L'ANNÉE ZERO DE L'IRAN
À la mi-janvier 2026, le régime iranien, exécutant les ordres de l’Ayatollah Ali Khamenei, a fait tirer avec des armes de guerre sur des manifestants désarmés dans tout le pays et pendant deux longues nuits.
Le monde entier, effaré, a appris progressivement, en raison de la coupure d’Internet pratiquée à dessin par le régime, qu’environ trente-six mille personnes avaient été tuées, trois cent mille blessées et cinquante mille emprisonnées. Des récits horribles ont été rapportés, de personnes arrachées des hôpitaux, de tirs intentionnels dans les yeux, de cadavres rendus aux familles contre rançon…
Six semaines plus tard à peine, le mois de février arrivait à son terme quand le premier responsable de ces massacres, Ali Khamenei, fut écrasé sous trente tonnes de bombes envoyées par des bombardiers israéliens guidés par la CIA. Le châtiment ne s’était pas trop fait attendre.
Entretemps, comme je l’ai écrit dans mon billet du 20 janvier dernier intitulé REQUIEM, il s’est passé, de manière inattendue, un miracle. Jusqu’aux dernières manifestations du peuple iranien, l’opinion mondiale ne soutenait pas le régime mais croyait en sa solidité. La révolte de la population a déchiré les oripeaux du pouvoir aux yeux du monde entier. C’était fini.
Vous avez vécu le miracle : après le massacre, tout un chacun s’est appesanti sur les malheurs du peuple iranien. On a découvert que ces malheurs n’avaient guère cessé depuis plus de 47 ans, le 11 février 1979, jour de la prise de pouvoir par l’Ayatollah Khomeini. On a découvert aussi que la religion musulmane était désormais honnie par 80 % de la population iranienne et on a jugé, presque unanimement, que l’expérience de la République Islamique n'y avait que trop duré.
Dans cette brèche ouverte par l’acharnement sinistre de l’Ayatollah en personne, qui a fait basculer contre son régime une opinion mondiale jusque-là inattentive à la situation de l’Iran, se sont engouffrés le président Trump et le Premier Ministre Netanyahu.
Les négociations entre l'Iran et les États-Unis en vue d'un accord sur son programme nucléaire couraient depuis 1995, un tiers de siècle auparavant. L’Iran avait officiellement suspendu son programme d’armement nucléaire en 2003, pour ne maintenir que des activités nucléaires pacifiques, proclamait-il.
Depuis il poursuivait clandestinement ses efforts de militarisation et enrichissait de l'uranium à des niveaux proches du seuil de fabrication de la bombe atomique. Le programme bénéficiait de l’aide du Pakistan et de la Corée du Nord, cette dernière fournissant à la fois des missiles et de l'uranium. L'Iran développa ainsi, en sus de son programme clandestin d’enrichissement nucléaire, une technologie de missiles à longue portée, dont les derniers développements permettaient d’atteindre l’Europe avec des missiles à capacité nucléaire, avant d'étendre encore sa portée à l’avenir.
Un accord nucléaire (JCPOA) avait été conclu en 2015, dont Trump se retira en 2018, le jugeant insuffisant. La suite montra qu’il avait raison. Début 2025, la situation était devenue inquiétante puisque l’Iran avait produit 250 kilogrammes d'uranium enrichi à 60%, permettant de fabriquer une bombe nucléaire en une semaine et six autres en un mois. C’est alors que Trump écrivit à Ali Khameini pour lui proposer de négocier un nouvel accord sur le programme nucléaire iranien. Le Guide Suprême refusa de lui répondre dans un premier temps, mais ses interlocuteurs lui firent savoir qu’une négociation serait une aubaine à saisir pour empêcher l'effondrement de la République islamique sous le poids des sanctions.
Face aux États-Unis qui demandaient l’arrêt total de l’enrichissement militaire, la limitation du programme de missiles et la réduction du soutien iranien aux groupes armés régionaux, les Iraniens proposaient alors, selon une position constante qu’ils maintiendront jusqu’à la reprise de la guerre le 28 février 2026, de réduire temporairement l’enrichissement d’uranium en échange d’un allègement des sanctions économiques,
De facto, il s’agissait de positions irréconciliables.
D’un côté, l’Iran essayat de gagner du temps, tandis que les États-Unis voulaient obtenir de très fortes concessions en échange du relâchement de la pression économique et militaire qu’ils exerçaient sur l’Iran.
Des réunions se tinrent à Oman à partir du 12 avril 2025, dirigées par l'envoyé spécial américain Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghtchi. Les Iraniens avaient imposé, comme l’exigeait le Guide Suprême, de n’avoir que des échanges indirects avec les Américains par le biais des médiateurs omanais.
