2005, ANNÉE CHARNIÈRE
11 Février 2026 , Rédigé par André Boyer Publié dans #INTERLUDE
Une année charnière, parce qu’elle annonce par plusieurs signaux, la dernière période de ma vie universitaire de plein exercice.
Ces derniers jours, Paul Fourquet est parti, dans la cohorte des amis qui ont peuplé mon existence. En 2005 fut publié le dernier colloque qu'avait organisé mon ami Pierre Baranger l'année précédente quelques semaines avant de nous laisser, dans lequel j’avais présenté une communication sur l’Éthique et la Chaîne de valeur.
Cette année 2005, deux thèses " péruviennes" furent soutenues, celle de Claude Chailan sur le Portefeuille de marques, meta-structure stratégique : application dans l'univers des produits cosmétiques et celle d’Otto Regalado sur L’impact des NTIC sur les canaux de distribution des services touristiques : les acteurs du tourisme au Pérou et une Habilitation à diriger des recherches en Sciences de Gestion accordée à l’une de mes docteurs, Djamila el Idrissi. Ces thèses annonçaient les dernières thèses que je ferais soutenir jusqu’en 2015.
La même année j’entrais dans la classe exceptionnelle des Professeurs en Sciences de Gestion, qui était évidemment la promotion ultime, grâce au soutien du Professeur Alain Chiavelli aujourd'hui disparu, alors Président du Conseil Scientifique de l’Université Côte d’Azur.
Mes fonctions évoluaient aussi. Chargé de Mission pour la Communication de l’Université de Nice Sophia-Antipolis en 2004 par le Professeur Marouani, alors Président de l’Université, je me rendais compte que je n’avais pas les qualités nécessaires pour les assurer.
Cette même année 2005, je me dois de relater la brève coordination d’un séminaire de management que j’ai assuré auprès de l’entreprise CARI, car elle annonçait une nouvelle époque . CARI était une entreprise de travaux publics qui avait pris la suite de l’entreprise NICOLETTI, sous la direction de Georges Dao.
Avec prés de 2000 collaborateurs à l’époque et une structure en pleine évolution, les problèmes de management abondaient et Georges Dao avait décidé de crever l’abcès en organisant une grande manifestation de 48 heures, avec l'intervention d'un philosophe à la mode, André Comte-Sponville. Il m’avait demandé de coordonner ces deux journées de réflexion en raison de la nature des problémes débattus.
En effet, c’était le début de la grande époque des débats sur l’emploi féminin dans les métiers réputés masculins. Comme j’étais l’un des premiers à diriger une thèse sur le management féminin qui se traduirait en 2008 par la soutenance de Marie-José Scotto, Les processus de féminisation et d’égalité professionnelle dans les métiers dits masculins : une analyse qualitative bi-sectorielle, j’étais bien placé pour animer les débats.
M-J Scotto, avec qui je travaille toujours, observait la résistance des acteurs des métiers masculins à l’arrivée des femmes dans leurs professions respectives et, en même temps, les changements bénéfiques que ces femmes induisaient, en termes de sécurité ou d’ambiance au travail.
Ce travail de pionnier fut donc présenté, au travers des enquêtes conduites par M.J Scotto, aux participants du séminaire.
Les débats furent loin d’être feutrés : ils déchainèrent les passions entre les défenseurs de la tradition des Travaux-Publics, un « travail d’homme » et les partisans de l’ouverture et de l’expérimentation. Ils en vinrent aux mains devant le regard effaré du philosophe et celui G. Dao, ravi, qui voulait un vrai débat, ouvert et sans faux semblants. Il l’a eu !
Pour les universitaires présents, ce fut un choc. Ils étaient habitués aux demi-mots, aux affrontements à fleurets mouchetés, ils virent les horions de la vraie vie. Ils pouvaient en tirer quelques leçons, dont celle de comprendre que le changement ne s’effectue pas sans quelques tensions, qui ont un coût. On oublie souvent le coût du changement, tant mieux peut-être, car sinon rien ne bougerait...
La même année, je commençais aussi une série de séminaires à l’Université Al Akhawayn à Ifrane au Maroc qui allait se prolonger presque jusqu’à la fin de ma carrière, en 2012, séminaires organisés par mon ami Driss Alaoui Mdaghri, une série extraordinaire à plusieurs titres…
À SUIVRE
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