut au pouvoir, il ne sut pas se contrôler:Ministre de l’Intérieur, il réprima avec brutalité les émeutes républicaines d’avril 1834. Président du Conseil en 1836, il envisagea de faire la guerre à l'Angleterre à propos de l'Espagne. De retour à la Présidence du Conseil en 1840, il fit voter la "loi des Bastilles " qui enferma Paris dans un corset de fortifications en prévision des guerres futures. Il menaça ensuite démagogiquement de s'opposer au reste de l'Europe dans le conflit qui opposait le sultan turc à son vassal égyptien.

Mais sur le front intérieur, les complots, les manifestations et les attentats ne cessent pas. Les légitimistes ayant capitulé, c’est au tour du prince Louis Napoléon, le futur Napoléon III, de tenter de soulever l’armée. Il est arrêté le 30 octobre 1836 et expulsé vers l’Amérique. Il fera une seconde tentative à Boulogne le 6 août 1840. Arrêté à nouveau, il sera condamné à la détention perpétuelle, mais il s’évadera le 25 mai 1845 et se réfugiera en Belgique. 

Le 27 décembre 1836, un nouvel attentat contre Louis-Philippe, qui graciera son auteur, Meunier, est déjoué. Le 8 décembre 1837, la police en prévient un autre. En mars 1839, tandis que l’Assemblée ne sait que faire après la défaite électorale du gouvernement Molé qui ne remporte que 200 sièges contre 240 aux oppositions, des manifestants entourent le Palais-Bourbon.

Le 12 mai 1839, la Société Républicaine des Saisons, dirigée par Barbès et Blanqui, tente de s’emparer de l’Hôtel de Ville de Paris, mais elle ne rassemble que quelques centaines de personnes et échoue piteusement.

Les banquets républicains en faveur de la réforme électorale se multiplient, les grèves et les attentats reprennent, d’autant plus que Thiers, revenu au pouvoir en mars 1840, se refuse à toute réforme électorale. Le 15 octobre 1840, Louis-Philippe échappe à un tir effectué contre sa voiture par un ouvrier, Darmès, qui sera exécuté.

Le 11 septembre 1841, des manifestants défilent dans Paris avec le drapeau rouge et le lendemain un tireur essaie de tuer le duc d’Aumale, l’un des fils de Louis-Philippe. Le 16 avril 1846, un ancien garde tire sur la voiture de Louis-Philippe. Le 29 juillet de la même année, un artisan tire sur Louis-Philippe alors que ce dernier salue la foule depuis le balcon des Tuileries.

Le pouvoir tente de se rassurer par les élections d’août 1846 qui donnent une majorité solide à Louis-Philippe et à Guizot, mais une majorité qui est fondée sur le vote de deux cent cinquante mille électeurs, tout au plus.

 À partir de 1847, une crise économique agricole, puis industrielle et financière, provoque une forte croissance du nombre des chômeurs, puisqu’on recense sept cent mille chômeurs qui provoquent des troubles dans une France de trente-cinq millions d’habitants constitués essentiellement d’agriculteurs.

Le bras de fer se durcit entre le gouvernement et l’opposition, qui demande sans relâche des réformes électorale et parlementaire. Un pas décisif est franchi le 9 juillet 1847, lorsque l’opposition dynastique, menée par Odilon Barrot, rejoint l’opposition républicaine dans le mouvement protestataire des banquets.

L’été 1847 se déroule d’ailleurs dans une atmosphère empoisonnée par les affaires où se mêlent les aspects personnels, politiques et financiers. Deux anciens ministres, Teste et Despans-Cubières sont jugés par la Cour des pairs pour corruption en juillet 1847. Pour des raisons inconnues, Alfred de Montesquiou, pair de France se suicide. Le fils du maréchal de France Davout est interné pour avoir poignardé sa maîtresse. L’affaire la plus retentissante est l’assassinat de la fille du maréchal Sebastiani par le duc de Choiseul-Praslin, qui se suicide en prison. On voit une affaire d’État dans cette histoire d’adultère.

Le 7 novembre 1847, Ledru-Rollin réclame le suffrage universel au banquet de Lille, provoquant la rupture de l’alliance entre les oppositions républicaines et dynastiques.

 

Dès lors les événements politiques s’accélèrent.

* Né à Puget-Theniers le 8 février 1805, son père en étant le sous préfet, Auguste Blanqui (1805-1881) fut souvent emprisonné pour ses actions révolutionnaires, au point d'être surnommé "l'enfermé". Une statue d'Aristide Maillol, "La liberté enchainée" lui rend hommage sur la place principale de la ville.   

À SUIVRE

 

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