À l’étonnement des Iraniens, leurs propositions furent accueillies favorablement par la partie américaine qui ne cessa de rechercher un accord, que l’Iran se refusa toujours à accepter. En revanche, les Iraniens s’empressèrent de signer un traité sur le partenariat stratégique global avec la Russie le 16 avril 2025. Trois jours plus tard, un deuxième cycle de pourparlers eut lieu à Rome, puis un autre encore, le 26 avril 2025. Araghtchi notait toujours des "progrès", mais aussi des divergences fondamentales. Rien ne bougeait.
Les Américains poussaient les feux pour signer un accord dans les 60 jours, mais Araghchti annula sous un prétexte technique la réunion du 4 mai. Une semaine plus tard, Khamenei s’offrit le petit plaisir d’appeler à « la mort de l'Amérique », tandis que l’on apprenait que l’Iran venait de lancer un nouveau missile balistique.
Une nouvelle série de négociations eut cependant lieu le 9 mai. Trump fit savoir sa volonté de conclure un accord de désarmement nucléaire, tandis qu’Araghtchi affirmait au contraire que le régime iranien continuerait d'enrichir de l'uranium « avec ou sans accord ». Mais les Américains commencaient à donner raison aux Israéliens, qui estimaient impossible d’obtenir un accord avec ce régime. En conséquence, ils renforcaient leur présence au Moyen Orient, et on le sait maintenant, leur coordination avec l’armée israélienne en vue d’une future offensive contre l’Iran.
Pourtant Trump, le 27 mai 2025, semblant toujours croire qu’un accord était possible, déclara que les parties étaient proches de finaliser les négociations, tandis qu’Araghtchi et le conseiller de Khamenei, Shamkhani, aujourd’hui tué dans les bombardements, excluaient que l’Iran puisse se plier aux exigences de Trump.
La pression monta encore le 31 mai 2025, lorsque l'AIEA signala que l’Iran avait amassé une quantité record d'uranium enrichi de qualité militaire et le 4 juin, lorsque Khamenei critica la proposition américaine visant à mettre fin à l'enrichissement de l'uranium.
Il était minuit moins cinq.
Pour ralentir le programme nucléaire proche d'aboutir, Israël déclencha le 13 juin 2025 une guerre de douze jours contre l’Iran, suivie par un bombardement américain des usines enterrées d’enrichissement d’uranium. Puis, huit mois après le conflit et moins d’un mois après l’horrible massacre de janvier, les négociations sur le programme nucléaire iranien reprirent le 6 février 2026 à Mascate (Oman) avec les mêmes interlocuteurs américains et iraniens qu’au printemps 2025.
Les États-Unis avaient accru leurs exigences. Ils demandaient désormais l’arrêt de l’enrichissement d’uranium, l’abandon du stock d’uranium enrichi, la limitation du programme de missiles et des garanties pour empêcher la production d’armes nucléaires. Concomitamment, ils procédaient à un déploiement militaire massif dans la région de nature, pensait-on, à convaincre les Iraniens de signer un accord. Plusieurs cycles de négociation eurent lieu à Mascate et à Genève, la dernière le jeudi 26 février 2026. Il paraissait évident que l’Iran n’avait pas d’autre choix que de signer un accord, alors qu’il s’y refusa toujours obstinément. Une politique qui le conduisit à être attaqué par Israël et les États-Unis le samedi 28 février 2026 au matin.
L’enjeu du conflit, désormais ouvert, est immense.
Le régime islamiste de l’Iran a montré qu’il était animé d’une double détermination. D’une part acquérir une capacité de frappes nucléaires qui permettrait de menacer ou d’agresser toute puissance dans le monde, à commencer par l’ennemi qu’il prétend détruire depuis son avènement en 1979, Israël. D’autre part, il a révélé au monde en janvier 2026 qu’il était prêt à massacrer sa propre population pour conserver le pouvoir. Il représente donc une menace mortelle, à l’égal d’un Hitler qui aurait possédé l’arme atomique, pour son propre peuple et pour le monde.
À terme, l’effondrement de la République Islamiste est certain. Il a commencé par la liquidation d’Ali Khamenei et se poursuit aujourd'hui par celle du régime dont il s’était emparé le 4 juin 1989 et qu’il a conduit dans la violence, l’intransigeance et la fureur.
Commence donc ces jours-ci l’année zéro de l’Iran, après un demi-siècle d’oppression sanguinaire et d’obscurantisme pseudo-religieux, avant sa renaissance.
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