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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 01:15
L'ÉTAT-PARTI CHINOIS ET LES MULTINATIONALES

LE DERNIER OUVRAGE DE JEAN-PAUL GUICHARD

 

Pendant que les medias occidentaux braquent leurs projecteurs sur quelques milliers d’extrémistes qui s’efforcent de terroriser l’Occident, les sujets de l’État-Parti chinois s’occupent des choses sérieuses : prendre le contrôle de l’économie mondiale au nez et à la barbe des Américains et des Européens, trahis par leurs multinationales.

 

Chaque jour en France, on apprend ainsi qu’une entreprise chinoise ou une autre est candidate, ici pour s’emparer d’un aéroport, là pour « sauver » Areva, ailleurs pour racheter une de nos entreprises industrielles.

Tout est fait par les medias et par l’État pour minimiser ce genre d’événement, comme s’il était anodin ou sans conséquence. Heureusement quelques lanceurs d’alertes veillent pour alerter les décideurs et le grand public des menaces qui planent sur une société anesthésiée.

Lanceur d’alerte, c’est bien le terme que l’on peut appliquer sans hésitation à mon collègue et ami, le Professeur Jean-Paul Guichard qui publie, après son ouvrage précurseur écrit avec Antoine Brunet, « La visée hégémonique de la Chine, l’impérialisme économique », un nouvel ouvrage qui démasque le Cheval de Troie du pouvoir chinois dans le cadre de la globalisation, intitulé « L’État-Parti chinois et les multinationales, l’inquiétante alliance ».

Dans cet ouvrage, il démontre une alliance qui saute aux yeux dès lors qu’il l’a identifiée, entre l’oligarchie chinoise et le club fermé des dirigeants des multinationales. C’est que le modèle mercantiliste imposé au peuple chinois par son État-Parti est bien commode pour les entreprises multinationales qui ne s’aperçoivent même pas que leurs profits à court terme annoncent leur liquidation à moyen terme.

À l’abri de l’État-Parti, ces multinationales font d’énormes profits fondés sur des salaires bas imposés au monde du travail et sur la sous-évaluation du yuan et rien ne les dérangeraient plus dans leur plan qu’un effondrement du PCC ou une montée du yuan.

Mais au fur et à mesure où le marché chinois s’élargit, naissent « naturellement » des firmes concurrentes géantes, géantes et chinoises, qui menacent progressivement les multinationales engagées dans le piége d’un marché chinois qu’elles ne peuvent plus quitter.

Les multinationales devraient réagir, exiger des mesures protectionnistes mais ce serait mettre en danger leurs profits immédiats. A contrario, elles plaident auprès des États qui ont encore les moyens d’agir, les USA et les pays européens, pour le maintien du statu quo. Les Etats-Unis préfèrent fuir dans une création monétaire qui leur permet de financer le déficit commercial et l’Europe, sous la conduite de l’Allemagne, seul pays de l’UE dont le commerce est pratiquement équilibré avec la Chine, maintient un commerce quasiment dénué de toute protection contre les menées de l’État-Parti chinois. 

En huit chapitres, Jean-Paul Guichard montre comment la nature de la crise des économies développées provenant du déséquilibre croissant du commerce extérieur est niée, comment les firmes multinationales ont été appâtées par le confortable système totalitaire chinois, comment la sous-évaluation du yuan sert de barrière protectionniste. Il montre également qu’il existe une stratégie chinoise de contrôle mondial des matières premières, ainsi qu’un pacte germano-chinois qui aboutit à affaiblir l’Europe et que les Etats-Unis comptent sur la création monétaire pour maintenir la viabilité de leur énorme déficit avec la Chine.

On observe d’ailleurs que la BCE suit désormais la Réserve Fédérale Américaine en déversant des monceaux de liquidités sur le marché monétaire européen pour relancer l’économie européenne et affaiblir l’Euro. Cette mesure, artificielle et appauvrissante par ailleurs, signifie tout de même que la BCE s’inscrit désormais elle aussi dans la guerre des monnaies, pratiquées depuis longtemps par la Chine et les Etats-Unis et plus récemment par le Japon et la Suisse.

 

Dans son ouvrage, Jean-Paul Guichard a pour sa part l’immense mérite de braquer son projecteur analytique sur LE problème central des économies européennes et américaines, la persistance et la croissance du déficit commercial avec la Chine, grâce à la complicité active des multinationales. 

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Published by André Boyer - dans CULTURE
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commentaires

Boyer 31/07/2015 12:04

Il est patent que donner aux Chinois, comme aux Américains des concessions publiques c'est un abandon de souveraineté, une perte d'autonomie. La question est de savoir si l'on peut l'éviter "raisonnablement" ou en faire une question de principe, quitte à en payer les prix. La question se résume à ceci: qu'est ce qui est vital pour la puissance publique?"

Paul 31/07/2015 11:03

Plusieurs pays ont autorisé des prises de participation importantes dans l’énergie ou les transports (Italie, Portugal, Royaume-Uni), mais les opinions publiques se sont parfois inquiétées du rôle que pourrait prendre le secteur public chinois en Europe.

Boyer 12/04/2015 12:39

Comment peut-on abandonner aux conseils d'administration d'entreprises mi américaines mi internationales la gestion de collectivités nationales et européennes?

Michel 12/04/2015 00:36

Analyse tout-à-fait convaincante, hélas ! Nos "grands" chefs d'entreprise ne sont pas plus malins que nos gouvernants. Le court terme, le court terme : voilà la loi et les prophètes !